mardi 24 mars 2015

La demeure maudite

Heather GRAHAM

Quatrième de couverture

Comme chaque année, Ashley se réjouit d’accueillir dans sa superbe et majestueuse demeure de Louisiane — la plantation Donegal, au cœur du bayou — un festival historique qui rend hommage au passé de sa famille. Mais cette fois, rien ne se passe comme prévu : la fête tourne au cauchemar lorsqu’un cadavre est découvert, suspendu à l’ange de pierre qui surplombe le mausolée familial. Profondément choquée, et inquiète face à l’inaction de la police locale, Ashley décide de faire appel à une équipe d’enquêteurs du FBI, des spécialistes réputés pour avoir résolu les affaires les plus étranges. Une unité à laquelle appartient Jake Mallory, son premier amour, un homme atypique et pourvu d’un talent troublant pour communiquer avec l’au-delà. Mais aussi celui qui lui donnera le courage de dévoiler des secrets de famille que même la mort n’a pu ensevelir…
Traduit de l'anglais par Julie Albizzi. 

Voilà, j'ai fini la série ""Krewe of hunters". ( "groupe de chasseurs" ??? si vous avez une traduction plus adéquate je suis preneur!!!). Mais je ne pense pas avoir lu les trois livres dans le bon ordre.
Peu importe d'ailleurs, on retrouve nos héros toujours aussi beaux, lisses, comme dans les magazines de papier glacé. Il y en a pour tous les goûts d'ailleurs, brun, blond, roux, grand et je ne vous parle même pas des yeux qui étincellent, des regards profonds qui parlent.
La demeure est peuplée de fantômes, mais les fantômes sont comme les humains, s'ils sont gentils, ils sont superbes. J'aime bien les fantômes, surtout quand ils tirent les vivants que nous sommes par les pieds ou nous font de bonnes blagues.
D'accord, ce n'est pas tout à fait les lectures que j'aime, mais c'est plutôt bien écrit, léger à souhait. On se laisse séduire par l'enquète, il y a même un peu de suspens, un peu d'érotisme aussi. Et puis il y a l'amour, le vrai, le pur…celui dont on rêve ados…et adultes pourquoi pas…
Pour passer un agréable moment, pas prise de tête, avec des héros au regard plein de paillettes.

TAG de Céline72


Merci à Céline72 "Mon univers des livres"de  m’avoir taguée
Tag code de la route

1. PARKING – Combien de livres as-tu dans ta PaL ?
C'est très variable, j'aime voir les piles fondre, j'ai l'impression d'avancer, puis les recharger.

2. LIMITATION DE VITESSE – Quelle limitation donnes-tu à ta PaL ?
Je prends tout ce qui à un moment donné me fait envie.

3. ROUTE PRIORITAIRE – Quel livre est ta prochaine priorité ?
J'attend la sortie en poche du dernier Guenassia "Trompe la mort"

4. RÉSERVÉ AUX CAMIONS – Quel pavé liras-tu prochainement ?
Je ne sais pas, mais j'ai dans ma PàL "Le cercle de la croix" de Iain Pears.
Il va bien falloir que je m'y colle.

5. RÉSERVÉ AUX BUS – Un livre que tu réserves pour une période spéciale ?
Non, je n'ai pas d'idées 

6. STOP – Un livre que tu as abandonné ?
"Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzsche 

7. SORTIE DE SECOURS – Un livre que tu as arrêté mais que tu comptes reprendre pendant une autre période ?
"Louis XV" de Michel Antoine, mais je compte le finir un jour peut-être.

8. SENS INTERDIT – Quel genre de livre ne t’attire pas particulièrement ?
Les livres érotiques.

9. FIN D’INTERDICTION – A quel genre de livre donneras-tu une chance cette année ?
Je ne sais pas.

10. FEU TRICOLORE – Un livre qui t’a fait passer par plusieurs émotions ?
"Sortie noire" de laurella.

11. ROND POINT – Un livre qui t’a fait tourner en rond ?
"L'apothicaire" de Loevenbruck
Ceux qui l'ont lu me comprendront!

