jeudi 31 décembre 2015

Une bonne année


À vous, qui avez la gentillesse de venir me lire,
à vous qui laissez des commentaires, 
qui me font plaisir, m'enrichissent, et me donnent envie de continuer,
à toutes les personnes, anonymes qui passent, sans faire de bruit,
je souhaite une bonne année, de belles lectures, et beaucoup de tendresse.

dimanche 20 décembre 2015

Madame la marquise (2) Le retour

Keira QUINSLEY

Quatrième de couverture

Enfin le retour tant attendu de la Marquise !
Savourez la suite de "Madame la Marquise, Save My Soul", ex "I'm a Bitch
… So What?"
Ava se retrouve seule à gérer le site imabitchsowhat.com, et ce n'est pas une sinécure. Elle n'a que deux bras, et les retards, comme les mécontentements de lecteurs, s'accumulent. La Marquise a disparu, et même Tommy ne l'a pas revue... Comment faire pour la retrouver?
Peut-être en cherchant sa trace physique? Après tout, Victoire-Alexandrine de Lance, Marquise de L'Épine, doit bien être enterrée quelque part…

Elle nous revient, un peu moins godiche, mais pas encore très sûre d'elle, notre charmante Ava, elle a encore besoin de la Marquise. Mais voilà, Victoire-Alexandrine a disparu, ou plutôt, n'apparait plus. Que lui est-il arrivé? Elle est déjà morte, certes, mais se pourrait-il qu'elle ait besoin d'aide, qu'elle soit coincée quelque part entre le ciel et l'enfer? 
La princesse de la Lance est plus humaine, plus proche de nous dans ce tome. On sent ses blessures et sa détermination. 
Dans ce roman, Keira Quinsley aborde des sujets tels que le harcèlement, le viol commis sous l'effet de la drogue du violeur, la façon de riposter, de se défendre, ou au moins d'essayer.
J'ai adoré la façon dont Ava s'occupe des "frotteurs". J'ai même imaginé que nous pourrions toutes prendre le métro ou les transports en commun armées de gants (gants en caoutchouc, que nous porterions visibles sur nos sacs à main, comme un accessoire de mode!!!). 
Mais c'est surtout une lecture détente, l'argent que possède Ava lui sert uniquement à aider les gens qu'elle aime. C'est une jeune femme sympathique, et ses problèmes sentimentaux ne sont pas bien graves, il faut juste attendre le tome trois pour qu'elle murisse encore un peu.
Je remercie Lisa de Rokh éditions pour cette offre.


vendredi 18 décembre 2015

Sale gosse

Stephen KING
Quatrième de couverture

"Souvenez-vous, ça revient sous les traits d'un enfant…"

Un gamin diabolique qui provoque immanquablement la disparition de vos proches, un sale gosse qui a conduit le comptable George Hallas dans le couloir de la mort. Et qui pourrait bien un jour croiser votre chemin…


J'ai retrouvé le calme de l'écriture de King, celle qui vous entraine malgré vous au plus profond du mal. Rendre un enfant antipathique, et un condamné pathétique! Raconter cette histoire à son avocat, même commis d'office, n'est-ce pas la possibilité de la faire perdurer… que ce petit garçon puisse continuer de vivre, d'exister et d'être maléfique.
L'histoire est bien trop courte, la fin bien trop ouverte pour qu'une suite ne soit pas envisageable. J'attend donc, qu'un jour ou l'autre maître Bradley affront ses propres démons! J'attend la suite!


jeudi 17 décembre 2015

Une vie de lumière et de vent

Christian SIGNOL

Quatrième de couverture

Jean, l'enfant trouvé, a été élevé par un couple de bergers analphabètes, frustes et superstitieux. Le service militaire va heureusement le sauver de cet enfer. Avec l'aide d'un instituteur, il apprend enfin à lire et écrire, découvre la chaleur d'un vrai foyer. Puis ce sera la « drôle de guerre » aux frontières de l'Est, et la débâcle. Le début d'une longue errance qui ramène Jean vers le Sud, jusqu'à sa rencontre avec Joseph, son ami, son double, et Dorine, un cœur simple, tombée éperdument amoureuse du jeune homme. Mais alors que la guerre se rapproche, Jean pourra-t-il échapper à son destin ?

