vendredi 29 août 2014

Eldorado

Laurent GAUDÉ

Couverture: photo Meyer/tendance flou

Quatrième de couverture

Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Salvatore Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. 
Dans le même temps, au Soudan, deux frères s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage qui doit les conduire vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen.
Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.

J'ai retrouvé, comme très souvent chez Gaudé, la femme, cette mère courage qui va croiser le regard de Salvatore Piracci. C'est la femme du Vittoria. Elle veut aller jusqu'au bout de la vengeance.
Mais son regard, son air digne, la force qui émane de tout son être vont perturber notre commandant. Il est sûrement beau, Salvatore Piracci, le commandant du Zeffiro, il connait bien les côtes de Sicile. Il navigue entre Catane et Lampedusa.
Jamal, jeune soudanais, veut, avec son frère Soleiman, quitter le Soudan, pour cet Eldorado que représente l'Europe. Il a tout prévu, mais ne fera qu'un partie du voyage, exigeant que son jeune frère réussisse la "mission" d'arriver sur ce continent où la vie semble tellement plus belle.
Il va basculer, Piracci, basculer dans la honte et le remord.
Pourtant, il ne fait que son devoir, et il sauve tant de clandestins d'une mort quasi certaine.
Comment leur dire, à tous ces hommes et femmes, comment leur expliquer qu'ici aussi c'est l'enfer, que peu parviendront à survivre.
Nous allons suivre la descente aux enfers de Piracci, jusqu'à ce qu'il croise Massambalo, qu'il devienne l' ombre de Massambalo. 
Massambalo, le dieu des émigrés! Celui qui met l'étincelle dans le regard de ces hommes et femmes...celui qui les mènera jusqu'à l' Eldorado.

mercredi 27 août 2014

Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette-

Steig LARSSON

Couverture: John John Jesse

Quatrième de couverture:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. 
Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. 
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? 
S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?
Traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvernain.


C'est très rapidement que je suis entrée dans cette enquête, parce que s'il y a un personnage que j'ai aimé dans le tome 1, c'est Lisbeth Salander.
Michaël Blomkvist est un véritable ami, un de ces êtres que nous aimerions tous rencontrer,  un quadragénaire sympathique et un journaliste d'investigation de talent. Il va essayer d'aider Lisbeth Salander malgré elle.
On retrouve notre jeune femme avec tous les traumatismes du premier tome, et on voit surgir un passé bien plus que noir. Tout autour de Lisbeth semble avoir était fait pour qu'elle ne parvienne pas à vivre, à vivre libre... Mais elle fait plus que survivre dans ce tome.
Pendant ses trois jours de lecture, je me suis immergée dans ce roman, parce que je voulais suivre Lisbeth Salander, comprendre ce qu'on avait pu lui faire pour le rendre "différente".
Je vais quand même attendre un peu avant de lire le troisième tome.

dimanche 24 août 2014

Dernière donne

Jean-Michel GUENASSIA

Couverture: Tim Robinson / Hanka Steidle

Quatrième de couverture


Qui décide de son sort ? Qui le choisit ? 
Seuls quelques-uns y réussissent. Ceux qui sont prêts à aller jusqu'au bout de leur passion et de leur rêve. Baptiste Dupré, avocat et joueur dans l'âme, est prêt à assumer tous les risques pour vivre la redoutable partie qui lui est proposée. La seule qui vaille vraiment la peine d'être vécue. Une partie grandeur nature. Dans cette machination diabolique, comme dans une tragédie grecque, les hommes et les femmes de cette histoire vont être confrontés à leur destin et devoir choisir qui ils sont.
Un roman noir implacable inspiré, en partie, de faits réels.


C' est un roman différent des deux précédents (pardon suivants!), puisqu'il s'agit d'un policier.
J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Guenassia.
Notre héros est joueur, et s'il devient avocat, c'est par hasard. Il n'a d'autres ambitions que de changer de milieu social. Le jeu lui a servi à payer ses études.
Et pourtant il va rencontrer l'amour, ils s'aiment, se marient et sont heureux...Mais ils n'ont pas d'enfant, ils n'arrivent pas à avoir un enfant.
Est-ce pour cette raison qu'après sept ans d'abstinence notre héros va de nouveau jouer...à en perdre plus qu'il ne gagne?
Bien sûr, quand on a des dettes, on doit les payer.
Alors il va, avec nous, aller jusqu'à cette dernière donne... Il ne la jouera même pas pour l'argent, mais surtout parce qu'elle est la partie de sa vie.
Un roman policier original, des héros atypiques et sympathiques. Mais j'aimerai quand même savoir quels sont les faits réels qui ont "en partie" inspiré Guenassia.

vendredi 22 août 2014

Nymphéas noirs

Michel BUSSI

Couverture: Marion Tigréat

Quatrième de couverture

Le jour paraît sur Giverny. 
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes... Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l'une, les yeux couleur nymphéas, rêve d'amour et d'évasion ; l'autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au coeur d'un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, ou chacun est une énigme, ou chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé...