12. ROUTE A DOUBLE SENS – Un livre que tu as aimé et détesté à la fois ?
"L'héritage Wagner" de G. Wagner.

13. HOTEL – Quel livre t’a volé ton sommeil ?
Je peux lire loin dans la nuit, mais aucune lecture n'a "volé mon sommeil"!

14. MONUMENT HISTORIQUE – Le livre qui pour toi est un monument (une perle, un bijou) ?
"Ouragan" de Gaudé


samedi 21 mars 2015

Un visage dans la foule

Stephen KING & stewart O'NAN


Quatrième de couverture

Depuis la mort de sa femme, Dean Evers trompe l’ennui de ses vieux jours devant les matchs de baseball à la télévision. Quand soudain, dans les gradins, il découvre au cœur de la foule un visage surgi du passé. Quelqu’un qui ne devrait pas être là, au stade... ni même parmi les vivants.
Soir après soir, Dean se laisse hypnotiser par les visages de ceux qu’ils n’espérait – ou ne voulait – plus voir. Mais le pire est à venir…

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Daniel Brèque

Dean est le héros de cette toute petite nouvelle, pour tromper l'ennui, depuis son veuvage, il passe son temps devant des matches de base-ball.
Il découvre, dans le public des visages connus. C'est l'occasion pour lui de se souvenir de sa vie et du mal qu'il a pu faire.
Trente-sept pages seulement, pour un récit écrit à quatre mains. Un héros qui parait sympathique mais  qui au fil des mots sombre dans la culpabilité, un stade qui se remplit de remords…Un sentiment de trop court, il me manque un je-ne-sais-quoi pour avoir vraiment apprécié ce texte.

L'oiseau des ténèbres

Michaël CONNELLY
Matt Sefton

Quatrième de couverture

Grande agitation à Hollywood lorsque le producteur David Storey passe en procès pour le meurtre d’une actrice : l’inspecteur Bosch est bien décidé à prouver qu’en plus, il a maquillé son crime en suicide.
Pendant ce temps-là, l’ex-agent du FBI Terry McCaleb, le héros de Créance de sang, reçoit la visite d’un collègue qui veut son avis sur une affaire que personne n’arrive à résoudre. McCaleb consulte le dossier et découvre la victime les mains dans le dos et la tête dans un seau. Et sur son bâillon, il est écrit : Cave Cave Dus Videt, "Prends garde, prends garde, Dieu voit" en latin d’église.
Peu à peu, les deux affaires commençant à se croiser, McCaleb et Bosch se retrouvent devant des faits qui les entraînent dans un grave conflit : un flic serait-il passé du côté des ténèbres ?

Traduit de l'anglais par Rémi Pépin

McCaleb, je ne le connais pas encore, de Connelly je n'ai lu que des ouvrages ayant pour héros Harry Bosch. Et j'aime Harry Bosch, c'est comme ça, ça ne se discute pas. 
J'ai donc fait la connaissance de Terry McCaleb, ayant une famille, un nouveau coeur et n'étant plus policier. Il est contacté pour "profiler" un tueur.
Bosch de son côté dépose au tribunal pour prouver qu'un cinéaste célèbre a assassiné une jeune actrice.
Nous suivons donc deux enquêtes, une au tribunal, l'autre sur le terrain, elles finiront par se rejoindre.
Je trouve que McCaleb est beaucoup trop hâtif dans ses conclusions, en deux coups de crayons, un regard sur les vidéos d'une scène de crime et une conversation avec un suspect…il pense détenir la vérité. Je ne pouvais donc pas aimer cet homme, qui bien sûr incrimine sans trop de réflexion Harry Bosch. 
Dans la préface, Connelly écrit que c'est son roman préféré, à l'époque c'était son dernier (mais je n'ai pas vérifié), et en principe les artistes et créateurs parlent toujours ainsi de leur dernier-né. C'est celui que j'ai le moins aimé. J'ai été lassée par les longues séances au tribunal et par les jérémiades de l'épouse de McCaleb qui veut absolument le culpabiliser.