C'est la vie de Jean Dolin, enfant oublié de tous, de sa mère, de ses parents adoptifs, de la république qui l'a placé sans se soucier de lui. Un enfant qui vit dans la peur, dans la solitude. Il part faire son service, rencontre Julien, instit mobilisé comme lui, qui va l'aider, lui apprendre à lire, lui faire découvrir la chaleur d'un foyer, être un frère pour lui…Puis c'est la débâcle, la rencontre avec Joseph, avec Dorine. Elle a un besoin vital de lui Dorine… 
Il fallait que ça arrive, je n'ai pas apprécié ce roman, je n'y ai pas trouvé la lumière que j'aime tant chez l'auteur. Je n'ai pas trouvé cette petite lueur d'espoir qu'il sait d'habitude diffuser. J'ai suivi cette vie triste, trop de coeurs fermés, trop de non dit.

Kirinyaga

Mike RESNICK
Couverture: François Baranger
Quatrième de couverture

Kirinyaga, c'est le nom que portait le mont Kenya lorsque c'était encore la montagne sacrée où siégeait Ngai, le dieu des Kikuyus. C'est aussi, en ce début du XXIIe siècle, une des colonies utopiques qui se sont créées sur des planétoïdes terraformés dépendant de l'Administration.
Pour Koriba, son fondateur - un intellectuel d'origine kikuyu, qui ne se reconnaît plus dans un Kenya profondément occidentalisé -, il s'agit d'y faire revivre les traditions ancestrales de son peuple.
Tâche difficile. Que fera Koriba, devenu mundumugu, c'est-à-dire sorcier de Kirinyaga, quand une petite fille surdouée voudra apprendre à lire et à écrire alors que la tradition l'interdit ? Ou lorsque la tribu découvrira la médecine occidentale et cessera de croire en son dieu, et donc en son sorcier ? L'utopie d'une existence selon les valeurs du passé est-elle viable dans un monde en constante évolution ?
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis et Pierre-Paul Durastanti.

La version que je viens de lire se compose de huit nouvelles, un prologue, un épilogue et une postface de l'auteur pour Kirinyaga, puis de huit nouvelles pour Kilimandjaro.
Je n'ai pas eu l'impression de lire des nouvelles, mais un roman. Les nouvelles se succèdent tels des chapitres.
Si ce roman se passe dans un futur lointain, si les personnages évoluent dans une "terraforme" crée pour réaliser des utopies, le monde crée par Koriba et ses adeptes n'a rien de futuriste.
Fanatique, ancien et brillant intellectuel, Koriba façonne un monde tel qu'il le souhaite, en refusant toute intrusion des blancs, des européens. Il semble vouloir adorer Ngai, son dieu créateur en laissant le peuple dans l'obscurantisme. Bien des questions sont posées, un peuple peut-il survivre, continuer à avancer sans évoluer? (C'est assez facile, quand on est le seul à disposer des moyens modernes, d'être un mundumugu -sorcier-)
Des femmes, "bêtes de somme", auxquelles au nom de la tradition on refuse l'apprentissage de la lecture. Des hommes n'ayant pas d'ennemis, pas de projet, pas d'effort à faire pour protéger leur famille, leur tribu. 
Tirant parti des erreurs de Koriba et du peuple Kikuyu, les Massaïs vont aussi créer une terraforme, Kilimandjaro.
J'ai vraiment passé un très agréable moment en lisant ce texte plutôt bien écrit. Les personnages sont tous attachants, crédibles. L'auteur nous offre une réflexion, remet en question certaines idées reçues.
Si je devais choisir entre ses deux utopies, je préfèrerai vivre sur Kilimandjaro. 

mardi 15 décembre 2015

A silent voice

Yoshitoki OIMA

Quatrième de couverture

Shoko Nishimiya est sourde depuis la naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle fait de son mieux pour dépasser ce handicap, mais malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Tour à tour psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes... jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. Ce jour-là, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusqu’ici ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…
Traduction de Géraldine Oudin
Adaptation graphique de Hinoko.

