jeudi 31 décembre 2015

Une bonne année


À vous, qui avez la gentillesse de venir me lire,
à vous qui laissez des commentaires, 
qui me font plaisir, m'enrichissent, et me donnent envie de continuer,
à toutes les personnes, anonymes qui passent, sans faire de bruit,
je souhaite une bonne année, de belles lectures, et beaucoup de tendresse.

dimanche 20 décembre 2015

Madame la marquise (2) Le retour

Keira QUINSLEY

Quatrième de couverture

Enfin le retour tant attendu de la Marquise !
Savourez la suite de "Madame la Marquise, Save My Soul", ex "I'm a Bitch
… So What?"
Ava se retrouve seule à gérer le site imabitchsowhat.com, et ce n'est pas une sinécure. Elle n'a que deux bras, et les retards, comme les mécontentements de lecteurs, s'accumulent. La Marquise a disparu, et même Tommy ne l'a pas revue... Comment faire pour la retrouver?
Peut-être en cherchant sa trace physique? Après tout, Victoire-Alexandrine de Lance, Marquise de L'Épine, doit bien être enterrée quelque part…

Elle nous revient, un peu moins godiche, mais pas encore très sûre d'elle, notre charmante Ava, elle a encore besoin de la Marquise. Mais voilà, Victoire-Alexandrine a disparu, ou plutôt, n'apparait plus. Que lui est-il arrivé? Elle est déjà morte, certes, mais se pourrait-il qu'elle ait besoin d'aide, qu'elle soit coincée quelque part entre le ciel et l'enfer? 
La princesse de la Lance est plus humaine, plus proche de nous dans ce tome. On sent ses blessures et sa détermination. 
Dans ce roman, Keira Quinsley aborde des sujets tels que le harcèlement, le viol commis sous l'effet de la drogue du violeur, la façon de riposter, de se défendre, ou au moins d'essayer.
J'ai adoré la façon dont Ava s'occupe des "frotteurs". J'ai même imaginé que nous pourrions toutes prendre le métro ou les transports en commun armées de gants (gants en caoutchouc, que nous porterions visibles sur nos sacs à main, comme un accessoire de mode!!!). 
Mais c'est surtout une lecture détente, l'argent que possède Ava lui sert uniquement à aider les gens qu'elle aime. C'est une jeune femme sympathique, et ses problèmes sentimentaux ne sont pas bien graves, il faut juste attendre le tome trois pour qu'elle murisse encore un peu.
Je remercie Lisa de Rokh éditions pour cette offre.


vendredi 18 décembre 2015

Sale gosse

Stephen KING
Quatrième de couverture

"Souvenez-vous, ça revient sous les traits d'un enfant…"

Un gamin diabolique qui provoque immanquablement la disparition de vos proches, un sale gosse qui a conduit le comptable George Hallas dans le couloir de la mort. Et qui pourrait bien un jour croiser votre chemin…


J'ai retrouvé le calme de l'écriture de King, celle qui vous entraine malgré vous au plus profond du mal. Rendre un enfant antipathique, et un condamné pathétique! Raconter cette histoire à son avocat, même commis d'office, n'est-ce pas la possibilité de la faire perdurer… que ce petit garçon puisse continuer de vivre, d'exister et d'être maléfique.
L'histoire est bien trop courte, la fin bien trop ouverte pour qu'une suite ne soit pas envisageable. J'attend donc, qu'un jour ou l'autre maître Bradley affront ses propres démons! J'attend la suite!


jeudi 17 décembre 2015

Une vie de lumière et de vent

Christian SIGNOL

Quatrième de couverture

Jean, l'enfant trouvé, a été élevé par un couple de bergers analphabètes, frustes et superstitieux. Le service militaire va heureusement le sauver de cet enfer. Avec l'aide d'un instituteur, il apprend enfin à lire et écrire, découvre la chaleur d'un vrai foyer. Puis ce sera la « drôle de guerre » aux frontières de l'Est, et la débâcle. Le début d'une longue errance qui ramène Jean vers le Sud, jusqu'à sa rencontre avec Joseph, son ami, son double, et Dorine, un cœur simple, tombée éperdument amoureuse du jeune homme. Mais alors que la guerre se rapproche, Jean pourra-t-il échapper à son destin ?

C'est la vie de Jean Dolin, enfant oublié de tous, de sa mère, de ses parents adoptifs, de la république qui l'a placé sans se soucier de lui. Un enfant qui vit dans la peur, dans la solitude. Il part faire son service, rencontre Julien, instit mobilisé comme lui, qui va l'aider, lui apprendre à lire, lui faire découvrir la chaleur d'un foyer, être un frère pour lui…Puis c'est la débâcle, la rencontre avec Joseph, avec Dorine. Elle a un besoin vital de lui Dorine… 
Il fallait que ça arrive, je n'ai pas apprécié ce roman, je n'y ai pas trouvé la lumière que j'aime tant chez l'auteur. Je n'ai pas trouvé cette petite lueur d'espoir qu'il sait d'habitude diffuser. J'ai suivi cette vie triste, trop de coeurs fermés, trop de non dit.

Kirinyaga

Mike RESNICK
Couverture: François Baranger
Quatrième de couverture

Kirinyaga, c'est le nom que portait le mont Kenya lorsque c'était encore la montagne sacrée où siégeait Ngai, le dieu des Kikuyus. C'est aussi, en ce début du XXIIe siècle, une des colonies utopiques qui se sont créées sur des planétoïdes terraformés dépendant de l'Administration.
Pour Koriba, son fondateur - un intellectuel d'origine kikuyu, qui ne se reconnaît plus dans un Kenya profondément occidentalisé -, il s'agit d'y faire revivre les traditions ancestrales de son peuple.
Tâche difficile. Que fera Koriba, devenu mundumugu, c'est-à-dire sorcier de Kirinyaga, quand une petite fille surdouée voudra apprendre à lire et à écrire alors que la tradition l'interdit ? Ou lorsque la tribu découvrira la médecine occidentale et cessera de croire en son dieu, et donc en son sorcier ? L'utopie d'une existence selon les valeurs du passé est-elle viable dans un monde en constante évolution ?
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis et Pierre-Paul Durastanti.