jeudi 19 mars 2015

Éveille-moi

Christie Bronn
Quatrième de couverture

Je me suis réfugiée à Paris, auprès d’Hugo, le seul qui connaisse mon enfance torturée. J’y ai rencontré Ethan, homme de pouvoir, séduisant et mystérieux. Immédiatement attirés l’un par l’autre, nous avons entamé une relation physique, dictée par des règles strictes, afin de gérer notre besoin mutuel de domination et de contrôle.
Sera-t-il l’homme qui m’éveillera à l’amour ? »


C'est l'histoire d'une jeune femme de vingt-cinq ans, écrivain (elle a publié quatre romans), que le passé pourchasse, psychologiquement et surtout hélas physiquement.
Soumise à toutes les peurs que ressentent les enfants brisés dès leur plus jeune âge, rongée par l'abandon de sa mère, elle se sent sale, elle ne se croit pas digne d'être aimée. Mais c'est aussi une femme forte, qui malgré ses angoisses réussit grâce à l'écriture et à la lecture à sinon s'épanouir, au moins à survivre.
La peur d'être retrouvée par son "bourreau" fait d'elle une solitaire. Elle a pour seul ami Hugo, jeune artiste chassé par ses parents à cause de son homosexualité.
Deux enfants rejetés devenus deux adultes très fragiles et puisant dans cette amitié pour survivre.
Une rencontre va peut-être ouvrir à notre jeune héroïne un avenir plus radieux.
L'enfance maltraitée, l'inceste est au centre de ce roman, la destruction de ces enfants, mais aussi le rejet de la différence et l'abandon. 
Je pensais lire un livre léger, un peu érotique, et je me trouve confronté à la cruauté, à l'enfance maltraitée. Je n'ai donc pas pu lâcher ce roman avant de l'avoir fini… 
J'ai simplement regretté que Ethan soit si riche. Ça donne, à mon sens en tout cas, un côté artificiel à l'histoire. 
Un grand merci à Partage lecture et aux éditions de la Reine pour ce partenariat.

Partenariat


mardi 17 mars 2015

Une année de neige

Christian SIGNOL
Couverture: Claude Monet
Quatrième de couverture :

Partir, fuir sa triste banlieue, la grisaille... Sébastien à 10 ans et la leucémie menace sa vie. Malgré l'amour de sa mère, il n'a qu'une obsession: rejoindre dans le Lot ses grands-parents qui sauront éloigner de lui la peur et la mort. Il est sûr qu'au coeur de cette campagne qu'il aime tant, il pourra puiser l'énergie pour lutter contre la terrible maladie qui l'affaiblit chaque jour davantage.
Dans la petite ferme familiale, Sébastien oscille entre les périodes de découragement et le plaisir des joies simples, dans l'enchantement toujours renouvelé de la nature et de ses secrets. Son grand père ne lui a-t-il pas raconté que l'hellébore éphémère "rose de Noël" qui fleurit sous la neige, possède des pouvoirs magiques qui pourraient lui apporter la guérison tant espérée? 

Alors qu'il ne les connait que très peu, une seule visite en dix ans, un enfant gravement malade demande à sa mère de le laisser partir vivre chez ses grand-parents. Voyant son fils déterminé, étant trop seule pour pouvoir l'aider vraiment, elle accepte, à contre-coeur.
D'où lui vient cette impression que là-bas il sera mieux, que là-bas peut-être il guérira.
Ils sont heureux de le recevoir. 
Ils vont devoir s'apprivoiser, eux avec la rudesse de leur vie, avec leur coeur trop brut pour parler d'amour, avec juste les regard et les intonations de la voix pour dire leur affection, lui en quête de vérité, rejetant la pitié, mais voulant comprendre pourquoi lui? Qu'a-t-il fait de mal? Comme si la maladie était un châtiment.
Nous retrouvons les gens de la terre, avec pour dire "je t'aime" une tartine de confiture. Auguste, le grand-père est un doux rêveur, il redonnera à l'enfant l'espoir. Cyprienne, la grand-mère, lui donnera la volonté. Elle sera toujours à ses côtés, enfant abandonnée, elle n'a jamais appris comment aimer, et pourtant c'est la générosité et l'amour incarné.
Signol nous offre un joli moment de lecture, au coeur même du Lot dans les années 90.


