vendredi 6 décembre 2013

Frankenstein

Mary SHELLEY


Quatrième de couverture

Au mois de Juin 1816, sur les rives du lac de Genève, Mary Shelley et ses amis cherchent à tromper l' ennui dans de chalet où la pluie les contraint à rester enfermés.  Jeux de société, roman "terrifiant" à la mode, tout y passe, jusqu' à ce que Lord Byron leur suggère d' écrire, à leur tour,  une "histoire de fantômes".
Ainsi naquit "Frankenstein", l' histoire d' un savant audacieux, incapable de maîtriser le monstre qu' il avait créé .

Ce roman se découpe en trois parties.
Dans la première partie, nous découvrons Victor Frankenstein, ses origines et sa vie dans une famille aisée de Suisse. Il part poursuivre ses études en Angleterre. Pris de passion par ses travaux de recherches, Victor finira par tomber malade. Il ira cependant au bout de sa création, mais sera tellement effrayé en voyant sa créature s 'animer qu' il ne supportera pas de la regarder.
Je n'ai pas très bien compris pourquoi, malgré l' horreur de sa création, Frankenstein s' enfuit.
Sans même essayer de savoir si la créature à une intelligence, sans lui donner de nom, sans imaginer les conséquences qu' un tel monstre pourrait avoir sur les êtres autour de lui.
C 'est surprenant pour un savant.

Dans la deuxième partie, nous découvrons comment la créature abandonnée va survivre.
Dotée d' une intelligence hors du commun , elle comprend vite que son apparence effraie les hommes. La créature, livrée à elle-même, va réussir non seulement à survivre, mais aussi à apprendre des autres tout en restant cachée. L' auteur décrit avec bonheur tous les moments vécus par le monstre. Elle l' humanise, ce qui accentue l' égoïsme de Frankenstein. Le monstre ne veut pas faire de mal, mais ne veut pas vivre seul. Il lui faut donc une compagne.

Dans la troisième partie, Frankenstein doit faire un choix crucial. Céder au désir de sa créature et "fabriquer" une compagne ou tenter d' éliminer son oeuvre.

Mary Shelley décrit avec talent ses personnages, mais aussi les paysages qu' ils traversent.
C' est je crois la première fois qu' un romancier utilise la science pour créer un humain, et elle le fait avec talent.

dimanche 1 décembre 2013

Le symbole perdu

Dan BROWN

Quatrième de couverture:

Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d’urgence par son ami Peter Solomon, philanthrope et maçon de haut-grade, pour une conférence à donner le soir même.
En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une macabre découverte.
Ce sera le premier indice d’une quête haletante, des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie.
Une aventure où s’affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.

C' est en 2008 que je découvrais Dan Brown en lisant le "Da Vinci code".
J'ai retrouvé avec plaisir le professeur Robert Langton, et avec lui nous allons mener une enquête plutôt sanglante à la recherche de Peter Solomon.
Avec Langton nous allons découvrir les mythes et certains rituels de la franc-maçonnerie, poursuivre un kidnappeur-assassin, et nous retrouver au coeur même de Washington.

Dan Brown donne au lecteur cette impression que lui aussi peut décoder les messages secrets.
On se sent donc plus intelligent, mais aussi on bloque sa respiration pour essayer de survivre avec le professeur.
Un bon moment de lecture.

samedi 23 novembre 2013

Les Sacrifiées

Laurent GAUDE

Quatrième de couverture:

Raïssa est une jeune fille qui vit dans les collines de la campagne algérienne. Elle est maudite. Sa mère est morte en couches, ce qui la souille à jamais. Elle porte en elle cette faute originelle. 
A travers trois générations de femmes (Raïssa, Léïla et Saïda), à travers trois époques différentes de l'histoire de la France et de l'Algérie, la malédiction se perpétue. Elle se décline sans cesse sous un nouveau visage : la guerre, l'émigration, la montée du fanatisme. 
La lignée de Raïssa traverse ces tourmentes. Chacune de ces femmes lutte contre l'histoire, essayant d'échapper aux coups du sort qui renversent tout. Chacune, tour à tour, pousse le cri de révolte et de combat des sacrifiées. 