La version que je viens de lire se compose de huit nouvelles, un prologue, un épilogue et une postface de l'auteur pour Kirinyaga, puis de huit nouvelles pour Kilimandjaro.
Je n'ai pas eu l'impression de lire des nouvelles, mais un roman. Les nouvelles se succèdent tels des chapitres.
Si ce roman se passe dans un futur lointain, si les personnages évoluent dans une "terraforme" crée pour réaliser des utopies, le monde crée par Koriba et ses adeptes n'a rien de futuriste.
Fanatique, ancien et brillant intellectuel, Koriba façonne un monde tel qu'il le souhaite, en refusant toute intrusion des blancs, des européens. Il semble vouloir adorer Ngai, son dieu créateur en laissant le peuple dans l'obscurantisme. Bien des questions sont posées, un peuple peut-il survivre, continuer à avancer sans évoluer? (C'est assez facile, quand on est le seul à disposer des moyens modernes, d'être un mundumugu -sorcier-)
Des femmes, "bêtes de somme", auxquelles au nom de la tradition on refuse l'apprentissage de la lecture. Des hommes n'ayant pas d'ennemis, pas de projet, pas d'effort à faire pour protéger leur famille, leur tribu. 
Tirant parti des erreurs de Koriba et du peuple Kikuyu, les Massaïs vont aussi créer une terraforme, Kilimandjaro.
J'ai vraiment passé un très agréable moment en lisant ce texte plutôt bien écrit. Les personnages sont tous attachants, crédibles. L'auteur nous offre une réflexion, remet en question certaines idées reçues.
Si je devais choisir entre ses deux utopies, je préfèrerai vivre sur Kilimandjaro. 

mardi 15 décembre 2015

A silent voice

Yoshitoki OIMA

Quatrième de couverture

Shoko Nishimiya est sourde depuis la naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle fait de son mieux pour dépasser ce handicap, mais malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Tour à tour psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes... jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. Ce jour-là, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusqu’ici ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…
Traduction de Géraldine Oudin
Adaptation graphique de Hinoko.

Je n'ai jamais aimé lire les bandes dessinées. Les Asterix, que j'achète systématiquement lors de leur sortie ne font le bonheur que de mes enfants et de leur père et aujourd'hui peut-être celui de mes petits-enfants. J'ai toujours trouvé Tintin misogyne, et je ne le regarde que de loin…Oui, j'avoue, même les grands classiques, ceux considérés comme des chefs d'oeuvre m'ennuient au bout de quelques pages. Je leur préfère les dessins humoristiques tel "le chat" qui par leur forme courte n'ont pas le temps de me lasser.
Donc ce manga était pour moi un vrai défi.
L'histoire parlant du harcèlement et de l'intégration en milieu scolaire, puis dans la vie tout court est intéressante. J'imagine que si ce premier tome leur plait, j'achèterai les autres pour mes petits-enfants et leur père, mais je n'irai pas jusqu'à les lire. Le manga en lui même ne fait pas parti des arts graphiques que j'aime. Je trouve étrange que des asiatiques dessinent des yeux aussi ronds , et je remercie Alexandre de ses explications.
En revanche, si elle m'a déroutée au début, la lecture de droite à gauche ne m'a pas gênée.

Lecture commune novembre/décembre 2015

Le retour du professeur de danse

Henning MANKELL

Quatrième de couverture

Décembre 1945. Dans l'Allemagne vaincue, un passager solitaire descend d'un avion militaire britannique et se rend à la prison de Hameln. Là, il procède à la pendaison de criminels de guerre nazis. Mais l'un d'eux a échappé à son sort. 
Octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, un policier à la retraite, est torturé à mort. Dans sa maison isolée, les empreintes sur le parquet semblent indiquer que le tueur a esquissé un tango sanglant avec sa victime. Ici, ce n'est plus le commissaire Wallander qui mène l'enquête. Au même moment, à l'autre bout de la Suède, le jeune policier Stefan Lindman apprend deux mauvaises nouvelles : il a un cancer et son ancien collègue a été assassiné. Pour tromper son angoisse, il décide de partir dans le Härjedalen et d'enquêter lui-même sur ce meurtre. Or, les ombres d'un passé très noir se sont réveillées. Elles ont frappé. Elles vont frapper encore et encore. Stefan a peur. Mais il est jeune, malade. Il ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il n'a rien à perdre.
Traduit du suédois par Anna Gibson.

Dès le prologue nous savons: un meurtre commis quelques quarante cinq ans plus tard aura un lien avec le nazisme.
S'il n'avait pas appris qu'il avait un cancer, s'il n'avait pas eu besoin de s'occuper l'esprit pour ne penser ni à son futur traitement, ni à l'issue peut-être négative de sa maladie, Stefan Lindman ne serait sans doute pas parti à Sveg. Pour ne plus penser à son quotidien, à sa compagne, il se joint aux enquêteurs, restant tout de même discret. Il ne s'ingère pas, il écoute, pose les bonnes questions.
Il va affronter le nazisme passé et l'histoire hitlérienne de la Suède, mais aussi découvrir que ces idées sont plus que jamais vivantes dans son pays.
Mankell fait vivre son héros, avec cette peur de la maladie, cette inquiétude qui se veut indifférence, cette faiblesse en lui, puis les sursauts pour lutter. L'aide discrète qu'il trouve autour de lui auprès d'inconnus est appréciable.
J'ai été un peu déstabilisée par le tutoiement systématique. Mais j'ai aimé la façon dont Mankell fait évoluer ses personnages, décrits les lieux et les évènements.

Lecture commune novembre/décembre 2015

dimanche 13 décembre 2015

Dust

Sonja DELZONGLE
Couverture Stanislas Zygart
Quatrième de couverture

Quelque part en Afrique, la mort rôde...
2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s’amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d’une longue série.
2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.
Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s’emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l’envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d’albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.


