samedi 28 février 2015

Soumission

Michel HOUELLEBECQ

Quatrième de couverture

Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.
Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. 

Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

Ce roman a été source de polémique avant même sa sortie. On se demande bien pourquoi.
Un universitaire, intellectuel mais n'ayant rien fait d'autre qu'une thèse (d'accord 800 pages!) sur Huysmans, plutôt fade et qui recrute ses conquêtes parmi ses jeune étudiantes. Un homme qui ne s'investit dans rien, n'a aucun idéal, le anti héros parfait.
Je n'ai pas aimé sa vision des femmes, je n'ai pas aimé sa vision des hommes…
J'ai trouvé tellement écoeurant de se convertir, juste pour être polygame … Ce n'est pas une fable politique et morale, c'est une farce politique et morale. J'espérais mieux de Houellebecq.
Bon je n'ai pas envie d'en écrire davantage.

L'avis de mon mari:
C'est bien écrit.
Cet homme est dans sa bulle, il n'a rien fait d'autre de sa vie que d'être universitaire. Il n'a ni voyagé, ni pris d'engagements quelconques. C'est un passif. Le monde change sans heurts, pour lui en tout cas. Donc il parait logique qu'il s'insère en ne pensant, comme tout au long de sa vie qu'à lui.

mercredi 25 février 2015

Le théorème du homard (ou comment trouver la femme idéale)

Graeme SIMSION
Couverture Laurence Verrier.

Quatrième de couverture

Peut-on trouver une épouse sur mesure? 
Le professeur Don Tillman en est persuadé. Il met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d'éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences, soit, entre autres, la ponctualité, le goût du sport, le boycott de la glace à l'abricot ou la tradition du homard du mardi soir!
S'il y a bien une personne qui ne remplit aucun de ces critères, c'est Rosie, dont la vie est aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée…
Traduit de l'australien par Odile Demange.

Don Tillman est professeur de génétique à l'université de Melbourne. Doué pour le travail en laboratoire, il donne des cours mais n'aime pas les compromis. Ses journées sont programmées à la minute près et son sens de l'organisation donnerait des cauchemars aux plus méthodiques d'entre-nous. On peut supposer qu'il souffre de légers troubles mentaux…et s'il a de réels problèmes pour s'adapter aux codes de la vie en société, il brille dans son domaine, la génétique.
À bientôt quarante ans il décide de trouver une partenaire, et comme avec Don, rien n'est spontané, il va créer un questionnaire très complet qu'il va nommer "Projet épouse". Il s'agit avant tout (et comme toujours avec notre héros) de ne pas perdre de temps avec des femmes qui ne seraient pas adéquates!
Mais voilà, il tombe sur Rosie, qui est vraiment inadéquate!!!
Pour elle il crée, toujours avec le même sérieux, le "Projet père".
J'ai pris un énorme plaisir à lire ce roman. À la lecture du premier chapitre, j'ai eu un mouvement de recul…Mais dans quelle galère me suis-je embarquée…Et vingt pages plus tard j'adhérais à l'histoire. Bien évidement, Don est hermétique à tout humour, et s'il déclenche des réactions il s'en aperçoit pas ou n'en tient pas compte.Tout ce qu'il apprend, c'est par les livres, et souvent il devient excellent…sauf bien sûr pour communiquer. 
C'est une lecture détente, c'est un livre tendre. 
En donnant à Don la parole, l'auteur nous invite à partager le point de vue d'un être différent, de ces êtres fragiles et rend son univers drôle mais surtout tendre, dans un monde où la communication est essentielle, ce non communiquant est "magnifique".


mardi 24 février 2015

Les cerfs-volants de Kaboul

Khaled HOSSEINI
Couverture: HildenDesign

Quatrième de couverture

Au début des années 70, Amir et Hassan, frères de lait, embrasent le ciel de Kaboul de leurs cerfs-volants. Jusqu'à ce jour terrible où Amir abandonne Hassan à un sort tragique et se réfugie aux États-Unis. Vingt ans plus tard, en quête de rédemption, il devra affronter un Afghanistan ravagé sous le joug des talibans… et le poids de son propre passé.
Traduit de l' américain par Valérie Bourgeois.