Je n'ai jamais aimé lire les bandes dessinées. Les Asterix, que j'achète systématiquement lors de leur sortie ne font le bonheur que de mes enfants et de leur père et aujourd'hui peut-être celui de mes petits-enfants. J'ai toujours trouvé Tintin misogyne, et je ne le regarde que de loin…Oui, j'avoue, même les grands classiques, ceux considérés comme des chefs d'oeuvre m'ennuient au bout de quelques pages. Je leur préfère les dessins humoristiques tel "le chat" qui par leur forme courte n'ont pas le temps de me lasser.
Donc ce manga était pour moi un vrai défi.
L'histoire parlant du harcèlement et de l'intégration en milieu scolaire, puis dans la vie tout court est intéressante. J'imagine que si ce premier tome leur plait, j'achèterai les autres pour mes petits-enfants et leur père, mais je n'irai pas jusqu'à les lire. Le manga en lui même ne fait pas parti des arts graphiques que j'aime. Je trouve étrange que des asiatiques dessinent des yeux aussi ronds , et je remercie Alexandre de ses explications.
En revanche, si elle m'a déroutée au début, la lecture de droite à gauche ne m'a pas gênée.

Lecture commune novembre/décembre 2015

Le retour du professeur de danse

Henning MANKELL

Quatrième de couverture

Décembre 1945. Dans l'Allemagne vaincue, un passager solitaire descend d'un avion militaire britannique et se rend à la prison de Hameln. Là, il procède à la pendaison de criminels de guerre nazis. Mais l'un d'eux a échappé à son sort. 
Octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, un policier à la retraite, est torturé à mort. Dans sa maison isolée, les empreintes sur le parquet semblent indiquer que le tueur a esquissé un tango sanglant avec sa victime. Ici, ce n'est plus le commissaire Wallander qui mène l'enquête. Au même moment, à l'autre bout de la Suède, le jeune policier Stefan Lindman apprend deux mauvaises nouvelles : il a un cancer et son ancien collègue a été assassiné. Pour tromper son angoisse, il décide de partir dans le Härjedalen et d'enquêter lui-même sur ce meurtre. Or, les ombres d'un passé très noir se sont réveillées. Elles ont frappé. Elles vont frapper encore et encore. Stefan a peur. Mais il est jeune, malade. Il ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il n'a rien à perdre.
Traduit du suédois par Anna Gibson.

Dès le prologue nous savons: un meurtre commis quelques quarante cinq ans plus tard aura un lien avec le nazisme.
S'il n'avait pas appris qu'il avait un cancer, s'il n'avait pas eu besoin de s'occuper l'esprit pour ne penser ni à son futur traitement, ni à l'issue peut-être négative de sa maladie, Stefan Lindman ne serait sans doute pas parti à Sveg. Pour ne plus penser à son quotidien, à sa compagne, il se joint aux enquêteurs, restant tout de même discret. Il ne s'ingère pas, il écoute, pose les bonnes questions.
Il va affronter le nazisme passé et l'histoire hitlérienne de la Suède, mais aussi découvrir que ces idées sont plus que jamais vivantes dans son pays.
Mankell fait vivre son héros, avec cette peur de la maladie, cette inquiétude qui se veut indifférence, cette faiblesse en lui, puis les sursauts pour lutter. L'aide discrète qu'il trouve autour de lui auprès d'inconnus est appréciable.
J'ai été un peu déstabilisée par le tutoiement systématique. Mais j'ai aimé la façon dont Mankell fait évoluer ses personnages, décrits les lieux et les évènements.

Lecture commune novembre/décembre 2015

dimanche 13 décembre 2015

Dust

Sonja DELZONGLE
Couverture Stanislas Zygart
Quatrième de couverture

Quelque part en Afrique, la mort rôde...
2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s’amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d’une longue série.
2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.
Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s’emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l’envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d’albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.


Hannah Baxter est profileuse elle travaille pour son compte. Collins, un ami policier qu'elle a déjà assisté par le passé lui demande son aide . Voilà deux ans en effet qu'un tueur opère à Nairobi, ne laissant que des croix de sang pour indiquer ses assassinats.
Mal accueillie par l'équipe, elle réussit cependant à trouver sa place. Elle découvre très vite comment les corps disparaissent… En parallèle, Collins enquête plus ou moins officiellement sur des agressions et enlèvements d'albinos. Meurtres sordides et sadiques, amputations en pleine rue, les albinos sont victimes de l'intérêt qu'ont les sorciers pour des poudres fabriquées avec les organes, les os, ou toutes parties du corps, ils représentent une vraie fortune pour leurs agresseurs.
Sorcellerie, sacrifices, trafic d'êtres humains, c'est un roman noir. L'auteur s'appuie sur des faits réels, le chasse aux albinos existe bel et bien…son amulette "Invictus", ses visions, ses perceptions aident Hannah Baxter dans son travail de profileur… 