Laurent Gaudé a choisi de raconter le destin de trois générations de femmes qui traversent la seconde partie du XXe siècle. A leur chant tragique répondent en écho les chœurs des soldats, des émigrés et des villageois.

Laurent Gaudé a situé cette pièce de théâtre pendant et après la guerre d' Algérie.
Mais cette histoire tragique est malheureusement le quotidien de bien des femmes.
A toutes les petites filles qu' on mutile, à toutes les jeunes filles qu' on terrorise, à toutes les femmes qui vivent dans la terreur,  parce qu' elles sont nées de sexe féminin, Gaudé rend un vibrant hommage.
Elles sont toutes là, à l' instar de Raïssa, Léïla et Saïda, pour se lever et lutter contre l' oppression.

vendredi 22 novembre 2013

1Q84 Livre 1 Avril-Juin

Haruki MURAKAMI

Quatrième de couverture:

Au Japon, en 1984.
C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d'une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d'événements, de dates en rapport avec l'Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l'autobiographie d'une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l'âge d'un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?



J'ai bien accroché à la lecture de ce premier tome.
Mais j' ai été déçue... Il me faudra attendre les vacances de Noël pour lire la suite.
L' alternance des récits d' Aomamé et de Tengo est agréable. C'est un peu comme si on lisait deux romans tout en cherchant le ou les liens...
Les thèmes traités sont assez durs, les femmes battues, l' enfance maltraitée, les sectes et la vengeance (justice ?!). Le fantastique est présent dès le début. On ne sait plus dans quel monde on est vraiment, mais les drames et les traumatismes sont eux bien réels.
On comprend assez vite qu' ils vont bientôt se retrouver et ne faire qu' un récit... Mais quand...
Pas dans ce tome en tout cas... Pas sympa Laurence de me laisser sur ma faim!


mardi 19 novembre 2013

Ouragan

Laurent GAUDE

Quatrième de couverture:

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?
Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence...



En lisant ce roman, pas de doute nous sommes en plein coeur d' une tempête, ouragan de la nature, tempête dans le coeur et la tête des héros.
Ils sont une dizaine, tous en quête d' eux même ou de reconnaissance...et on est emporté par le tourbillon de l' écriture...
Comme elle est belle, comme elle m' a envoutée Joséphine linc. Steelson, drapée dans sa dignité de "négresse", elle revendique le droit à sa négritude, et à travers elle ce mot devient noble.
Malgré ma préférence pour Joséphine, j'ai aimé tous les personnages... De Byron, le petit "négrillon" à Buckeley le prisonnier.
Tous se mêlent, s' entremêlent au milieu du chaos, et Gaudé jamais ne nous laisse respirer. Nous sommes hors d' haleine, au milieu des immondices, des crocodiles et nous ne pouvons faire que comme les héros...continuer...

lundi 18 novembre 2013

Maman Zita

Patrick LUNANT

Quatrième de couverture:

Maman Zita, c'est l'histoire de Garance ou les errances d'une vie bouillonnante, animée par la volonté inflexible d'exister. D'abord enfant abandonnée, puis femme complexe et passionnée, Garance se livre, se raconte à une poupée de chiffons fanée, tout au long de ce roman construit comme une confession intime, brutale, libre, impudique et tellement humaine, à l'image de son héroïne.

Artiste peintre maudite, adulée, ou les deux à la fois....elle ne cessera jamais de lutter pour donner un sens à sa vie, à sa naissance, à ses souffrances, à ses colères. Et si la vie de Garance ne se résumait qu'à cette question essentielle : avons-nous réellement le choix de notre destin, ou sommes-nous les jouets d'un marionnettiste qui s'amuse, à notre insu, à tirer les ficelles de nos vies écrites à l'avance ? Est-il toujours trop tôt ou trop tard pour aimer, être heureux, pour vivre tout simplement ?