Suivi d'auteurs

lundi 16 mars 2015

La fin du vandalisme

Tom DRURY
Couverture: Erwan Denis

Quatrième de couverture 

Dans le comté de Grouse, les chevaux marchent à reculons, un amant délaissé ravage la salle de bal au pied-de-biche, les tracteurs disparaissent sans explications, et les cœurs scintillent. Le shérif Dan est amoureux de la jolie Louise aux paupières qui font poink-poink. Au chaud dans leur caravane, ils s’aiment en écoutant tomber la neige. Car Grouse est de ces lieux où les flocons tintinnabulent…
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard.

Ce roman se décompose en trois parties, "Un monde de misères", "Paradis, enfer, Italie", et "Rebelle de l'amour". 
Nous découvrons dans "Un monde de misère" Dan Norman le shérif du comté de Grouse. Nous le suivons dans son quotidien, affaires de vol d'engins agricoles, accidents de la route, vandalisme d'un château d'eau. Nous faisons la connaissance de Louise, qui ne va pas tarder à divorcer, de sa mère…
Enormément de personnages, J'ai eu l'impression de me trouver dans une foire, où tout le monde se connait, mais où je n'ai reconnu personne. Je dois dire qu'avec cette première partie j'ai eu du mal à suivre… trop foisonnant pour moi, trop de noms, trop de lieux.
J'ai davantage aimé la deuxième partie, où le cercle se réduit et nous sentons les liens entre les héros se resserrer. On n'avance plus dans une rue embouteillée, mais dans la vie des gens. On sent Louise se reconstruire après son divorce, on comprend ses relations avec sa famille et ses amies. Sa nouvelle vie avec Dan. Mais aussi le malheur qui parfois frappe à la porte, sans raison.
Dans la troisième partie, nous suivrons la campagne électorale du shérif, avec ses excès. 
Il y a dans ce roman des personnages pittoresques, tout en charme dans leurs défauts. Des gens qui nous font sourire, des êtres qui rêvent, voyagent sans quitter le comté. Des anonymes du quotidien qui parfois sont lâches, parfois sont généreux et altruistes, un peuple qui avance sûrement, mais ne marche pas vraiment. 
Je remercie Partage lecture et les éditions Points (et Gwenaëlle Medici) pour ce partenariat.

Partenariat






samedi 14 mars 2015

Ce que vivent les hommes — Les printemps de ce monde (tome 2)

Couverture: Claude Monet
Quatrième de couverture 

Été 1939. Au Pradel, François et Aloïse Barthélemy, aidés de leur fils aîné, continuent de travailler la terre familiale. Depuis longtemps, les cadets se sont dispersés : Mathieu fait prospérer un domaine en Algérie avec femme et enfants. En Suisse, Lucie tremble pour son époux allemand et pour leur fils. Charles et sa fiancée Mathilde, tous deux instituteurs, ont été nommés à quelques centaines de kilomètres. Quant à Louise, la benjamine, elle rêve de devenir missionnaire en Afrique. Il est bien loin le temps heureux de leur enfance où ils accueillaient des « cherche-pains » pour leur faire partager le peu qu'ils avaient... Mais une même force continue de les porter chaque Noël vers cette terre du Pradel où on se ressource, dont on rêve lorsque la réalité est trop douloureuse et où l'on vient mourir.
La guerre arrive, qui va infléchir le cours de leur vie comme elle a infléchi celle de tous ces Français qui ont traversé le XXe siècle en aimant, en souffrant, et en suivant l'évolution de la société qui a glissé inexorablement des campagnes vers les villes, jetant bas le « vieux monde », celui qui, aujourd'hui, achève de s'enfoncer dans les marécages du temps.