Hannah Baxter est profileuse elle travaille pour son compte. Collins, un ami policier qu'elle a déjà assisté par le passé lui demande son aide . Voilà deux ans en effet qu'un tueur opère à Nairobi, ne laissant que des croix de sang pour indiquer ses assassinats.
Mal accueillie par l'équipe, elle réussit cependant à trouver sa place. Elle découvre très vite comment les corps disparaissent… En parallèle, Collins enquête plus ou moins officiellement sur des agressions et enlèvements d'albinos. Meurtres sordides et sadiques, amputations en pleine rue, les albinos sont victimes de l'intérêt qu'ont les sorciers pour des poudres fabriquées avec les organes, les os, ou toutes parties du corps, ils représentent une vraie fortune pour leurs agresseurs.
Sorcellerie, sacrifices, trafic d'êtres humains, c'est un roman noir. L'auteur s'appuie sur des faits réels, le chasse aux albinos existe bel et bien…son amulette "Invictus", ses visions, ses perceptions aident Hannah Baxter dans son travail de profileur… 

jeudi 10 décembre 2015

Bingo's Run

James A. LEVINE

Quatrième de couverture

Bingo est le coureur à pied le plus rapide de Nairobi, et sans doute du monde. A quinze ans, il en paraît à peine dix et il est si rapide qu'il parvient à ne pas se faire remarquer par les policiers corrompus quand il court livrer leurs doses de drogue aux clients de Wolf, son boss. 
Après avoir été le témoin du meurtre du plus gros dealer de Nairobi, il trouve refuge dans un orphelinat dirigé par un prêtre à la tête d'activités aussi lucratives que malhonnêtes. Mêlé malgré lui à une lutte entre parrains de la pègre, sa vie déjà risquée devient bien plus dangereuse encore. Pour s'en sortir, Bingo aura besoin d'alliés comme Slo-George, son ami de toujours, ou encore Thomas Hunsa, un artiste génial mais fou. Et il devra surtout apprendre à compter sur les autres autant que sur lui-même.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laurent Bury.

Une trentaine de pages pour que je trouve la musique de ce texte, pour que j'assimile le tempo, et ensuite j'ai eu un mal fou à le lâcher. 
J'étais pressée de retrouver Bingo Mwolo, le narrateur. Ce jeune garçon, orphelin, livré à lui même, "atteint d'un défaut de croissance", qui court pour survivre, pour livrer des doses de poudre, pour échapper à la police. Il joue de sa taille et malgré ses quinze ans il parait n'être qu' un enfant, n'hésite pas à se faire passer pour un débile, un simple d'esprit. Mais il a gardé de son enfance des contes, des histoires racontés par "vieux père", des préceptes inculqués par sa maman sauvagement assassinée, s'il sait compter, si bien compter, c'est grâce à son père. Non, Bingo n'est pas n'importe quel gamin, et s'il vit dans un milieu sordide, il saura en tirer le meilleur. 
Parfois triste, parfois amusant, jamais banal. Nous traversons Nairobi, les bidons villes et dépôts d'ordures qui entourent le métropole. La corruption, la pauvreté, et l'espoir aussi.
Une femme, une maman, la solitude, un rêve, la fortune, l'Amérique Bingo saura-t-il comprendre les nuances. Un moment de lecture aussi agréable qu'inattendu!

mardi 8 décembre 2015

Purgatoire des innocents

Karine GIEBEL


Quatrième de couverture

"Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux.
Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux.
Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang.
Deux morts et un blessé grave.
Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces. "

"Je m'appelle Sandra.
Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide.
Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là… "

"Je croyais avoir trouvé le refuge idéal.
Je viens de mettre les pieds en enfer."

"Quelque chose qui marche et qui parle à ma place.
Et son sourire est le plus abominable qui soit…"

C'est une descente aux enfers, et non pas au purgatoire que Giebel nous offre. Elle écrit bien, elle écrit vrai, elle fait mal. Elle nous fait mal, parce que tout est possible, tristement, horriblement possible, si humain dans l'inhumanité!
Raphaël et William, deux frères, deux gangsters, l'ainé, pas un tendre, le cadet, moins aguerri, certes, mais voulant tellement imiter son grand frère, ce héros qui a remplacé le père déserteur.
Une femme, un mystère, une victime? un bourreau?… qui est Sandra…qui non seulement laisse faire, mais assiste, aide… mais parfois soigne, panse les plaies.
Un bourreau sordide, deux gamines pas encore tout à fait sorties de l'enfance.
L'auteur joue avec nos nerfs, torture notre esprit, flagelle notre coeur. Inutile de laisser ce roman de côté, notre cerveau veut malgré nos tourments savoir…comprendre…et parfois, que ça cesse enfin…




dimanche 6 décembre 2015

L'orange de Noël

Michel PEYRAMAURE


Quatrième de couverture

"Une orange, je n'avais jamais espéré en trouver une, comme tombée de la hotte du Père Noël ou de ses grandes mains de vieillard. Et voilà que Cécile vient de déposer devant moi ce don merveilleux. Mon orange. Mon fruit de soleil et de givre."

À la fin de l'été 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste. Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école catholique, elle est accueillie comme le diable en personne. Nul doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l'école sans Dieu et ses suppôts. Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, gagne la confiance du village et voit se peupler son école.


C'est juste avant la première guerre mondiale que ce roman se passe. On y voit l'installation d'une jeune femme, enseignante, plutôt indépendante et moderne dans un petit village où le curé règne encore en maitre. Une gamine, sauvage et inculte (la narratrice) , va se révéler et s'épanouir.
Je suis amatrice de roman de terroir, de roman qui nous parle de l'évolution des mentalités, des luttes des femmes pour arriver à se libérer du joug et des préjugés, de l'instruction donnée au peuple. J'ai l'impression d'être restée en dehors, je n'ai pas su apprivoiser les personnages. Je n'ai été que spectatrice. 
Une petite déception donc.

vendredi 4 décembre 2015

Satan était un ange

Karine GIEBEL
Couverture Axel Mahé
Quatrième de couverture

Tu sais Paul, Satan était un ange... Et il le redeviendra.
Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder.
Mettre la musique à fond pour ne plus entendre.
Tic tac...
Bientôt, tu seras mort.
Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie.
Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif qui tente d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse.
La mort est certaine. L'issue, forcément fatale.
Ce n'est plus qu'une question de temps.
Il vient à peine de le comprendre.
Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance.
Il paye le prix de ses fautes.
Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer.
L'échéance approche.
Je vais mourir.
Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents.
Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout...
Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?