Où cette quête de sens, de vérité, d'absolu, d'amour conduira-t-elle Garance ?

J' ai beaucoup aimé ce roman, pour son style, et pour l'intrigue.
Les poupées servent parfois d' exutoire et là, "Bécassine" est toute désignée pour écouter Garance lui raconter sa vie.
Maman Zita, c'est ce qui permet à Garance de vivre, sinon de survivre. Cette femme qui sut être mère au delà de ses entrailles et sans avoir nourri son enfant au sein.
Elle, et Antoine ont donné tant d' amour à notre héroïne que le peu de temps qu' elle a passé chez eux va conditionner toute sa vie.
Garance va devenir un peintre célèbre,
nous découvrons son itinéraire d' enfant de la DDASS,
ses rencontres et son amour d' enfance "Raphaël".

Quand à la postface, le monde de la psychiatrie y est succinctement décrit, mais assez vrai...
et il suffit de savoir que Annaïck Labornez, née en 1905, a été crée par  Émile-Joseph-Porphyre Pinchon et n' est autre que Bécassine.

samedi 16 novembre 2013

Comme un roman

Daniel PENNAC


Quatrième de couverture:

                                   LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR
1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n'importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
7. Le droit de lire n'importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à voix haute.
10. Le droit de nous taire.

J' ai vraiment apprécié la lecture de ce "livre". Je ne pensais pas le lire aussi vite.
Parfois j' ai retrouvé la lectrice que j' étais...ou n' étais plus!
J'ai trouvé beaucoup d' humour...et je vais suivre le dixième droit du lecteur...
celui de me taire et juste conseiller la lecture de ce "livre".

La tourmente du serpent

Sébastien CAZAUDEHORE



Quatrième de couverture:

Quelque part dans les Highlands de Papouasie Nouvelle Guinée, un Secret s'est perdu... De nombreuses années plus tard, une étrange statuette sans visage est volée dans un grand musée parisien et l'inspecteur Ulysse Treilhard est appelé pour enquêter. L'esprit accaparé par l'étrangeté croissante du crime et par les souvenirs qui ressurgissent d'un passé lointain, il se laisse peu à peu entraîner vers un monde de mystères qu'il ne croyait plus retrouver.
Sans savoir s'il poursuit un criminel, une légende ou une force plus grande oeuvrant contre lui, Treilhard replonge alors dans les jungles millénaires de Papouasie.C'est dans ces montagnes, au coeur du territoire Huli qu'il cherchera les réponses à cette énigme, intimement liée à son passé.


L' épilogue nous met de suite en appétit; 
Pourquoi Ekape court-il ? Que donne-t-il à son frère? Quel est ce secret qu' il faut à tout prix préserver?

La première partie se passe en France, à Paris et l' inspecteur Ulysse Treilhard est chargé d' enquêter sur le vol d' une statuette dans une exposition d' art tribal de Papouasie.
S' il est choisi c'est parce qu' avant d' entrer dans la police scientifique, il a été anthropologue et a plus particulièrement étudié les "Huli".
L' ambassadeur étant assassiné, Treilhard et Claire Delavau, un des membres de son équipe, vont partir pour la Papouasie afin d' élucider le mystère de la statuette volée et de trouver l' assassin de l'ambassadeur.

Parce que l'auteur est anthropologue, l' histoire policière prend une toute autre ampleur.
Partant de ce principe, j' imagine que tout ce qui touche la culture du peuple "Huli" est vrai.
J'ai donc passé des heures agréables entre une intrigue plutôt rapide, courses poursuites en voiture et marches dans la jungle...Le méchant riche et prêt à tout pour arriver à ses fins...et le peuple vivant au rythme lent de la tradition ancestrale.
Quelques clichés bien sur...mais j' espère garder en mémoire quelque chose de ce peuple de Papouasie qui grâce à Treilhard-Cazaudehore m' a passionné.


mercredi 13 novembre 2013

La Montgolfière

Willa CATHER


C'est dans le vieux New York, une histoire d'amour entre deux jeunes artistes.
Eden Bower, jeune chanteuse venue de sa province natale pour devenir célèbre, et Don Hedger, peintre   talentueux, mais peintre pour un public de "demain".
C' est une ville toute en tendresse que nous allons découvrir et qui sert de décors à cette jolie petite nouvelle.
80 pages seulement pour quelques minutes d' évasion réelle!!!