"Trois femmes vivaient dans un village.
La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste.
Leur village portait un joli nom de jardin. Giverny."
Après avoir lu ces quelques lignes, je n'avais qu'une envie, savoir, comprendre, lire.
Le lieu n' est pas banal, j'aime aller à la découverte des peintres et je me suis quelque peu enrichie en suivant Bussi. 
Nous suivons cette vieille femme au travers des rues de son Giverny natal. Elle suit, toute ridée, toute anonyme et invisible son chemin vers le passé, ou le futur...au côté de Neptune (son chien). Elle est aigrie, parfois, mais du haut de sa tour de quatre étages...elle surveille, elle épie...elle sait tout.
Etonnée (ou ravie?), personne ne vient lui demander si elle a vu le crime qui bouleverse ce village...
Mais je crois surtout qu'elle aime passer pour une "sorcière".
Elle nous raconte le Giverny d' autrefois.
J' ai pris un coup de poing dans l' estomac quand j' ai compris... J' ai arrêté ma lecture pour reprendre mon souffle... La suite m' a paru logique.
Un bon moment de lecture pour mon challenge "Partage Lecture 2014/2015"

jeudi 21 août 2014

Enzo,11 ans, Sixième 11

Joëlle Ecormier

Illustration: Rémi Courgeon

Quatrième de couverture

"La liste des 11 dans ma vie est longue. Cette année, je suis en sixième 11 et j'ai onze ans. Et nous sommes en 2011. Alors, il va forcément se passé un truc. Je me demande bien quoi parce que, globalement, je trouve que je n'ai pas beaucoup de bol. Enfin sa dépend, c'est arrivé parfois que le 11 me porte chance."


Ce n' est pas un moment si facile que celui où on passe de la cour des petits à celle des grands, et son entrée en sixième, pour Enzo comme tous les enfants de cet âge là, ne se fait pas sans quelques appréhensions.
Enzo va avec son regard d' enfant nous raconter un peu de sa vie. Elle n'est pas rose tous les jours, avec un papa au chômage, une maman surmenée et une petite soeur taquine.
Enzo va faire de précieuses rencontres, peut-être même l' amour, il va s' ouvrir aux autres et découvrir aussi la solidarité.
Je ne suis pas pédagogue, mais j' ai lu ce petit texte après mon petit-fils , "Théo, 11ans en novembre et faisant sa rentrée en sixième" d' ici peu. Ses réactions ont été positives, il a trouvé la fin émouvante. Il va même le "conseiller à un de ses copains qui aime lire".
J' aurai donc tendance à le conseiller à mon tour aux parents et enfants qui vont vivre les "affres" d' une entrée en sixième.


vendredi 15 août 2014

Glacé

Bernard MINIER

Quatrième de couverture:

Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. 
Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?

J' ai lu ce livre plus d' un an après "Le cercle", du même auteur...
Je sais ne pas être la seule à lire les séries dans n' importe quel ordre, heureusement que les intrigues sont indépendantes.
Est-ce parce que je suis native d' une petite vallée des Hautes-Pyrénées, parce que je suis née sur la rive d' un gave et que le son de ce torrent a bercé mon enfance que j' ai tant accroché à ce roman?
Parce que le nom des vallées, le nom des villages et même certains noms propres me sont familiers, j' ai pris un réel plaisir à suivre, visuellement, les héros de ce triller.
Je dois dire que Minier décrit très bien la misère des hôpitaux psychiatriques, et si son livre date de 2002, je crains que les choses n' aient fait qu' empirer. 
Mais je ne m' étendrai pas sûr ce trop triste sujet.
Une intrigue à couper le souffle, des grands moments de doutes et de peur...des rebondissement et surtout des pensées philosophiques et des analyses politiques que je ne suis pas loin de partager.
J' ai donc trouvé dans ce triller, au delà d' un bon polar, un style que j' ai apprécié, une approche très réaliste de notre société.

Dieu est un pote à moi

Cyril MASSAROTTO

Quatrième de couverture :

Pour élire son confident, Dieu n'avait que l'embarras du choix. 
Comment expliquer qu'il ait opté pour un modeste vendeur au quotidien banal et sans relief? Dieu seul le sait et pourtant, au fil de leur conversation, une véritable amitié se noue entre eux... 
Quand le narrateur rencontre derrière sa caisse Alice, jolie étudiante en psychologie, quelques coups de pouce de son nouveau meilleur ami vont faire des miracles. 
Et ce n'est que le début!