"François,murmura-t-il, cette fois , il a vraiment changé, le monde"
Ils ont vécu, toujours avec autant de courage et d'abnégation. Nous vivons avec la famille Barthélémy et sa descendance pendant la seconde guerre mondiale, la résistance, la guerre d'Algérie et le retour au pays des pieds-noirs. Les évènements de 1968 aussi… Leur monde a effectivement changé, il n'existe plus.
C'est une vision très riche de l'histoire et de tous ces évènements vécus par les gens de la terre, par les paysans, devenus pour certains enseignants, mais pour beaucoup aussi ouvriers. 
Signol possède ce talent, ses romans sont un devoir de mémoire à ce que furent nos ancêtres. 
Suivi d'auteurs


vendredi 13 mars 2015

Ce que vivent les hommes — Les Noëls blancs (tome 1)

Couverture: Igor Emmanuilovic.

Quatrième de couverture

Les Noëls blancs, ce sont ceux dont se souviendront François, Mathieu et Lucie Barthélémy, en repensant à leur enfance, là-bas, aux confins de la Corrèze et du Puy-de-Dôme, dans ce haut pays aux hivers rudes. 
Ils y ont grandi avec le siècle. Auguste, le père, et Elise, la mère, travaillent une terre qui ne leur appartient pas. À douze ans, François doit abandonner l'école pour devenir garçon de ferme. Un peu plus tard, la mort brutale du père contraint Lucie à se placer comme domestique, tandis que Mathieu tente sa chance en Algérie. Ainsi sont-ils jetés au coeur de tous les tourments du siècle.

C'est au tout début du siècle que commence la saga de la famille Barthélémy. 
Comme souvent Signol nous raconte les gens de la terre, qu'elle leur appartiennent, qu'ils soient fermiers ou métayers, c'est le travail dur, terrible de la terre, en scrutant le ciel et ses terribles intempéries.  C'est aussi la fin d'une époque que retrace l'auteur, l'instituteur à parlé de changements à l'école: "Il nous a dit que ce siècle apporterait de grands changements et je ne vois rien." et si François et Mathieu, scrutant l'horizon en ce premier janvier 1900 ne voient rien, c'est qu'ils les vivront.
Pauvreté, malgré le dur labeur, s'en sortir, toujours en comptant et surtout vouloir pour ses enfants un mieux, un plus, sans trop savoir vraiment où se situe ce mieux. Saisons après saisons, moments de joies et de tristesses, l'horreur de la première guerre mondiale, les trois enfants auront des destins très différents, mais conserveront dans leur coeur le "Pradel" de leur enfance et les Noëls blancs.
Suivi d'auteurs

jeudi 12 mars 2015

Les Chênes d'or

Christian SIGNOL
Couverture: peinture de Georges Lacombe.

Quatrième de couverture

La terre, Mélina la connaît depuis toujours. Dès l'enfance, son père lui a fait découvrir tous les secrets de la truffe, cette "demoiselle noire" qui pousse sous les chênes des forêts périgourdines.
Mais cet amour profond de la nature et des bois n’empêche pas une question de la hanter: pourquoi sa mère n'est-elle plus là? Qui a allumé l'incendie où elle a péri? Lorsqu'elle en parle, son père devient comme fou. Il prend son fusil, s'en va sous les chênes et tire...
Portrait d'une femme solitaire, fière et blessée, ce nouveau roman de l'auteur de "Bleus sont les étés" est une quête de la vérité: vérité du passé, vérité d'un destin; vérité profonde, aussi, émanant de cette terre dont Christian Signol sait merveilleusement nous faire sentir les secrets, gages d'une sagesse ancestrale.