Le château dangereux

Walter SCOTT



L' histoire se déroule vers 1306, pendant la guerre d' indépendance d' Ecosse.
Le château dangereux, ou château de Douglas, est une position stratégique en Ecosse, proche de la frontière anglaise.
Il est occupé par une garnison anglaise commandée par John de Walton.
Nous sommes en plein coeur d' un roman de chevalerie, avec ses codes d' honneur, les tournois ou combats pour leurs dames ou damoiselles.
Ainsi le château doit être tenu un an et un jour pour que Walton puisse épouser Augusta de Berkely.

Walter Scott, poète et écrivain écossais (1771-1832), auteur d' "Ivanhoe" et de "Quentin Durward"nous raconte ici une histoire d'amour sur fond de roman historique. Il raconte aussi les fantômes et les légendes qui sont une composante de ce pays.

mardi 5 novembre 2013

Une part de ciel

Claudie GALLAY


Quatrième de couverture.

   Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…
   Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?
   Avec une attention aussi intense que bienveillante, Claudie Gallay déchiffre les non-dits du lien familial et éclaire la part d’absolu que chacun porte en soi. Pénétrant comme une brume, doux comme un soleil d’hiver et imprévisible comme un lac gelé, Une part de ciel est un roman d’atmosphère à la tendresse fraternelle qui bâtit tranquillement, sur des mémoires apaisées, de possibles futurs.


J' ai reçu ce livre grâce à un parrainage de Piplo pour les matches de la rentrée littéraire de PriceMinister.

J 'ai d' abord eu l' impression que Carole, la narratrice tenait un journal de bord.
Elle retourne dans sa vallée natale, sans grande envie, pour passer la fin de l' année à attendre son père, revoir Philippe, son frère ainé, et Gaby sa petite soeur.
J' ai eu cette mauvaise sensation que les personnages étaient figés, un peu comme des "playmobils": les quatre cousines, l' oncle, les trois cousins, les trams...etc.
Et tout doucement, j' ai eu le sentiment que Carole passait du journal de bord au journal intime. Laissant davantage de place aux sentiments...
Les personnages deviennent sympathiques, on a envie de les connaitre.
Avec Carole on découvrira au fil des pages pourquoi Gaby s' occupe avec tant d' amour de la Môme, la passion de Philippe pour la vallée, qui est vraiment Jean.
J'ai aimé les personnages pas si secondaires que ça, la baronne,  Francky, Diego Marius ou Sam.
C'est son premier Noël sans le père de ses filles et ses filles, c'est une parenthèse dans sa vie, du 3 décembre au 20 janvier. Un retour aux sources avant de retrouver son quotidien.

mercredi 30 octobre 2013

Mes trois zèbres

Alexandre JARDIN


Quatrième de couverture

"Trois hommes ont enchanté l'idée que je me fais de la France. Trois rebelles-nés qui m'ont façonné. Trois créateurs d'eux-mêmes qui, en s'emparant de la vie, l'ont magnifiée. Trois idées de soi qui, chaque jour, chamboulent la mienne et pourraient bien féconder la vôtre...

Sacha Guitry joue avec le réel ; Charles de Gaulle le défie ; Casanova en jouit.

Ces zèbres incarnent trois attitudes hautement françaises : prendre les choses graves à la légère, résister avec superbe, empocher son plaisir insouciamment. J'ai longtemps hésité à leur ressembler. C'est fini. Tout commence.