Rien ne nous est épargné avec l'écriture de Hosseini. Avec "Mille soleils splendides" il nous avait fait partager le quotidien des femmes afghanes, ici, c'est la vie de deux petits garçons dans les années 70, puis, avec l'arrivée des talibans, la fuite de Amir avec son père vers les USA, alors qu' Hassan reste au pays.
Hassan et Amir, s'ils sont élevés ensembles appartiennent à deux milieux différents. J'ai pensé aux castes en Inde, en voyant la façon dont sont traités Hassan et son père. Pourtant ils s'aiment ces deux enfants. Ils partagent leurs jeux, j'ai regretté que Amir, allant à l'école, n'apprenne pas à Hassan à lire et à écrire, pour le reste, Amir n'est encore qu'un enfant. C'est vrai que Amir ne m'a jamais apparu sympathique, mais c'est lui qui raconte l'histoire, alors je crois, comme Rahin Khan, qu'il n'est pas assez indulgent avec lui.
Puis viendra le temps de la rédemption, Amir devra dépasser ses peurs, devenir aussi courageux que son père pour affronter les horreurs d'un pays en guerre.
De jolies description d'un Afghanistan d'avant, d'un Afghanistan qui n'existe plus, de terribles descriptions d'un Afghanistan sous le joug des talibans, d'un Afghan où l'horreur domine sous le regard indifférent de l'Occident.

dimanche 22 février 2015

La route qui mène à la ville

Natalia GINZBURG
Couverture: Stanislas Zygart

Quatrième de couverture:

En Italie dans les années 40, Delia grandit entourée de ses frères et sœurs. Dans la maison crasseuse et trop étroite, où le gramophone joue en boucle le même air entêtant, il n’y a que le vide et l’absence de désir. Alors, pour tromper l’ennui ou pour s’inventer des rêves, Delia emprunte chaque jour la route qui mène à la ville.
L’Italienne Natalia Ginzburg compose un court roman au cordeau, qui se niche au plus près des sentiments humains.
"– Qui donc s’ennuie? Moi, je ne m’ennuie pas du tout, dit-il, et il se mit à rire en me prenant par le bras. Donc tu t’ennuies? Et pourquoi? Tout est si beau."
Traduit de l'italien par Georges Piroué.

Que dire d'un roman qu'on a pas aimé? J'ai donc cherché sur le web quelques avis, on en trouve par-ci, par-là… Ils ne m'ont pas convaincue que j'avais raté l'essentiel.
Délia s'ennuie, et moi avec elle.
Elle n'a qu'une seule envie, quitter son milieu, quitter son village en faisant un mariage. Elle n'aime rien, personne, elle est négative sur tout, et surtout d'une paresse, d'une fainéantise sans nom.
Pauvreté n'est pas vice, pauvreté n'est pas crasse… c'est pourtant ce qui ressort de ce petit texte, la saleté du foyer, la laideur de la mère, le mépris que la narratrice (Délia) ressent pour les siens. Elle parle souvent de honte…Ne pas être vue en compagnie de ses frères!
Le paysage, les villages, tout semble laid et triste. Et Délia ne se complet que dans l'oisiveté. Son grand rêve c'est de pouvoir paresser toute la journée, avoir une domestique à demeure, et si un enfant lui permet de forcer un mari, que surtout il ne l'encombre pas.
Bien sûr ce roman a été écrit en 1941 et édité en 1942. Alors je n'ai peut-être pas su cerner l'époque, l'Italie fasciste, mais nulle part dans le roman on ne parle d'évènements ou de politique. Délia est enfermé dans une bulle, n'est jamais sérieuse dans son travail, (quand elle en a un!!!).
Je n'ai pas non plus apprécié le style de l'auteur, j'avais aimé le titre qui m'avait fait espérer un chemin vers la liberté, un chemin qui aurait pu grandir l'héroïne, mais l'auteur nous dit "Le titre —La route qui mène à la ville—, ce n'est pas moi qui l'ai trouvé, mais mon mari". 

samedi 21 février 2015

Le sauveteur de touristes

Éric LANGE

Quatrième de couverture  

"Je suis le sauveteur de touristes. C'est mon métier, une sorte de détective privé ne travaillant que sur des affaires de touristes en perdition. Les cas les plus courants sont les emprisonnements pour trafic et consommation de drogues illégales, mais les plus intéressants sont les disparitions, volontaires ou non.
Cette histoire est celle de ma première enquête. Elle m'entraîne à New York, Bangkok, Goa, Tanger et Alice Springs, à la recherche d'Émilie. Émilie, la fille qui peut détruire notre monde. Si elle le veut."