Une rencontre assez improbable, un avocat d'affaire et un jeune autostoppeur que tout semble opposer. François fuit, une fuite désespérée, il fuit sa mort, il fuit sa vie. Il se retrouve seul face à ses questions, face à sa peur. Paul fuit lui aussi, mais on ne sait pas ce qu'il fuit, est-ce un délinquant? Un jeune homme qui fuit une femme? On découvrira très vite à défaut de qui il est, ce à quoi il essaie d'échapper.
Ce roman fera son entrée dans mes "romans routes". Presque un huis-clos entre deux hommes, deux générations, deux univers différents. Qu'importe ce qu'ils fuient, l'important c'est ce qu'inconsciemment tous les deux cherchent.  À travers ce qui deviendra leur cavale, ils vont apprendre à se connaître, à s'apprécier. Une étrange affection va naitre. 
Les chapitres sont introduits par des vers tirés des "Fleurs du mal". Un plus pour moi!




Le visage de Satan

Florent MAROTTA

Quatrième de couverture

"Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination. "Faites que je meure", implora-t-il en silence."

L'histoire commence le douze décembre 2012, neuf jours avant la fin du monde! Alors toutes les tentations sont là, dans ce froid Paris d'avant l'apocalypse. On défile dans les rues, on scande des slogans, pour essayer de trouver des adeptes, les antis, les pros… d'un Dieu rédempteur à un Satan sauveur.
Il est un peu rustre, Gino Paradio, ce privé, ex policier, ex alcoolique. Il n'est pas très convaincu de prendre l'affaire que Sibylle Pech lui propose, prouver que son mari mort d'une crise cardiaque a été assassiné! Mais elle promet de lui donner Camarone, Enzo Camarone, l'assassin de ses parents. Un meurtre semblant s'inspirer de rites sataniques, un tatouage découvert dans le compte rendu d'autopsie de Walter Pech, et Gino va plonger dans les milieux de la magie noire, de la magie blanche, de l'ésotérisme. Aidé de Morgane, une jeune femme initiée à l'ésotérisme et pratiquant la magie blanche, les yeux vairons, il va mener son enquête.
Les meurtres se succèdent, ils correspondent à certains rituels. On oscille parfois, entre les rites sataniques et les hallucinations de Gino, encore en sevrage. 
Il est émouvant Gino, entre son désir de vengeance et son refus d'être comme les tortionnaires. J'ai aimé cette dualité, ces efforts faits pour ne pas tomber dans le piège d'abattre les "méchants". Il est aidé par la douce Morgane, par le visage de sa soeur ou de ses parents qu'il voit parfois en rêve. Ne pas tomber de l'autre côté.
Une découverte pour moi, un bon moment de lecture, un héros sympathique, et un Satan satanique!

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


dimanche 29 novembre 2015

Infidèles

Abdellah TAÏA
Couverture: Denis Dailleux.
Quatrième de couverture

Slima est prostituée. Son fils, Jallal, lui ramène des clients, des soldats de la base militaire de Salé au Maroc. Dans cette nuit sans fin qu'est leur existence règne une déesse venue d'Amérique. Blonde, du "feu sur sa tête", elle s'appelle Marilyn Monroe… S'inspirant de son mystère, Jallal et Slima, séparés par l'hypocrisie des hommes, vont s'inventer un destin dans une foi inédite en l'Islam.

La lecture de ce roman me laisse un goût amer. Un enfant parle à sa mère, elle ne lui répond pas, j'ai même cru qu'elle était morte… Puis la mère adoptive de Slima raconte sa fille, et pendant que cette vieille femme parle, j'ai la douloureuse impression que le destin de Slima était tout tracé. D'abord domestique de sa mère, elle deviendra prostituée. Pas de choix, pas d'espoir. Rejetée par ceux qui se servent d'elle. J'ai la douloureuse impression que les clients de Slima "s'occupent" aussi de Jallal, qu'elle sait et ne dit rien, ne fait rien. 
Entre-eux, pour les rapprocher, "la rivière sans retour", et Marilyn…
Après trois ans de prison et de torture, Slima rejoint son fils en Egypte. Il a grandi, ils ne se retrouvent pas vraiment. Avant de mourir, Slima s'est mariée, son mari belge offre un toit et de quoi survivre à Bruxelles à Jallal. Mais c'est surtout la solitude que trouve notre jeune héros, et quand l'amour pointe, il ne saura pas faire le différence.
Quand on a passé toute son enfance avec Marilyn, Dieu a un tout autre visage.
Si j'ai trouvé ce roman plutôt bien écrit, je ne suis pas certaine de l'avoir apprécié à sa juste valeur.  Je l'ai trouvé parfois confus, embrouillé, et la fin me laisse pour le moins songeuse.

Je remercie Partage lecture et les éditions Points pour ce partenariat. 





samedi 28 novembre 2015

Deep winter

Samuel W. GAILEY
Couverture: Valerie Renaud
Quatrième de couverture

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants de Wyalusing méprisent Danny, le craignent et l’évitent. Aux yeux du pourri qui sert de shérif adjoint à la ville, Danny est le coupable idéal pour ce crime. Alors en quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici à Wyalusing va chavirer.
Dans cette Amérique des laissés-pour-compte, les vingt-quatre heures de traque du plus inoffensif des habitants vont exposer au grand jour la violence qui gît sous l’eau qui dort.
Traduit de l'américain par Laure Deranjinski.