Ce livre d'amour fou n'est pas la somme de trois biographies - au sens habituel et distancié du terme - mais l'histoire de mes interrogations face à leur façon d'être. Voici comment leurs vies ont affecté la mienne. Leur oeuvre majeure, c'est eux. Et leur legs essentiel, c'est leur anticonformisme.

Marchons sur les traces ensoleillées de ces affranchis...
Embellissons notre sort de leurs libertés dissonantes...
L'ampleur de l'existence ne doit plus nous échapper."

A. J.

Tout en lisant ce livre, superbement écrit , je me demandais si ce père que l' auteur cherche à retrouver, ou à comprendre, n'était pas tout simplement un peu de chacun de ces trois héros.

Il ne parle pas de Guitry, mais de Sacha, star d' une époque révolue, mettant en scène toute sa vie.
Il songe même qu'ils pourraient avoir des liens de sang...et pourquoi pas après tout...!
Ce n'est pas de Gaulle, mais Charles et le "Charlisme" que nous raconte Alexandre Jardin.
Le courage de cet homme seul qui va réussir contre tous à représenter la France libre tout simplement par amour de son pays.
Pas de calcul politique...Juste une vision de la France à contre courant des dirigeants de l' époque.
Et enfin cet épicurien de talent...Pas Casanova, mais Giacomo qui brule sa vie par les deux bouts, apporte du bonheur aux femmes de son XVIII ème siècle.

L' appartenance de Jean Jardin au régime de Vichy blesse profondément son petit-fils. La mort prématuré de Pascal Jardin a laissé Alexandre seul face à cette tragédie.
Après avoir lu "L' héritage Wagner" de Gottfried Wagner j'ai pris conscience de l'ampleur que peut avoir sur une descendance le fait d' appartenir à une famille qui a cautionné le régime nazi.
Alors comme dans son rêve, Alexandre se tourne vers l' avenir et l' amour qu' il porte à son pays est sans ambiguïté.

mardi 15 octobre 2013

Les Enfants des Justes

Christian SIGNOL


Quatrième de couverture

En 1942, dans le département de la Dordogne, la ligne de démarcation croise le cours de l’Isle. La ferme des Laborie est à deux pas de la rivière et Virgile, n’écoutant que son coeur, ne refuse jamais sa barque à ceux qui tentent de passer en zone libre. Lorsqu’on propose à Virgile et à Victoria qui n’ont jamais pu avoir d’enfants, de cacher Sarah et Elie, deux gamins juifs perdus dans la tourmente, ils accueillent les petits réfugiés comme un don du ciel. Au fil des jours, malgré les trahisons, les dénonciations, les contrôles incessants, la Résistance s’organise dans le Périgord jusqu’aux reflux des troupes allemandes dans le sang et la terreur.

J' avais tellement aimé le personnage de Bastien dans "Au coeur des forêts" que c'est sans hésitation que j'ai acheté ce roman.
Je n'ai pas été déçue, j'ai vécu avec Virgile et Victoria Laborie les heures noires de l'occupation allemande. Parfois je regardais la date, comme on regarde l' heure, en pensant "encore tant de temps avant la paix!"
J' ai eu la gorge serrée et souvent le coeur gros.

"Ma france, c' est celle-là, celle de la résistance à la barbarie nazie, et celle de l' humanité généreuse. Celle de l' humilité, du silence et du courage. Celle dont je suis fier et dont je me sens gardien vigilant de la mémoire, sans loi mémorielle ni repentante."
C'est ainsi que Christian Signol termine sa préface. Je partage son avis.
Ce roman est un vibrant hommage à tous ces anonymes, hommes et femmes, qui simplement par humanité, ont apporté leur aide.

lundi 14 octobre 2013

La lettre qui allait changer le destin de Harold Fry

Rachel JOYCE

Quatrième de couverture

Il aura suffi d' une lettre - la lettre d' adieu d' une amie qui se meurt - pour jeter Harold Fry sur les routes d' Angleterre.
Quelques sous en poche, une paire de chaussures-bateau et l' espoir de la revoir une fois encore...
Cottage après cottage, bocage après bocage, Harold marche, persuadé que, tant qu' il avance son amie vivra.
Il marche et repense à sa vie.
Mille kilomètres de parcourus pour que le destin d' Harold Fry rejoigne celui de sa femme, son fils, son amie, et tout ceux qu' il croise sur sa route...