Tom Harlem notre héros est journaliste. Toujours à la recherche de scoops afin de faire les unes des journaux d’infos en continu. Mais un jour, harassé, lassé, et sûrement traumatisé par l’attentat auquel il a échappé, il agresse son patron. Licencié, il ne réagit pas et très vite se retrouve seul, plus d’amis, plus d’argent.
Parce que parfois la vie nous fait des petits clins d’œil, le hasard fait de lui un "sauveteur de touristes". Il part à la recherche d’Émilie, une riche héritière disparue au cours d’un voyage.
Tom Harlem suit les traces d’Émilie, et c’est pour Éric Lange l’occasion de décrire les pays traversés avec l’acuité du journaliste, nous montrant les désastres provoqués par le tourisme de masse, tant sur la population que sur les paysages. De Bangkok en Thaïlande à Goa en Inde, de Tanger au désert australien, nous croisons ses amis, incorruptibles dans un monde corrompu.
Tom Harlem doit faire vite pour retrouver Émilie, quinze jours, alors tout va très vite dans l’écriture. Éric Lange ne nous laisse pas souffler. L’intrigue est palpitante et la raison de la disparition de la jeune femme tout à fait étonnante.
J’ai aimé cette lecture.

Je remercie les éditions Taurnada et Joël Maïssa pour cette jolie découverte.

 

vendredi 20 février 2015

Mademoiselle B.

Maurice PONS
Couverture: Graphisme Stanilas Zygart


Quatrième de couverture:

Du village où il vit, Maurice Pons raconte les étranges rumeurs qui entourent une certaine Mademoiselle B. : une créature sans âge, toujours vêtue de blanc, qui attirerait les hommes et les pousserait au suicide. Maurice Pons, alors en mal d’écriture, se retrouve pris au cœur de l’enquête. Tout aussi méfiant que fasciné, il se passionne pour le cas de Mademoiselle B. 

Quelle jolie préface que celle que nous offre Hippolyte Girardot, il nous donne envie de commencer sans tarder le roman, je lui ai trouvé une fort jolie plume.
J'ai également aimé le style de Maurice Pons, qui choisit un héros qui porte son nom, qui exerce le même métier que lui, écrivain qui comme lui végète en mal d'inspiration.
Je pensais que nous ferions, avec l'auteur une enquête pour découvrir cette Mademoiselle B., qui semble pousser les hommes au suicide. Mais voilà, rien n'est simple, entre les cadavres, les amis du cru, les amis et maitresses de sa vie d'avant…(avant de vivre sur les bords de la Flanne), Maurice Pons nous parle de son quotidien. Il se raconte, et aussi il enquête…un peu, très peu même à mon goût.
Alors que nous irons d'anecdotes en drames, il semble lui aussi avoir peur de Mademoiselle B.
jusqu'à la postface: "Chaque livre est mon dernier livre"

"M. Pons survit très bien en écrivant une étude sur les pièces de monnaie pour une encyclopédie britannique, publiée en langue allemande pour un éditeur suédois."

Une  agréable moment de lecture.

jeudi 19 février 2015

Immortelle randonnée -"Compostelle malgré moi"

Jean-Christophe RUFIN
Couverture: Crédentiale de l'auteur. 
Au centre photo Christophe Raylat.

Quatrième de couverture:

"Chaque fois que l'on m’a posé la question "Pourquoi êtes-vous allé à Santiago ?", j’ai été bien en peine de répondre. Car le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s'y engager. On est parti, voila tout."

Jean-Chistophe Rufin a suivi le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques: huit cent kilomètres le long des côtes basques et cantabrique, à travers les montagnes sauvages des Asturies et de Galice. Il s'est peu à peu transformé en clochard céleste, en routard de Compostelle. Il nous raconte, avec une délicieuse auto-dérision, ce parcours humain et spirituel.