jeudi 10 décembre 2015

Bingo's Run

James A. LEVINE

Quatrième de couverture

Bingo est le coureur à pied le plus rapide de Nairobi, et sans doute du monde. A quinze ans, il en paraît à peine dix et il est si rapide qu'il parvient à ne pas se faire remarquer par les policiers corrompus quand il court livrer leurs doses de drogue aux clients de Wolf, son boss. 
Après avoir été le témoin du meurtre du plus gros dealer de Nairobi, il trouve refuge dans un orphelinat dirigé par un prêtre à la tête d'activités aussi lucratives que malhonnêtes. Mêlé malgré lui à une lutte entre parrains de la pègre, sa vie déjà risquée devient bien plus dangereuse encore. Pour s'en sortir, Bingo aura besoin d'alliés comme Slo-George, son ami de toujours, ou encore Thomas Hunsa, un artiste génial mais fou. Et il devra surtout apprendre à compter sur les autres autant que sur lui-même.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurent Bury.

Une trentaine de pages pour que je trouve la musique de ce texte, pour que j'assimile le tempo, et ensuite j'ai eu un mal fou à le lâcher. 
J'étais pressée de retrouver Bingo Mwolo, le narrateur. Ce jeune garçon, orphelin, livré à lui même, "atteint d'un défaut de croissance", qui court pour survivre, pour livrer des doses de poudre, pour échapper à la police. Il joue de sa taille et malgré ses quinze ans il parait n'être qu' un enfant, n'hésite pas à se faire passer pour un débile, un simple d'esprit. Mais il a gardé de son enfance des contes, des histoires racontés par "vieux père", des préceptes inculqués par sa maman sauvagement assassinée, s'il sait compter, si bien compter, c'est grâce à son père. Non, Bingo n'est pas n'importe quel gamin, et s'il vit dans un milieu sordide, il saura en tirer le meilleur. 
Parfois triste, parfois amusant, jamais banal. Nous traversons Nairobi, les bidons villes et dépôts d'ordures qui entourent le métropole. La corruption, la pauvreté, et l'espoir aussi.
Une femme, une maman, la solitude, un rêve, la fortune, l'Amérique Bingo saura-t-il comprendre les nuances. Un moment de lecture aussi agréable qu'inattendu!

mardi 8 décembre 2015

Purgatoire des innocents

Karine GIEBEL


Quatrième de couverture

"Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux.
Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux.
Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang.
Deux morts et un blessé grave.
Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces. "

"Je m'appelle Sandra.
Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide.
Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là… "

"Je croyais avoir trouvé le refuge idéal.
Je viens de mettre les pieds en enfer."

"Quelque chose qui marche et qui parle à ma place.
Et son sourire est le plus abominable qui soit…"

C'est une descente aux enfers, et non pas au purgatoire que Giebel nous offre. Elle écrit bien, elle écrit vrai, elle fait mal. Elle nous fait mal, parce que tout est possible, tristement, horriblement possible, si humain dans l'inhumanité!
Raphaël et William, deux frères, deux gangsters, l'ainé, pas un tendre, le cadet, moins aguerri, certes, mais voulant tellement imiter son grand frère, ce héros qui a remplacé le père déserteur.
Une femme, un mystère, une victime? un bourreau?… qui est Sandra…qui non seulement laisse faire, mais assiste, aide… mais parfois soigne, panse les plaies.
Un bourreau sordide, deux gamines pas encore tout à fait sorties de l'enfance.
L'auteur joue avec nos nerfs, torture notre esprit, flagelle notre coeur. Inutile de laisser ce roman de côté, notre cerveau veut malgré nos tourments savoir…comprendre…et parfois, que ça cesse enfin…




dimanche 6 décembre 2015

L'orange de Noël

Michel PEYRAMAURE


Quatrième de couverture

"Une orange, je n'avais jamais espéré en trouver une, comme tombée de la hotte du Père Noël ou de ses grandes mains de vieillard. Et voilà que Cécile vient de déposer devant moi ce don merveilleux. Mon orange. Mon fruit de soleil et de givre."