Lorsqu' Harold décide de porter lui même sa réponse à Queenie, s' il n'est pas vraiment équipé pour la marche, il a une carte bancaire. Ce qui va lui permettre de commencer son voyage en faisant des haltes dans des "bed and breakfast".
Il téléphone régulièrement à son épouse Maureen. Je me suis longtemps demandé à quel moment elle irai le rejoindre, je pensais qu'elle pourrait l'attendre, sans l'empêcher de continuer...simplement être là.
Surtout quand il a renvoyé sa carte de paiement...
Bien sur, notre héros va rencontrer des personnages qu' on ne peut croiser que lorsqu' on voyage seul.
Je n'ai pas aimé le moment où il devient un pèlerin, suivi d' un "troupeau" de fidèles...et qu'il n'a pas le courage de les envoyer "paître".
La marche c'est pour lui le moyen de mettre sa vie à plat, de penser à son couple, à sa vie passée et peut-être à un futur possible avec Maureen, Queenie n' est que le déclancheur.
J'ai aimé quand Maureen range les vêtements dans le placard de la chambre d' Harold...j'ai trouvé beaucoup de tendresse et d' érotisme dans sa façon de faire.

J'ai passé c'est vrai un bon moment en lisant ce "roman-route"( c'est ma catégorie pour ce genre de roman...dans mon fichier bibliothèque), mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable. 


dimanche 13 octobre 2013

Le Magasin des Suicides

Jean TEULE


Vous avez raté votre vie?
Avec nous vous réussirez votre mort!

Tel est le surprenant slogan de cet étrange magasin.
Tenue par Lucrèce (pour une dame romaine) et Mishima (pour Yulio) Tuvache, cette boutique est située sur le boulevard Bérégovoy. Parents de trois enfants, Vincent (pour Van Gogh) , Marilyn (pour Monroe), et le petit dernier Alan (pour Turing).
Dans un monde où tout va mal, pollution, couche d'ozone dévastée, conflits, famine et épidémie en tout genre cette petite entreprise familiale est prospère. 
Mais, comme souvent dans les bonnes familles, il y a la brebis galeuse, et notre brebis c'est le dernier né Alan.
Pour lui, la vie est belle et tout peut toujours aller mieux...Il est le bonheur incarné.

Beaucoup d' humour noir.

vendredi 11 octobre 2013

Sir Nigel

Sir Arthur Conan DOYLE


Depuis longtemps déjà je désirais lire un roman de Doyle dont Sherlock Holmes ne serait pas le héros. J'ai tout à fait par hasard découvert dans le catalogue de ma liseuse ce roman historique.
Après "Le domaine des murmures" De Carole Martinez et "La miresse" de Madeleine Tiollais c'est le troisième roman historique se passant au moyen-âge que je lis depuis Juin 2013.

C'est bien sur superbement écrit. Les descriptions des lieux, des hommes et femmes, les joutes qu' elles soient verbales ou sportives...et parfois même mais de façon très subtile Doyle semble regretter tant de violence ;
"La vie humaine n' était que peu de choses en ces jours sombres où les fantassins d' une armée défaite, l' équipage d' un bateau capturé, étaient massacrés sans pitié par le vainqueur."

J'ai vraiment passé d' agréables heures en me plongeant dans les exploits chevaleresques du jeune Nigel Loring.
Avant d' être adouber il devra, pour sa gente dame, réaliser trois exploits.