J'ai découvert Bourges grâce au "Grand coeur" de Rufin. Il m'avait donné envie de mieux connaître ces lieux ou le passé rejoint le futur.
J' ai aimé "Le Grand Coeur" et l'écriture de Rufin.
Mais là je dois dire que je suis un peu restée sur le bord de la route. J'ai bien essayé de le suivre, je n'ai pas réussi en lui emboiter le pas…Peut-être parce que les marches des pèlerins sont un retour sur soi, une occasion d'être seul et de faire une introspection…Tout en pudeur, Rufin nous parle peu de lui et s'il évoque d'autres pèlerins, c'est toujours avec une certaine retenue. Faire huit cents kilomètres à pied, sac à dos est pour moi un exploit. Si parfois les paysages sont superbes, j'ai eu la mauvaise impression que le monde moderne est trop présent. Le sentier, je l'imaginais encore hors du temps…préservé, mais il suit trop souvent le maccadam  des routes, il longe les autoroutes et pipelines. Et l'arrivée à Compostelle a été, c'est le sentiment que m'a donné Rufin, une déception. Les marchands du temple sont là…et tous les efforts pour parvenir à ce lieu unique, tous les sacrifices, les ampoules et les courbatures, la soif parfois et le dépassement de soi m'ont paru vains.
Il n'en demeure pas moins que Rufin nous fait partager un superbe voyage; et que ce voyage lui a donné envie d'écrire l'histoire de Jacques Coeur. "Bonne idée Monsieur Rufin!"

mardi 17 février 2015

Saving Joseph

Laurent CLERC
Couverture : Design Mélanie Wintersdorff;

Quatrième de couverture:

Être un homme aujourd’hui, qu’est-ce que c’est? Trouver sa niche et s’y terrer?
La quarantaine, crâne dégarni et mal dans son couple (sans lien de cause à effet), le héros est un type sans histoire. Mais, le jour où il se retrouve dans une chapelle à l’approche de Noël, lui qui ne met plus les pieds à l’église, sa vie bascule. Alors que tout le monde est en adoration devant la Vierge Marie, le héros prend le parti de Joseph : père adoptif contre son gré, sommé de fermer les yeux sur cette grossesse suspecte et relégué au rang de figurant de la crèche, c’est lui le pigeon de l’histoire!
Tandis qu’il tente de reconquérir sa compagne par des moyens plus ou moins judicieux, le héros entame un dialogue fantasmé avec Joseph qui le mènera sur les chemins les plus vertueux… et les plus sulfureux.

S'il choisit le Joseph de la crèche pour discuter, ce n'est certainement pas un hasard. Pour notre héros Joseph est insignifiant dans la vie de Christ, de sa conception à son éducation, Joseph est transparent. Comme lui sans doute, lui que sa femme ne semble plus voir. Elle se réfugie dans les séries télévisées, et lui finit par se retrouver avec ses livres, dans la cuisine, ou dans les toilettes, devenue bibliothèque depuis que l'écran géant a envahi le salon.
J'ai envie de le secouer, de lui dire d'agir s'il veut sauver son couple. Mais voilà, sait-il encore avoir une conversation avec sa compagne… Quand la donation faite par ses parents arrive, il garde pour lui secret cet acte et décide de s'en servir pour sauver son couple. À la lecture de la première partie, j'ai la conviction que notre homme est trop passif pour avoir envie de faire tomber le mur qui s'est formé entre elle et lui. J'ai même la conviction qu'il ne l'aime plus assez pour continuer.
Le héros semble regarder sa vie sans la vivre. Sa rencontre avec une nonne va peut-être le forcer à agir… J'ai souvent été agacée, j'ai parfois été amusée… L'écriture n'est pas désagréable.

dimanche 15 février 2015

La Noblesse du Coeur

Madeleine MANSIET-BERTHAUD
Couverture: Zoonar RF/ Thinkstock

Quatrième de couverture

Maylis Noguère de Formont… Un bien joli patronyme, parfois difficile à porter pour une jeune fille d'aujourd'hui. Maylis vit avec une mère exigeante qui se donne des allures de bourgeoise et un père qui se réfugie dans le silence. Une lettre arrivée d'un village landais les invite au centenaire de M. de Formont, arrière-grand-père de Maylis. Comment ? Elle le croyait mort ! Auprès d' Éliette, sa grand-mère originale et dynamique, la jeune fille va découvrir sa famille et le berceau de ses origines jusqu'à trouver parmi ses ancêtres un personnage fort marquant de l'histoire…