Ce n'est pas l'Amérique fière et moderne que nous dépeint Samuel W. Gailey, c'est l'Amérique profonde, celle des gens humbles et simples, celle des provinces et des petits villages. 
Devenu un être fragile à la suite d'un accident qui fit de lui un orphelin, Danny est élevé par un oncle peu enclin à la tendresse. Moqué, chahuté depuis l'enfance, Danny est un être timide et effacé, sa seule amie semble être Mindy.
Le meurtre de Mindy et la traque de Danny servent de fil rouge à l'auteur pour dépeindre des hommes et des femmes avec leurs défauts et leurs qualités. Les personnages, ayant un rapport plus ou moins proche avec le héros vont se succéder, se croiser et nous allons les découvrir. L'alcoolique, son besoin de boire, d'excuses pour boire…Ces hommes qui traînent dans les bars ou autres gargotes et croient que armes et poings sont la solution pour montrer leur supériorité. Cette ignoble façon de se comporter, et ce talent qu'a l'auteur de passer de la douceur à la violence. La biche qui guide Danny à travers la forêt,  Taggart qui observe le coyote, à moins que ce ne soit l'inverse. Il n'y a pas que des gens veules, il y a aussi les couples unis par une tendre affection, des gens sincères qui aident vraiment Danny. 
J'ai aimé cette peinture d'une Amérique loin des clichés, ces tableaux qui se succèdent. 

Je remercie Partage lecture et les éditions Gallmeister pour ce partenariat.



vendredi 27 novembre 2015

Le liseur du 6h27

Jeau-Paul DIDIERLAURENT

Quatrième de couverture

Guylain Vignolles est préposé au pilon et mène une existence maussade et solitaire, rythmée par ses allers-retours quotidiens à l’usine. Chaque matin en allant travailler, comme pour se laver des livres broyés, il lit à voix haute dans le RER de 6H27 les quelques feuillets qu’il a sauvé la veille des dents de fer de la Zerstor 500, le mastodonte mécanique dont il est le servant.
Un jour, Guylain découvre les textes d’une mystérieuse inconnue qui vont changer le cours de sa vie…

J'ai passé un agréable moment en le lisant ce petit roman, j'ai aimé l'idée d'une lecture quotidienne dans les transports en commun. Certains personnages sont pittoresques et amusants. 
Un lecteur anonyme et un écrivain anonyme, chacun vivant un quotidien plutôt banal, les faire se croiser par l'intermédiaire de textes. L'un part à la recherche de l'autre, l'histoire ne nous dit pas ce qu'ils deviennent. J'ai eu l'impression de lire un début. Certes les bons sentiments sont présents, mais il manque un peu de caractère, un peu de présence à Guylain.


jeudi 26 novembre 2015

Mésaventures du paradis — Mélodie cubaine

Érik ORSENNA
Bernard MATUSSIÈRE pour les photographies


Quatrième de couverture

En 1995, Érik Orsenna part sur les traces de ses ancêtres cubains. Bernard Matussière, photographe, l'accompagne. Ensemble, ils découvrent les vestiges d'un eldoradoaussi désuet que délicieux. À Cuba, ils rencontrent Alvaro, ancien guide de la Révolution, Félix Savón, boxeur à la renommée mondiale, ou encore Teresa, monitrice de plongée désillusionnée… 
Vive le peuple cubain ! Quelle malédiction a frappé cette île dont Fidel Castro voulait faire un paradis et qui a fasciné Sartre, Beauvoir et même Hemingway?

C'est à presque cinquante ans que Orsenna décide de se lancer à la recherche de ses ancêtres cubains-lyonnais. Il part avec Matussière à la découverte de cette île, mais surtout de ses habitants et de ses fameux cousins. Mais sur une île, n'est-on pas toujours eu peu cousins?
Flattés par l'intérêt qu'un français peut avoir pour ses origines cubaines, Orsenna va découvrir Cuba grâce à d'hypothétiques cousins, ravis de montrer les paradis dont dispose l'île.
Nous ne verrons pas que les cieux bleus et la mer turquoise des Caraïbes, mais aussi la misère et le délabrement de ce rêve révolutionnaire.
Les photos sont superbes.

mardi 24 novembre 2015

Passion et conséquences

Fabiola CHENET

Quatrième de couverture

Édouard Beriley, duc de Grandsvale, est un libertin notoire. En route pour la demeure familiale, il est surpris par une averse. Par chance, il trouve refuge chez une jolie orpheline. S’il doit passer la nuit chez elle, Édouard a bien l’intention de la séduire… et de l’oublier aussitôt.
Jeune, naïve et seule au monde, Alexandra Blackwood veut croire aux belles paroles d’Édouard. Quand il l’abandonne le lendemain, la leçon est terrible… mais elle compte bien ne jamais l’oublier.
Un an plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau. Bien des choses ont changé et surtout, la rancune d’Alexandra est à son comble. Édouard, lui, ne semble se souvenir de rien. Il est même décidé à la conquérir…

Je dois être honnête, si je n'avais pas gagné ce livre, je ne l'aurai jamais lu. Mais il est entré dans ma pàl, c'était un cadeau, je ne pouvais pas le laisser de côté!
Ils sont jeunes, beaux, il est duc, riche et libertin, elle est paysanne, pauvre et sincère.
J'ai aimé Alexandra, avec son caractère entier. C'est une jeune femme droite, sincère, qui ne veut rien devoir à personne et élève son fils de la meilleure façon possible. 
Je les ai vu se rencontrer s'aimer, se déchirer. J'ai retrouvé ce côté midinette que je ne me souviens pas avoir vraiment eu…mais j'ai toujours aimé les contes de fées et les histoires qui finissent bien. C'est comme si j'avais regardé une jolie comédie en costumes, je me suis laissé portée par ce texte, avec le sourire. Un petit moment hors du temps, hors des conflits. 
Merci aux sorcières pour ce joli cadeau! 

lundi 23 novembre 2015

13 à table 2016

Françoise BOURDIN – Michel BUSSI – Maxime CHATTAM – Stéphane De GROODT – François D'EPENOUX – Karine GIÉBEL – Douglas KENNEDY – Alexandra LAPIERRE –Agnès LEDIG – Nadine MONFILS – Romain PUÉRTOLAS – Bernard WERBER


Quatrième de couverture
Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris cette année encore leur plus belle plume pour vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d'un thème : frère et soeur.
Ceux qui s'aiment, ceux qui se détestent...
Souvenirs d'enfance, vie commune, haine larvée ou avouée, à chacun sa recette.
Douze fratries à découvrir sans modération.