Quand nous rencontrons Mélina Fontanel, c'est une toute petite fille qui s'accroche à la veste de son père. Elle a si peur de le perdre, c'est sa seule famille. Elle ira à l'école et aura la chance de rencontrer une de ces fabuleuses enseignantes, et surtout d'être aimée et de pouvoir grandir, puis "se placer" comme on le faisait à l'époque.
Ce qui a manqué à la petite Lina, c'est une mère, une maman pour calmer ses peurs, et plus que tout au monde elle veut devenir mère.
Toute sa vie tournera autour des truffes, des terres et d'un travail colossal pour tout entretenir. Elle voudra percer le secret de sa mère, trop tôt disparue et de façon très étrange. 
Les trahisons, les ragots, la jalousie, traversent sa vie sans vraiment l'atteindre. Elle n'est pas orgueilleuse, la méchanceté des gens ne la concerne pas. Elle poursuit sa route, telle une mère courage, les souvenirs dans le coeur et les yeux tournés vers l'avenir.
Sylvain Montalban, son fils né d'une seconde union nous raconte le parcours de cette femme hors de commun. Ses espoirs, ses désirs, ses peurs mais surtout son amour pour cette terre parfois si ingrate, pour la culture de la truffe noire. Cette femme est pure, sans haine, sans regret, sans vengeance jamais. 
Un agréable moment de lecture.
Suivi d'auteurs


samedi 7 mars 2015

La petite marchande de prose

Daniel PENNAC
Couverture: Tardi

Quatrième ce couverture

"L'amour, Malaussène, je vous propose l'amour !" 
L'amour ? J'ai Julie, j'ai Louna, j'ai Thérèse, j'ai Clara, Verdun, Le Petit et Jérémy. J'ai Julius et j'ai Belleville …
"Entendons nous bien, mon petit, je ne vous propose pas la botte ; c'est l'amour avec un grand A que je vous offre : tout l'amour du monde !"
Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai accepté. J'ai eu tort.
Transformé en objet d'adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d'un best-seller dont il est censé être l'auteur.
Vol de manuscrit, vengeance, passion de l'écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, "La petite marchande de prose" est un feu d'artifice tiré à la gloire du roman. De tous les romans.

C'est la troisième fois que je partage la vie de la tribu Malaussène. Grâce à son incroyable talent de narrateur Pennac nous emmène dans un monde toujours aussi surréaliste. 
Pour ne pas perdre les lecteurs, la reine Zabo demande à mon "bouc-émissaire" préféré de changer d'emploi, il devient l'incarnation d'un auteur à succès, le fameux J.L.B. .
Rien de bien méchant, répondre à des interviews, faire des photos, une conférence.
C'est sans connaitre Benjamin… Les amours, les assassinats, un soupçon de politique corrompu, un gros morceau de flics obtus, un doigt de policiers honnêtes, un zeste de médecin amoral, une pincée de médecin intègre…et une tribu au multiples origines, on obtient un cocktail déjanté.
C'est rapide, les évènements s'enchainent, on souffre, on a mal, on a peur, on rit.
On découvre aussi la triste histoire de "La petite marchande de prose", on aime tous (ou presque) les personnages. 

vendredi 6 mars 2015

Sang blanc

Noémi KRYNEN

Quatrième de couverture 

Alors qu'une série de meurtres teinte de rouge la si belle campagne enneigée du Vercors, Édouard, dentiste, revient dans son village après la mort de ses parents. Il y retrouve Renaud, un vieil ami d'enfance, et se lie avec Anna, une jeune serveuse. Édouard pensait connaître ses parents, mais il n'est pas au bout de ses surprises... Ce séjour qui ne devait être qu'une simple formalité administrative va peu à peu glisser vers l'abîme du passé et bouleverser définitivement son avenir…

Cassandra fête son bac en compagnie de Julie et de Claire. Edouard vient d'apprendre le décès accidentel de ses parents, il ne les a pas revus depuis son départ en fac de médecine, dix ans plutôt.
On sent bien que Cassandra, avec son top à paillettes et ses cheveux décolorés n'est pas très sûre d'elle, on a envie de lui dire…"Fais attention ma grande, prend garde à toi!". 
Édouard dans le train se souvient, Cassandra sort seule de la boite de nuit, en pleine nature. Quand les deux histoires vont-elles se croiser? Édouard ne ressemble pas au "mec" qui drague Cassandra. Édouard n'aime pas les blondes décolorées…Et pendant que l'auteur nous entraine au rythme du train dans le Vercors natal d' Édouard Chenavier, nous découvrons ce jeune trentenaire, devenu dentiste, qui se demande pourquoi il n'est jamais revenu au pays.
J'ai suivi les deux parcours avec intérêt, j'ai trouvé l'écriture agréable et le style facile à lire…J'étais prise par ma lecture, oubliant les minutes, voulant connaitre la suite. Jusqu'au moment où les deux héros se sont retrouvés, le moment où j'ai compris. J'ai donc été "déçue", et en même temps j'ai trouvé la chute tellement logique. J'ai trouvé les personnages bien campés, avec leurs failles et leur force. 
Merci à Joël Maïssa et aux éditions Taurnada pour cet agréable moment de lecture.