J'aime les romans dit de terroir, c'est vrai…et quand le terroir est le Sud-Ouest, alors j'y retrouve tous les accents, toutes les saveurs, toutes les odeurs de cette Gascogne qui me vit naitre. Ma Gascogne à moi est plus proche des montagnes, plus mitigée de Béarn et de Bigorre, mais ce sont les mêmes "parlers", les mêmes accents qui chantent. Ces gens là, je les connais, je les porte en moi!
J'ai découvert Madeleine Mansiet-Berthaud grâce à Partage lecture et au choix de Cassiopée. Encore merci pour ce magnifique ouvrage qui n'a pas stagné très longtemps dans ma PàL tant j'avais hâte de le lire.
Entre sa maman, un peu trop autoritaire, et un petit ami qui lui laisse peu le temps de rêver, Maylis travaille pour réussir son bac. Passeport vers une indépendance, vers une vie qu'elle voudrait différente.
Lorsque l'invitation au centenaire arrive, Maylis ne se souvenait pas de sa famille paternelle, dix ans sans les voir, et quand on dix-sept ans, dix ans, c'est toute une vie. Comment peut-on vivre cent ans, pour elle c'est presque indécent. Son père tombant malade, elle partira seule à la découverte de ses provinciaux, qui doivent sûrement être si loin du progrès. Elle ira de surprise en surprise, en découvrant sa grand-mère qu'elle surnomme très vite "Mamiliette", une petite bonne femme plein d'énergie. Son arrière-grand-père aussi le surprendra, pas aussi "hors service" qu'elle l'imaginait. Elle découvrira les coutumes de sa région d'origine, et réticente au départ, les pensant ringards et hors d'âge, notre petite lyonnaise sera envoutée par ces Landes, pas aussi pauvres et incultes qu'elle les imaginait. Entre les évocations du passé, les courses landaises si riches en couleur et musique, l'atelier de faïencerie, (tenu par une lyonnaise!!!) Maylis va être envouté par ce monde. Elle ira avec sa grand-mère à la recherche de ses origines et des secrets. Elle découvrira aussi et surtout que la Noblesse est dans le coeur, pas dans la particule.
Jacques Brel avait écrit ce joli texte "Fils de"
Fils de bourgeois
Ou fils d'apôtres
Tous les enfants
Sont comme les vôtres
Fils de César
Ou fils de rien
Tous les enfants
Sont comme le tien
J'ajouterai "Fils de cagots ou fils d'empereur, tous les enfant on droit au bonheur"
Cadeau

Face à la nuit

Peter ROBINSON

Quatrième de couverture

Il existe mille manières de tuer. Mais le meurtre à l'arbalète de l'inspecteur Quinn est pour le moins insolite. Autant que les photos compromettantes retrouvées sur le lieu du crime. Banks se lance dans une enquête où la vérité se dérobe à chaque pas…
Traduit par Marina Boraso.

Afin de résoudre le meurtre de L'inspecteur Quinn, Bank va reprendre un vieux dossier non élucidé, celui de la disparition d'une jeune britannique en Estonie.
C'est l'occasion pour l'auteur d'emmener son héros hors des sentiers battus et de découvrir un pays. Il est accompagné par la charmante mais non moins redoutable Joanna Passero. Inspecteur à la police des polices, elle enquête sur la probité de Quinn.
Deux enquêtes sont menées en parallèle, celle dirigée par Annie, en Angleterre, concernant la mort de Quinn et de Mihkel, journaliste estonien, et celle qu' Allan Banks mène en Estonie, sur les traces de Rachel, disparue six ans plutôt.
Au-delà de l'enquète menée avec brio, j'ai aimé les allusions musicales, et les descriptions des lieux. La visite de la prison en Estonie, en compagnie de Aivar Kukk est plus que passionnante.

Lecture commune


Elle voulait toucher le ciel

Yves VIOLLIER
Couverture: Martin Barraud/Getty Images.