J' ai lu de nombreuses critiques de ce roman, je n' ai pour ma part pas trouvé de côté mystique, et encore moins de pensées philosophiques.
Elle est plutôt banale, la vie de notre héros.
Mais il porte un douloureux passé d' orphelin...
Notre héros est tellement seul dans sa vie, il est à cet âge où on peut encore demander conseil à son père... Son père n' est plus là, alors pourquoi pas Dieu. 
Donner le nom de Dieu à cet ami imaginaire...Parce que c' est ainsi que je l' ai vu, ce "pote", comme l' ami imaginaire de certains enfants. 
Dieu n' intervient pas dans sa vie, ils discutent juste, comme deux amis... mais l'un d' eux n' existe que dans l' imagination de l'autre.
Lorsque de nouveau le malheur frappe à sa porte, dieu disparaît et c' est René, le véritable ami, le vrai, le réel qui va revenir dans la vie de notre héros. J' ai aimé cet ami, presque un père, qui disparaît quand tout va bien pour revenir en soutient quand on a besoin de lui.
Un roman vite lu.
Une lecture agréable.


Manuel à l' usage de la S. qui s'ignore ...

Keyra QUINSLEY

Quatrième de couverture

Ava Lansbury a deux terribles défauts. Elle est TRES timide, et elle est TRES gentille. Elle se fait donc exploiter par son patron ( tellement banal... ), dévorer par sa famille ( déjà vu ! ), et son amant, un homme marié, la traite comme un paillasson.
Jusque là, ce pourrait être un livre de chick-lit ordinaire...
Mais quand le fantôme d’une marquise française décide de mettre son nez dans l’histoire, attention les yeux, ça va décoiffer ! Car Victoire-Alexandrine de Lance, marquise de L’Épine, n’a pas que le nom de pointu. Sa langue et son caractère le sont aussi, et bien qu’ayant vécu au 18e siècle— grand siècle du libertinage ! —, elle se révèle parfaitement armée pour affronter le nôtre...
Au contact de cette surprenante marquise, Ava va s’épanouir, gagner en assurance, parfois même contre son gré... En effet, la nuit, la marquise prend possession d’elle et la transforme en une blogueuse ultra populaire. Le nom de son site ? « I’m a bitch... SO WHAT ! » ( Je suis une Salope... ET ALORS ! )

Cet Ebook m' a été offert par les éditions Rokh pour la lecture commune de "Partage Lecture"
Un grand merci à Cassiopée de partage lecture et à Lisa des éditions Rokh pour leur initiative.

J' ai tout d' abord été séduite par ce roman.
Peu habituée des "check-list", j' ai abordé cette lecture comme un moment de détente, une lecture pas prise de tête, un divertissement sans prétention. Mais voilà que je me prend au jeu...
Une jeune femme plutôt mal dans sa peau et une marquise tout droit sortie d' un tableau de Watteau vont "cohabiter".
Pourquoi une femme moderne ayant fait des études d' art a-t-elle besoin d' être aidée par une libertine d' une autre époque pour s' épanouir... Pas de mère pour la soutenir ? Pas de soeurs ou d' amies pour discuter futilités, maquillages ou fringues ?
J' ai trouvé très agréable sa découverte des goûts, des parfums, de son corps même en "s 'accordant".
Pas facile de se lier, et pourtant, parfois un sourire suffit... et grâce à notre marquise, Ava va découvrir ses voisins...tous plus sympathiques les uns que les autres...
Environ 80 pour cent du roman et je dois dire que j' ai passé un réel bon moment.
Alors que je n' ai pas aimé du tout et lu très vite la scène de sexe. Je n' y ai trouvé aucun intérêt et je ne crois pas que ce soit du à mon âge. Je déplore qu 'on confonde trop souvent une femme libre et indépendante à une libertine (qui bien souvent dépend des hommes qu' elle fréquente)
Je n' ai pas aimé non plus ce besoin d' avoir un autre père que le sien...
Après tout, sans leur mère, Jules Renard n' aurai pas écrit "Poil de Carotte" et Hervé Bazin ne nous aurait pas parlé de Folcoche dans "Vipère au poing" ( rien ne me vient à l' esprit pour les pères...mais je suis sûre que les exemples sont nombreux).
Faire de sa mère une femme adultère et ne pas lui poser des questions sur son père biologique... J' ai trouvé ça étrange.
Quand au titre plutôt provocateur, s' il ne m' a pas choquée, certains actes me paraissant souvent plus odieux que les mots,  je n' ai pas trouvé le rapport avec le roman.

Le point sur cette lecture commune