jeudi 5 mars 2015

Petits oiseaux

Yôko OGAWA
Couverture: Jérôme Bosch

Quatrième de couverture

Il est le seul à pouvoir apprendre la langue pawpaw afin de communiquer avec son frère aîné, cet enfant rêveur qui ne parle que le langage des oiseaux, n'emploie que ces mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains. 
Après la mort de leurs parents, les deux hommes demeurent ensemble dans la maison familiale. D'une gentillesse extrême, l'aîné, qui ne travaille pas, se poste chaque jour tout contre le grillage de la volière de l'école maternelle. Peu à peu, la directrice remarque son calme rassurant pour les oiseaux, sa façon subtile de les interpeler, et lui confie l'entretien de la cage. 
Quant au cadet, régisseur de l'ancienne résidence secondaire d'un riche propriétaire du pays, le jardin de roses, les boiseries des salons, la transparence des baies vitrées sont à la mesure de son attachement pour les lieux de mémoire. 
Parfois, les deux frères décident de "partir en voyage" . Valises en main, ils font halte devant la volière. Ravis de palabrer avec les moineaux de Java, les bengalis ou les canaris citron, ils oublient dans l'instant tout projet de départ. Un jour pourtant le calme du quartier semble en danger, une enfant de l'école disparaît. 
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.

C'est par la mort de notre héros "le monsieur aux petits oiseaux" que ce texte commence. Yôko Ogawa va retracer le destin plutôt triste de cet homme dont j'ai oublié le nom. A-t-il seulement un nom? Il a une mère, qui meurt alors qu'il n'est qu'un petit garçon, mais elle lui a laissé le si lourd fardeau que de veiller sur son grand frère. Leur père est absent, comme s'il se sentait responsable du handicap de ce fils ainé, il finit par mourir noyé. Cet ainé n'est pas un enfant comme les autres, il ne communique qu' avec les oiseaux, mais son cadet comprend. Tous les deux ils échangent en "pawpaw". Ils iront tous les mercredis acheter une sucette, jusqu'au décès de l'ainé. Parce que toute sa vie il s'occupera de son ainé, il ne vivra qu'en fonction des besoins de ce frère, il passera à côté de sa vie. Pourtant il fait de jolies rencontres, la directrice d'école, la bibliothécaire, l'homme aux insectes…Mais peu habitué aux dialogues, il laisse passer ces amitiés .
Un enfant disparait, alors "on" le regarde de façon bizarre, juste parce qu'il vit en solitaire. C'est un ouvrage très poétique. Il met en avant ce lourd fardeau qu'est pour une fratrie un enfant différent. Il parle aussi d'oiseaux, d'écoute et d'amour, mais tout en pudeur.

mardi 3 mars 2015

Vieux, râleur et suicidaire- La vie selon Ove

Fredrik BACKMAN
Couverture: Laurence Verrier

Quatrième de couverture

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Au chômage, il fait des rondes pour relever les infractions des habitants du quartier, jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Mais l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné va contrecarrer ses plans. Interrompant sans le savoir ses différentes tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie !
Traduit du suédois par Laurence Mennerich.