Quatrième de couverture (référence poche)

Renée et Bernard Villebois ont hérité d'une grande maison – une bâtisse du XVe siècle, abandonnée depuis longtemps, où tout est à refaire. L'événement fait resurgir un passé enfoui... et ce qui devrait être une aubaine se transforme en cauchemar. Une lettre anonyme est adressée à Renée, à cette " fille de Boche ", suivie de plusieurs autres courriers et d'attentats... Il est vrai que Renée est née des amours de sa mère avec un jeune officier allemand, à la veille de la Libération. Qui la poursuit de sa haine cinquante ans plus tard ? Qui est le corbeau ? Pourquoi cet acharnement ? Le couple fait face jusqu'à manquer y perdre la vie. Peut-être que sans la maison à reconstruire, ils se seraient abandonnés, mais la maison est là, qui chaque jour renaît de sa ruine. Et reconstruire le " château " de Tourtras, c'est se reconstruire soi-même…

Qu'après une quarantaine d'année, une femme, parce qu'elle reçoit des lettres anonymes, redevienne la petite fille qu'elle fut est bouleversant. 
Parce qu'elle n'a finalement jamais compris ce qu'elle était et n'est jamais allée au bout de ses recherches pour savoir qui étaient ses parents, les insultes ont sûr elle une prise bien particulière.
Elle a honte de ce qu'elle est, alors qu'elle devrait être fière, elle craint ses origines, alors qu'elle ne les connait pas.
En choisissant la forme épistolaire, Renée écrit à ses enfants et leur raconte son histoire, l'auteur, au delà de l'intrigue, peut nous parler de ce triste épisode que fut la fin de la seconde guerre et le traitement inhumain réservé aux femmes ayant aimé "l'ennemi" et aux enfants qu'elles ont eus.

Lecture commune

samedi 14 février 2015

Primo

Maryline DESBIOLLES
Couverture: Bénédicte Lassalle

Quatrième de couverture

"1932, la date de l’histoire qu’on m’avait racontée il y a peu et qui ainsi, à revers, se rappelle à moi. Une histoire qui se passe à Turin. Une histoire familiale qui n’avait pas le charme de l’exotisme et qui ne me touchait cependant pas directement. […] Qu’est-il arrivé à Primo, le Premier, le tout premier, la première heure, le point du jour qui serait mort trois jours après que Renato est né? "

C'est le style qui en premier m'a séduite, j'ai de suite aimé cette musique, ce rythme qui donne au texte toute sa couleur. Une couleur que je retrouve dans la photo de la couverture de ce petit roman. Des nuances de gris, de vert, et cette femme, d'une autre époque, qu'on pourrait presque croire enceinte si on n'y prêtait pas attention. Le rouge de sa robe semble lui aussi terni par les embruns, et son sourire se perd dans les méandres des souvenirs.
C'est un peu de sa vie que nous offre Maryline Desbiolles, au travers de ses souvenirs. Elle se souvient des douleurs de sa grand-mère, elle porte en elle le deuil non fait des enfants perdus de cette femme. Elle souffre des non-dits. Elle souffre de ce grand-père qui jette un livre "par la rivière", de ce grand-père trop souvent absent pour aider son épouse dans les grandes douleurs, de ne pas avoir écouté cet homme qui n'a pas su se faire aimer.
Elle porte en elle cette grand-mère, qui fut mère sublime et qu'elle associe à toutes les mères meurtries, qui portent en elles, qui tiennent dans leur bras un enfant qui n'est plus qu'un poids mort.
Je remercie Partage lecture et les éditions Points pour cette belle découverte.

Partenariat


vendredi 13 février 2015

La fée carabine

Daniel PENNAC
Couveture: Tardi

Quatrième de couverture:

" Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ? " 
Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, coeur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, ami infaillible, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même ("l'innocence m'aime") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.


Séduite par l'univers de la famille Mallaussène, c'est avec bonheur que j'entamais ce deuxième ouvrage.
On retrouve notre aîné, Benjamin, et son étonnant métier "bouc émissaire". À la fratrie se sont joint la maman, très enceinte, et quelques vieux faisant office de grand-pères, à défaut de pères inexistants.
Entre un égorgeur de grand-mères qui sévit à Belleville, une femme "dépontée" et un trafic de drogues pour troisème, voir quatrième âge, Pastor se démène, avec l'aide de Thian/veuve Ho Shi Minh, pour démêler cet écheveau.
L'univers de Pennac et de la famille Mallaussène est très tendre, mais aussi complètement déjanté.
Chaque personnage est complexe et Pennac fait ressortir la dualité de chaque être humain.
Un très bon moment de lecture… Je lirai sous peu "La petite marchande de prose".