Ils ont de nouveau mis leur talent au service des restaurants du coeur, je dois dire que j'ai de pris un réel plaisir en lisant ces nouvelles.
Je ne ferai pas de critique pour chacune des nouvelles. Je les ai lu dans l'ordre alphabétique des auteurs, parce que c'est ainsi qu'elles sont présentées.
Ne mettez pas ce petit livre de côté, n'hésitez pas à le lire, comme moi peut-être découvrirez-vous certains auteurs, peut-être serez-vous heureux de retrouver vos favoris, et ne serez-vous pas mécontent de relire certains "boudés".


samedi 21 novembre 2015

Livre(s) voyageur(s)

de Beata Umubyeyi Mairesse


Je vous propose de faire voyager ce petit recueil de nouvelles. (138 pages)

Vous pouvez me contacter pour que je fasse suivre ce livre.
Mon seul souhait est qu'après avoir lu cet ouvrage, vous continuez à le faire voyager.
Et si vous rédigez un article, j'aurai le plaisir de faire un lien vers votre post!

Mon avis 
ICI

Le livre est parti chez une lectrice membre du forum "Partage lecture".

Police

Jo NESBO


Quatrième de couverture

Un tueur assassine méthodiquement des policiers de la Brigade criminelle d’Oslo. Leur point commun ? Trouver la mort le jour anniversaire et sur les lieux mêmes des crimes qu’ils n’ont pas résolus. La police est sur les dents, complètement dépassée, d’autant que son meilleur élément, l’inspecteur Harry Hole, n’est plus là pour mener l’enquête… 
Traduit du norvégien par Alain Gnaedig.

Avec ce roman je découvre Jo Nesbo, l'inspecteur Harry Hole, mais aussi la littérature norvégienne.
Des policiers, assassinés sur les lieux même des crimes qu'ils n'ont pas réussis à élucider. Des anniversaires macabres, une équipe composée de façon plus ou moins "légale"… un inspecteur Harry Hole, qui n'a plus d'activité au sein de la police, mais est enseignant… 
Je dois dire que j'ai été complètement manipulée par ce roman, par ce récit, tant et si bien que je me pose cette question… "Jo Nesbo ne serait pas un peu pervers?"… J'ai vécu la pression, la peur, le soulagement parfois…Je me croyais à un enterrement, je me retrouve à un mariage…Je me croyais en sécurité, j'étais en danger.
Et si j'ai parfois trouvé la lecture un peu longue, il faut dire que j'avais envie d'avancer dans l'enquête, j'ai passé un excellent moment en compagnie des héros de ce roman.

lundi 16 novembre 2015

L'homme aux ciseaux d'argent

Antonin MALROUX

Quatrième de couverture

En ce début des années cinquante, Jacques est fasciné par le tailleur de son village du Cantal. Après le certificat d’études, il entre auprès de lui en apprentissage. Un choix audacieux car tous ses camarades se moquent de lui, considérant que la couture est un métier pour les filles. Mais Jacques n’en a cure et travaille avec acharnement malgré les tentations de l’adolescence. Son cœur est mis à rude épreuve par les vacancières venues de la ville, attirées par ce campagnard un peu artiste.
À force d’application, de passion, grâce, surtout, à la bienveillance de son mentor, Jacques apprend à maîtriser à la perfection les grands ciseaux d’argent de son patron. Vient le jour d’une décision difficile : rester fidèle à ce maître auquel il doit tout ou rejoindre les lumières de la ville pour se forger son propre destin…

Il a à peine treize ans, travaille pour la deuxième fois pendant les vacances d'été, comme pâtre pour des paysans, mais il sait déjà qu'il sera apprenti! Pas n'importe quel apprenti, il sera "sartre" ou en français tailleur. Mais avant il faut qu'il obtienne son certificat d'étude.
Nous allons le suivre tout au long de son adolescence, traverser avec lui quelques chagrins d'amour, vivre ses craintes de ne pas être à la hauteur, comprendre ses efforts pour progresser dans son apprentissage. C'est un gentil garçon, et parfois on sent qu'il manque de tendresse, d'écoute. Il est l'ainé de quatre, et souvent sa mère ne l'écoute pas. Cette tendresse il la trouve auprès de ses grands-parents. C'est très certainement en s'inspirant de sa propre histoire que Antonin Malroux a crée Jacques Jourlan.
Cette lecture est venue au bon moment, elle a apaisé mon esprit, j'ai retrouvé cette confiance en l'être humain que le 13 novembre a bouleversé. J'ai pris plaisir à suivre ce tout jeune homme du vingtième siècle, loin des sirènes, dans son Cantal natal. C'est un bel hommage que Malroux rend aux hommes et aux femmes qui ont fait de lui un homme. 

dimanche 15 novembre 2015

Pandemia

Franck THILLIEZ
Couverture: Axel Mahé

Quatrième de couverture

"L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution." 
Après Angor, une nouvelle aventure pour l'équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l’enjeu est de taille : la préservation de l’espèce humaine.

J'ai beaucoup aimé "Vertige" du même auteur.
La couverture, des couleurs automnales, un cygne, superbe, majestueux, se reflétant dans un lac, et un quatrième de couverture plutôt alléchant … les critiques pour la plus part positives.
Je n'ai pas aimé ce roman, j'ai lu les 642 pages sans y prendre un réel plaisir. 
Je n'aime pas écrire sur les romans que je n'ai pas aimé, pas su comprendre. Je suis tout simplement passé à côté de cet ouvrage.

lundi 9 novembre 2015

Même les sorcières lisent




Pour fêter les deux ans de leur blog, les sorcières organisent un concours.


Marie, Anne et Adeline nous font partager leurs lectures, mais aussi leurs dessins, des films et des séries.

Sur le blog Marie s'occupe de l'organisation, Anne des illustrations et avec Adeline,  parfois aidées par les minis sorciers, (la fille et le fils d Adeline) elles réalisent les articles. 