Alors qu'il n'a que cinquante-neuf ans, Ove est mis à la retraite d'office. Alors il fait des rondes matinales dans le lotissement où il vit depuis une quarantaine d'années. Il se sent inutile, il y a peu il a perdu Sonja, son épouse, alors forcément il est seul. Il décide, non pas vraiment de se suicider, mais de rejoindre son épouse. La nuance me parait importante, mais elle ne l'est peut-être que pour moi.
C'est avec bonheur que j'ai suivi Ove, traversé son enfance, rencontré Sonja. Si je souris parfois, si j'ai le coeur gros (!!! pour ceux qui lisent ma chronique après avoir lu le livre!!!) à certains moments, l'auteur reste toujours très sobre, comme son héros. Ove s'étale peu sur a vie: juste il raconte. Et tout ces gens, et ce chat, qui semblent tant avoir besoin de lui qu'il ne peut que remettre au lendemain son funeste projet. 
J'ai beaucoup aimé ce temps passé avec Ove, j'ai aimé les personnages secondaires, tous ayant des caractères bien définis. Une lecture tendresse, une lecture nostalgie, une lecture bonheur.

dimanche 1 mars 2015

Des femmes disparaissent

Christian GARCIN

Couverture: Guillaume Bonnefont.

Quatrième de couverture

Ce soir de juillet, dans un bar enfumé de Guangzhou, le détective privé Zuo Luo se sent soudain vieux et triste. Tout a commencé avec le souvenir de la belle et douce Sesuko. Submergé par une vague de mélancolie, l’imperturbable Zuo Luo se surprend à remuer un passé aussi lumineux que douloureux. Et pour redonner un sens à son existence, il décide d’enquêter sur les trois femmes qui ont marqué sa vie.


J'aimerai qu'il soit plus nombreux, les hommes comme Zhu Wenguang alias Zuo Luo, ou encore Zorro. Par l'intermédiaire de son ami "Bec de canard", des jeunes femmes achetées puis maltraitées par leur mari font appel à lui. Il va les chercher pour les ramener vers leur famille, qui hélas sont bien souvent à l'origine de ses ventes.
Zuo Luo possède un physique de sumo, le chignon en moins, il est taciturne et c'est un combattant rusé et invulnérable. 
Nostalgie, tristesse… et il se souvient des trois femmes qui ont marquées sa vie. Zhen Leyun, un doux souvenir d'enfance, dont la famille fut massacrée, Yatsunari Sesuko, belle jeune femme, cloîtrée dans un temple bouddhiste, et son seul véritable amour, Yang Cuicui. 
Il va partir à leur recherche, et nous allons avec lui à New-York, puis au Japon.
Très étonnante que l'écriture de Garcin. Il entre dans le cerveau de son héros, et pendant une action, les pensées sont souvent très loin ailleurs … Nous vagabondons avec Zuo Luo sans perdre le fil de son action! Pendant cette enquête atypique, du 7 juillet au 4 août, Zhu raconte des légendes, des histoires, brèves, authentiques ou édifiantes, avec des accompagnements musicaux.
Une fois le rythme pris, la lecture est agréable et fluide. 
Un très bon moment de lecture.
Merci à Partage lecture et aux éditions Points pour ce partenariat.
Partenariat

La bonne couleur

Yaël HASSAN

Quatrième de couverture

Nouvelle nuit d’angoisse et d’insomnie. Mais c’est l’heure. Max a la gorge sèche et les tripes nouées. Plus que quelques secondes… Il compte. Six, cinq, quatre, trois, deux… Il ferme les yeux, il voudrait mourir, disparaître à jamais. Difficile de se lever lorsqu’on ne porte plus l’uniforme rouge ou violet de l’élite et que l’on est rétrogradé chez les bruns. Surtout quand le régime totalitaire au pouvoir ne tolère ni l’échec ni la liberté d’expression. Max doit affronter les humiliations du lycée mais il ne regrette rien. Ce qui compte, c’est ce à quoi il aspire en secret… La liberté, le plus beau des combats!

C'est une lecture simple et limpide, elle s'adresse à un jeune public, elle soulève le douloureux problème des dictatures, des libertés d'expression, des libertés de s'aimer, de choisir ses amis…
On peut voir parfois des images qui nous paraissent surréalistes de populations quasi militarisées, qui d'une seule voix adulent leur "guide". Max est au coeur même d'un système de ce genre. Parce qu'il rencontre un dissident, il va être mis à l'index. Nous allons avec lui découvrir des opposants au régime, leur façon de faire et surtout leur volonté de réveiller le peuple sans faire couler le sang.