mercredi 11 février 2015

Le Puits

Ivan REPILA
Couverture: Constance Clavel—Raphaëlle Faguer

Quatrième de couverture

Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers 
au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. 
Ils tentent de s’échapper, sans succès. 
Les loups, la soif, les pluies torrentielles: 
ils survivent à tous les dangers. 
À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, 
mais ils ont interdiction d’y toucher. 
Jour après jour, le Petit s’affaiblit. 
S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. 
Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? 
Comment surtout se sont-ils retrouvés là?
Traduit de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud

Étrange atmosphère, pour ce premier roman de Repila. 
Deux frères (enfants?), on ne connait ni leur âge, ni leur nom, ils seront le Grand et le Petit. Ils se retrouvent au fond d'un puits, jetés? tombés? poussés? Un sac de victuailles, une mère quelque part…
Ils vont essayer de survivre, délirer, halluciner, s'aimer et se détester…Deux frères dont on ne sait rien.
Et pourtant ce livre prend aux tripes, on a envie de les aider, de comprendre pourquoi ils se retrouvent  au fond de ce puits. C'est brutal et cruel, c'est plein d'amour et de tendresse, c'est un conte, mais ça me parait être aussi un enfermement au sein même de la terre, qui peut être si riche et si avare de ses bienfaits.
Il me semble que ce roman, ce conte, devrait être étudié plus en profondeur, peut-être avec un point de vue philosophique.

mardi 10 février 2015

Le mystère Fulcanelli

Henri LOEVENBRUCK
Couverture: Juan Valdés Leal

Quatrième de couverture

Un meurtre dans une vieille église de Séville… Un assassinat dans une bibliothèque parisienne… Un ancien manuscrit dérobé… Le lien entre ces affaires: Fulcanelli le nom d'un mystérieux alchimiste du XXème siècle.
Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme. En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, plonge dans les milieux ésotérismes du siècle dernier. Mais on ne pénètre pas les mystères de la pierre philosophale sans en payer le prix!


Quel plaisir que de retrouver Ari Mackenzie, ce héros récurant de Loevenbruck. Égal à lui même, cynique, séparée de Lola, et sombrant dans l'alcoolisme, refusant le monde de l'informatique, lui préférant les livres et les carnets moleskines. Sa passion pour l'ésotérisme lui vaut d'être engagé à titre privé pour retrouver un carnet volé à une riche héritière.
Les meurtres s'enchainent, l'enquète n'est pas banale et nous mène de Seville à Jersey en passant par des sociétés plus ou moins secrètes en lien avec Fucanelli et le mystère de sa vie.
Mais au delà de l'intrigue, passionnante, Loevenbruck nous entraine dans ce monde de l'alchimie du début du XXème siècle. L'auteur mène sa propre enquête sur la personnalité de Fulcanelli. C'est riche, très documenté,  et si Fulcanelli reste une énigme, Loevenbruck nous offre quelques pistes. Je dois dire que je l'ai suivi, j'ai adhéré à son enquête, mais restant prudent, s'il nous livre un nom, l'auteur ne donne d'autres certitudes que celle de sa conviction, laissant sans doute à d'autres historiens le soin de "vérifier" son travail. Un travail passionnant et qui m'a, en plus du plaisir de lire ce style que j'aime tant, enrichi.
Suivi d'auteurs

vendredi 6 février 2015

Concerto pour la main morte

Olivier BLEYS
Quatrième de couverture


"La vie n'est qu'un tissu d'à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu'un coup de poing peut traverser."
À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto nº2 en do mineur de Rachmaninov.
À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys, l'auteur de Pastel, créé ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse.