Dans leur rubrique "Un peu plus sur…", elles nous parlent de leurs rencontres avec des écrivains. Je ne pense pas me tromper en disant que tous les auteurs sont des femmes!

dimanche 8 novembre 2015

Le cirque des rêves

Erin MORGENSTERN
Couverture: Vania Zouravliov
Quatrième de couverture

Il est arrivé comme par enchantement, dressant sous le ciel étoilé ses chapiteaux noir et blanc : Le Cirque des rêves.
Approchez, Mesdames et Messieurs, petits et grands, entrez ! Ici se déroule plus que tours et acrobaties. Sous vos yeux ébahis, la véritable magie est à l'oeuvre : deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s'affrontent dans un combat magique pour lequel ils sont entraînés depuis l'enfance. Voués à se mesurer dans le plus prodigieux des défis, ils sont adversaires. Mais entre eux, une magie plus grande opère, celle de l'amour.
Une passion ensorcelante qui pourrait leur être fatale…

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sabine Porte.

Nous entrons dans le monde enchanteur du cirque, ce monde d'illusions et de rêves. Quand je pense aux cirques, ils sont toujours bariolés, des couleurs vives, des mélanges de jaunes, de rouges, des clowns et même le clown blanc parait en couleur…Le cirque de Morgenstern est en noir et blanc, l'auteur rêve-t-elle en noir et blanc?
Mais c'est une excellente idée, nous nous projetons très facilement dans ce monde, ou la couleur est rendue par l'intensité de la lumière, des feux qui brulent et illuminent les personnages, les chapiteaux et l'histoire…
Nous rencontrons les "créateurs", un petit groupe d'illuminés qui va donner à ce cirque ses lettres de noblesses, le façonner, ajouter des chapiteaux, un chapiteau par spectacle. 
Il choisissent les artistes, qui sont tous au faîte de leur art, la diseuse de bonne aventure Isobel, la contorsionniste, les jumeaux Widget et Poppet, nés lors de l'inauguration…et la sublime Célia, la magicienne qui nous fait confondre le rêve et la réalité.
Nous faisons la connaissance des "rêveurs", ces aficionados qui après avoir découvert ces merveilleuses attractions vont suivre grâce aux récits de Friedrick Thiessen le cirque. Ils communiquent entre-eux, et pour s'identifier décident qu'une marque rouge sera leur signe de reconnaissance. Il y a Bailey, l'enfant qui par défi entrera dans le cirque fermé et fera la connaissance de Poppet.
Mais bien sûr, il y a les manipulateurs, l'égoïste Prospero, père de Célia, et Alexander H., tuteur de Marco. Que cherchent-ils vraiment dans les défis qu'à travers leurs élèves ils se lancent. Pourquoi le cirque n'est pour eux qu'un échiquier? Comment Marco et Célia vont pouvoir se libérer de leur emprise.
Ce roman est tout en nuance et douceur, et s'il y a parfois quelques violences, elles se fondent dans le récit, juste pour donner un peu plus de saveur. Ce texte fut pour moi comme une friandise, un fondant au chocolat qu'on savoure par petites touches, qu'on déguste et qu'on regrette d'avoir fini!

Je remercie Partage lecture et les Éditions Pocket pour ce partenariat.



vendredi 6 novembre 2015

"Tchat" partage lecture" Morgan Caine

Le 5 novembre 2015 sur "partage lecture" était organisé (par Cassiopée) un tchat avec Morgan Caine , l'auteur de "La complainte des filles de Lot".


Lisa, de Rokh édition était présente, Cassiopée aidée d'Elyuna et de Nisa, deux de nos modératrices de charme, a dirigé le débat. Les lecteurs, je devrais dire lectrices, puisque les hommes ont manqué à l'appel, toutes séduites par leur lecture sont venues débattre, Lilo85, malo, Nala, plume44, Sayuda, Step, et yaki. Nous étions donc 11 pour passer cette soirée !!!

Leur avis ici

Le compte-rendu d'Elyuna  ICI

Après s'être présentée à nous, Morgan s'est un peu révélée. En fait très peu, puisque en dehors de son âge, je ne sais pas grand chose de cet auteur. Ses parents l'ont élevée en lui faisant écouter Barbara, Brel ou Brassens, d'où l'influence dans ses goûts musicaux qui jalonnent le texte.
Nous avons parlé, un peu à bâton-rompu de son roman. La pédophilie en est bien sûr le centre, avec les horreurs qu'entrainent de telles pratiques, nous avons essayé d'imaginer des solutions pour éviter le passage à l'acte, ou au moins les récidives…
Comment protéger nos enfants, nos petits-enfants. Nous n'avons hélas pas de réponse, mais en parler, c'est déjà être informé, déjà être conscient.
Comment sanctionner les coupables? Quelles circonstances atténuantes peuvent-ils avoir? Nous avons aussi parlé des femmes et parfois de l'aide qu'elles offrent à ces tortionnaires. Personnellement, je serai plus dure avec elles. La pédophilie, le viol, le sadisme n'a pas besoin de phallus pour exister.
Nous avons discuté des journalistes dont l'ambition, la recherche du scoop ou de la célébrité font la lie d'une profession qui devrait d'abord être au service des citoyens. Étique professionnelle trop souvent absente.
Puis nous avons évoqué les anciennes parutions de l'auteur, mais surtout de ses futures éditions, dès janvier prochain!
Nous retrouverons donc très vite cet auteur agréable, ainsi que Lisa.
Merci à Partage lecture  et à  Rokh éditions d'avoir agrémenté notre lecture par cette soirée sympathique.
Un grand MERCI à tous les intervenants.

mardi 3 novembre 2015

Echo Park

Michaël CONNELLY

Quatrième de couverture

1993: la jeune Marie Gesto disparaît à la sortie d'un supermarché d'Hollywood. Confiée à l'inspecteur Bosch, l'affaire n'est pas résolue, la victime n'étant jamais retrouvée. Hanté par cet échec, Bosch rouvre sans succès le dossier année après année. Jusqu'en 2006, où le district attorney l'informe qu'un suspect accusé de deux meurtres, dont celui de Marie Gesto, est prêt à passer aux aveux en échange d'un plaider coupable qui lui évitera la mort. Chargé de vérifier que cet individu ne blouse pas la justice, Bosch est très éprouvé par ce qu'il apprend. Encore plus déstabilisant pour lui, en épluchant le dossier établi en 93, le district attorney a découvert une erreur capitale dans l'enquête, erreur qui aurait permis au suspect de continuer à tuer treize ans durant. C'est alors tout un pan du passé d'inspecteur de Bosch qui se fissure.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Robert Pépin.