À la fin de l'été 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste. Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école catholique, elle est accueillie comme le diable en personne. Nul doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l'école sans Dieu et ses suppôts. Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, gagne la confiance du village et voit se peupler son école.


C'est juste avant la première guerre mondiale que ce roman se passe. On y voit l'installation d'une jeune femme, enseignante, plutôt indépendante et moderne dans un petit village où le curé règne encore en maitre. Une gamine, sauvage et inculte (la narratrice) , va se révéler et s'épanouir.
Je suis amatrice de roman de terroir, de roman qui nous parle de l'évolution des mentalités, des luttes des femmes pour arriver à se libérer du joug et des préjugés, de l'instruction donnée au peuple. J'ai l'impression d'être restée en dehors, je n'ai pas su apprivoiser les personnages. Je n'ai été que spectatrice. 
Une petite déception donc.

vendredi 4 décembre 2015

Satan était un ange

Karine GIEBEL
Couverture Axel Mahé
Quatrième de couverture

Tu sais Paul, Satan était un ange... Et il le redeviendra.
Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder.
Mettre la musique à fond pour ne plus entendre.
Tic tac...
Bientôt, tu seras mort.
Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie.
Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif qui tente d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse.
La mort est certaine. L'issue, forcément fatale.
Ce n'est plus qu'une question de temps.
Il vient à peine de le comprendre.
Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance.
Il paye le prix de ses fautes.
Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer.
L'échéance approche.
Je vais mourir.
Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents.
Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout...
Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?

Une rencontre assez improbable, un avocat d'affaire et un jeune autostoppeur que tout semble opposer. François fuit, une fuite désespérée, il fuit sa mort, il fuit sa vie. Il se retrouve seul face à ses questions, face à sa peur. Paul fuit lui aussi, mais on ne sait pas ce qu'il fuit, est-ce un délinquant? Un jeune homme qui fuit une femme? On découvrira très vite à défaut de qui il est, ce à quoi il essaie d'échapper.
Ce roman fera son entrée dans mes "romans routes". Presque un huis-clos entre deux hommes, deux générations, deux univers différents. Qu'importe ce qu'ils fuient, l'important c'est ce qu'inconsciemment tous les deux cherchent.  À travers ce qui deviendra leur cavale, ils vont apprendre à se connaître, à s'apprécier. Une étrange affection va naitre. 
Les chapitres sont introduits par des vers tirés des "Fleurs du mal". Un plus pour moi!




Le visage de Satan

Florent MAROTTA

Quatrième de couverture

"Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination. "Faites que je meure", implora-t-il en silence."

L'histoire commence le douze décembre 2012, neuf jours avant la fin du monde! Alors toutes les tentations sont là, dans ce froid Paris d'avant l'apocalypse. On défile dans les rues, on scande des slogans, pour essayer de trouver des adeptes, les antis, les pros… d'un Dieu rédempteur à un Satan sauveur.
Il est un peu rustre, Gino Paradio, ce privé, ex policier, ex alcoolique. Il n'est pas très convaincu de prendre l'affaire que Sibylle Pech lui propose, prouver que son mari mort d'une crise cardiaque a été assassiné! Mais elle promet de lui donner Camarone, Enzo Camarone, l'assassin de ses parents. Un meurtre semblant s'inspirer de rites sataniques, un tatouage découvert dans le compte rendu d'autopsie de Walter Pech, et Gino va plonger dans les milieux de la magie noire, de la magie blanche, de l'ésotérisme. Aidé de Morgane, une jeune femme initiée à l'ésotérisme et pratiquant la magie blanche, les yeux vairons, il va mener son enquête.
Les meurtres se succèdent, ils correspondent à certains rituels. On oscille parfois, entre les rites sataniques et les hallucinations de Gino, encore en sevrage. 
Il est émouvant Gino, entre son désir de vengeance et son refus d'être comme les tortionnaires. J'ai aimé cette dualité, ces efforts faits pour ne pas tomber dans le piège d'abattre les "méchants". Il est aidé par la douce Morgane, par le visage de sa soeur ou de ses parents qu'il voit parfois en rêve. Ne pas tomber de l'autre côté.
Une découverte pour moi, un bon moment de lecture, un héros sympathique, et un Satan satanique!

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.