Quel bonheur que la lecture de ce texte, que je qualifierai de conte. Les descriptions de la Sibérie et de ses habitants sont savoureuses.
Il arrive de loin "Kolincherbo", avec son passé triste d'enfant musicien, porteur des rêves de sa mère. C'est par hasard qu'il débarque avec son piano à Mourava, par hasard aussi qu'il frappe à la porte de Vladimir. Le premier essaie de guérir sa main "malade", le second ne rêve que de quitter cette bourgade du bout du monde.
Nous allons croiser des personnages pittoresques, se retrouvant pour boire, mais pouvant aussi boire seuls. Une sorcière et un ermite. Pas n'importe quel ermite, un ancien cosmonaute n'ayant jamais pu quitter l'atmosphère terrestre. Nous croiserons dans cette Sibérie si froide des sangliers sauvages et surtout des ours, de majestueux plantigrades. Nous sentirons les froids de ces lointaines contrées, et aussi les chaleurs de ses poêles à bois. Nous entendrons toutes les musiques, tous les sons que l'auteur nous décrit avec talent.
Nous ferons un fantastique voyage dans les âges pour qu'enfin "Kolincherbo" découvre pourquoi sa main refuse de jouer. Mais c'est finalement la musique qui triomphe, au-delà même de tout ce qu'on pouvait attendre.
Partage lecture 2014-2015


jeudi 5 février 2015

Amazonia

James ROLLINS

Quatrième de couverture:

Dans la forêt amazonienne, un Américain est retrouvé mourant aux abords d'un village. C'est l'un des membres d'une expédition scientifique partie étudier le savoir des chamans et disparue quatre ans plus tôt. Seul Nathan Rand, le fils du savant qui la dirigeait, n'a jamais perdu espoir de les retrouver vivants.
Et c'est ce fol espoir que le Dr Kelly O'Brien et son frère ravivent en lui proposant de rejoindre l'équipe de secours organisée par le gouvernement des États-Unis. Seulement, la jungle et ses enjeux pharmaceutiques attisent bien des convoitises. Des mercenaires se lancent à leur poursuite...
À mesure que le groupe progresse, l'aventure tourne au cauchemar : attaques de fourmis géantes, assaut de piranhas hypertrophiés, prolifération de sauterelles carnivores. La malédiction des Ban-ali rôderait-elle ? Mais est-elle vraiment la seule explication à ces terrifiantes mutations génétiques ?
Amazonia : quand la nature reprend ses droits…


Que dire d'un roman qu'on a pas aimé, que dire d'un livre lorsqu'on s'est ennuyé en le lisant. J'avoue que je préfère parler, écrire sur les textes qui me plaisent ou m'émeuvent.
Tout semblait bien parti pour me séduire, la jungle d' Amazonie, avec ses mystères, ses peuples loin de nous, des héros sympathiques…Mais voilà, je n'ai rien trouvé d'un tant soit peu crédible…Ok me dis-je, continue en le lisant comme si tu regardais un "Indianna Jones". Les héros sont surhumains, le matériel malgré toutes les épreuves est le plus souvent sauvegardés, les méchants sont vraiment très très méchants, et les gentils sont très très gentils, à la limite niais…Je n'ai pas davantage aimé le style de l'auteur.
Partage-lecture 2014/2015

dimanche 1 février 2015

Un homme effacé

Alexandre Postel
Couverture: Marcus Davies

Quatrième de couverture

"Quoi qu’il arrive, il faut vous faire à l’idée que vous ne ressortirez pas blanchi du tribunal. C’est une illusion de croire ça. On ne ressort pas blanchi d’un procès comme celui-ci. Soit on en ressort sali, soit on n’en ressort pas du tout."
Damien North est un professeur de philosophie dans une université cossue. Sa vie bascule le jour où il est accusé de détention d’images illicites, mettant en scène des enfants. L’inculpé a beau se savoir innocent, un terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche…


C'est l'histoire banale d'une homme discret sinon timide, un de ses êtres qu'on remarque à peine tant ils font peu de bruit. Damien North est professeur universitaire, et sans qu'il comprenne pourquoi, un jour sa vie bascule. Il est arrêté pour détention de photos pédophiles sur le disque dur de son ordinateur.
Les médias, le peuple unanime hurle sa haine, les psychiatres, (comme toujours d'ailleurs) peuvent juger, en quelques mots de ce qu'est un homme, décider si oui ou non il est capable de commettre des actes pervers. Il doit plaider "coupable" s'il veut alléger sa peine.
Alors, bien sûr, viennent les questions…Un complot? Qui? Pourquoi? Comment?
Je n'ai pas pu rester indifférente au sort de Damien North, pourtant…
c'est un homme banal, un de ses êtres qu'on remarque à peine tant ils font peu de bruit. (je me cite!!!)

Ce livre fait réfléchir sur la solitude, sur les travers des médias, sur les peurs collectives et les rumeurs.