C'est toujours avec plaisir que je retrouve l'inspecteur Bosch. Réintégré après un départ à la retraite, notre héros et sa coéquipière Kiz Rider sont chargés des "Affaires non résolues".
Hanté par les enquêtes non abouties, l'inspecteur ouvre régulièrement certains dossiers. C'est le cas "Marie Gesto" qui l'obsède, et lorsqu'on le contacte parce qu'un tueur est passé aux aveux, il va accepter de collaborer afin de retrouver le corps, et d'arrêter le coupable.
Les choses ne sont pas si simples, et Harry va enquêter non seulement sur le coupable auto désigné, mais aussi sur tous les personnages qui tournent autour de cette affaire. Aidée par Rachel Walling, une amie intime, membre du FBI, il va remonter le cours de ces treize années qui le sépare du meurtre de la jeune femme.
Alors se mêlent politique, élections, plans de carrière et promotions. Bosch ne respecte pas toujours la procédure, d'où parfois des mises à l'écart. Mais nous le connaissons, rien ne le laisse se détourner de son sacerdoce, une victime reste toujours une victime, il faut la respecter. Un bon point pour Hieronymus, il a arrêté de fumer.

dimanche 1 novembre 2015

Le petit mensonge de Dieu

Cyril MASSAROTTO

Quatrième de couverture

Le retour de Dieu et de son meilleur pote…
"Dieu est un pote à moi. Ou plutôt il l’était, jusqu’à ce que je découvre son mensonge. 
C’était il y a une seconde à peine, juste à l’instant de ma mort. Je pen­sais dis­pa­raî­tre dans le néant, comme il me l’avait toujours dit.
Mais il m’a menti !Il y a quelque chose, après…Pas vrai­ment le para­dis, pas l’enfer non plus. J’attends quelques explications !"

L'été dernier je lisais "Dieu est un pote à moi", lecture facile et agréable. Cyril Massarotto ne s'arrête pas là, il écrit une suite, prévue ou imprévue? C'est la question que je lui poserai si je le rencontrais.
Rien de mystique, rien de religieux dans ce roman, juste l'histoire d'un mort qui ne se prend pas la tête, qui ne se prend pas au sérieux!
Comment imaginer qu'un jour notre vie va s'arrêter, comment imaginer un monde sans nous. Nous essayons bien de tracer notre sillon, de laisser de nous quelque chose d'unique, mais qu'advient-il de ce "nous". À l'instar de Brassens, je sais ce que je voudrai "qu'il advînt de mon corps, Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord Que sur un seul point, la rupture." Mais qu'advient-il de ce qui fait notre entité?
Évidemment Massarotto ne nous donne pas de réponse, mais son approche, pleine d'humour, plutôt proche de ce que le commun des mortels (dont je suis) pourrait imaginer.
Coïncidence, j'ai terminé ce roman hier soir, jour des morts vivants, et je le chronique en ce jour de Toussaint…!!! Un hasard que je trouve amusant, comme cette lecture!

vendredi 30 octobre 2015

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés.

Arto PAASILINNA

Quatrième de couverture 

Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d’Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s’en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu’il parraine en Macabraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l’évasion de cinq d’entre eux, et non sans avoir goûté à la torture des geôles locales, Surunen accompagne l’un de ses protégés jusqu’au paradis communiste, un pays d’Europe de l’Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d’une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s’emploie à les libérer à leur tour.
Traduit du finnois par Anna Colin du Terrail.

Ce livre est écrit en 1986, Reagan est à la tête des États-Unis déAmérique, Mikhaïl Gorbachev dirige l' URSS, en France, Chirac est le premier ministre de François Mitterrand, et Mauno Koivisto préside la Finlande. Une situation géopolitique un peu différente.

Finlandais, membre d'Amnesty International, Surunen, lassé d'envoyer lettres et pétitions, décide de se rendre au Macabraguay. Il veut intervenir directement auprès du dirigeant et demander la libération de son filleul, prisonnier politique.
Nous allons vivre alors des aventures rocambolesques, des pot-de-vin versés aux bidonvilles visités, de la corruption des dirigeants  aux tortures des milices… Surunen va faire s'évader son ami, mais aussi trois péons et un militant communiste.
Décidant d'aider son nouvel ami, Surunen va l'emmener en Vachardoslavie.
"Tu n'es pas communiste? Pourquoi m'as-tu libéré de La Trivial, alors?—Je t'ai emmené pour de simples raisons humanitaires!". Pour ces mêmes raisons, après avoir découvert des dissidents dans un  asile psychiatrique, notre héros va pour des raisons d'équités, les aider à s'évader.

Il est des pays imaginaires où il ne fait pas bon vivre, il est des pays non-imaginaires où on aimerait bien que la police soit aussi nigaude que dans ce conte. Il y a des peuples étouffés par le pouvoir en place, et il y a des Surunen, idéalistes qui essaient de faire bouger les choses.
Une jolie surprise.

mercredi 28 octobre 2015

Trois fois dès l'aube

Alessandro BARICCO

Quatrième de couverture

Deux personnages se rencontrent à trois reprises. 
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l'héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l'homme s'ouvre à elle mais mal lui en prend. 
Un portier d'hôtel aide une jeune cliente à s'enfuir afin d'échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu'elle, il lui révèle qu'il a passé treize ans en prison à la suite d'un meurtre. 
Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l'incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l'emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis. 
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l'aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu'Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d'élégance et même de sensualité.
Traduit de l'italien par Lise Caillat.

Trois nouvelles, ou à mon avis trois actes d'une pièce de théâtre. 
Nos deux héros se retrouvent à trois âges différents. J'ai trouvé original de les faire se rencontrer à des époques différentes de leur vie. Elle et lui adultes, puis elle jeune adolescente et lui vieux, enfin elle à quatre jours de sa retraite et lui un enfant.
L'aube, et sa lumière très particulière, la chambre d'hôtel, la rue, la voiture… et des dialogues. On entrevoit le passé, ou le futur, on comprend les drames vécus et parfois les douleurs futures.
J'ai apprécié cette lecture, rapide, facile, mais peut-être pas aussi exaltante que je l'aurai souhaitée.