En ces temps de guerre de cent ans il est fait peu de cas de la vie humaine et mourir sur un champs de bataille est un honneur.
Et comme en plus ils se battent non pas à cause des femmes, mais pour les femmes...leurs exploits avaient surement, dans ces campagnes désolées par la misère et la maladie plus de valeur.
"Messeigneurs, puissent Dieu et la pensée de nos dames maintenir haut nos coeurs!"
"Il y a chez la femme un héroïsme que ne peut égaler le courage d' aucun homme."

mardi 8 octobre 2013

Le messager d' Athènes

Odile WEULERSSE


Quatrième de couverture

A quinze ans, Timoklès ne songe qu'à triompher au gymnase, tandis que sa soeur se révolte d'être enfermée à la maison comme les autres filles d'Athènes. Mais tout, brusquement, va changer.
L'exil, un naufrage, des pirates, et aussi leur propre audace, vont les jeter dans de folles aventures à travers la Grèce et jusqu'en Perse. Le "trésor des Athéniens" sera-t-il au bout du voyage ?


L' histoire est plutôt agréable à lire.
Je laisserai ce livre accessible à mes petits-enfants.
L' approche de le civilisation grecque peut sans doute donner envie aux jeunes lecteurs d' approfondir leurs connaissances. Mais surtout l' histoire et les héros sont agréables à suivre.

J'avais oublié à quel point les fondateurs de la démocratie étaient misogynes...
"Chrysilla aurait mérité d' être un garçon"
Cette réflexion de Timoklès en dit long sur l' éducation donnée aux jeunes athéniens.


mercredi 2 octobre 2013

J' ai bien connu Icare

Hans BAUMANN


Quatrième de couverture

Icare ignore les raisons pour lesquelles son père Dédale a fui Athènes. Il ne comprend pas pourquoi son cousin, son meilleur ami, Kalos, n'a pas été emmené, alors qu'il partageait là-bas leur vie. A ses questions sur Kalos, à ses prières en faveur des jeunes Athéniens, Dédale ne répond que par un silence obstiné ou par des calculs politiques. Ce sont finalement les compagnons de Thésée qui apprendront la vérité à Icare...

C' est Andros, un jeune athénien qui va nous raconter ce qu'il sait de Icare, mais aussi de son père Dédale.
Sur fond de rites et de pratiques antiques, de combats et de jeux,
nous vivons le bon vieux conflit des générations...Mon père, ce héros est-il vraiment ce que je crois, ou ce que je voudrai qu'il soit?
Comment devenir un homme libre de ses choix tout en respectant ce père que j' aime malgré tout et qui m'aime aussi.

J'ai retrouvé non sans plaisir quelques-un des héros de la mythologie grecque.
C'est un livre qui s' adresse plutôt aux enfants.


dimanche 29 septembre 2013

La Petite Sirène et autres contes

Hans Christian ANDERSEN

Quatrième de couverture

Hans Christian Andersen ne comprit pas aussitôt en écrivant ses premiers contes que ce serait grâce à eux qu'il survivrait dans la postérité.
"La petite sirène", "la petite fille et les allumettes", "le vilain petit canard"...sont si parfaits, si naturels, qu' ils semblent avoir existé de toute éternité.
A l'inverse tout le monde a oublié que "Les Habits Neufs de l' empereur" était un écrit de circonstance destiné à ridiculiser un certain Paludan Müler, un poète de second ordre.
Il reste cependant qu' avant d' épouser certaines prétendantes, certains futurs rois (d' Angleterre)  devraient mettre des petits pois sous les matelas de leurs fiancées...un procédé qui n' a pas son pareil pour reconnaître, comme on dit, une vraie Princesse d' une fausse Lady. Ce n'est pas pour rien que quand Andersen pressentit le succès de ses contes il n' eut de cesse d' y faire enlever la mention "pour enfants"

Le recueil comporte seize contes, ainsi que le reine des neiges, en six histoires.
Je ne sais pas si tous ces contes sont pour les enfants.
Peu d' entre-eux ont une fin heureuse...le petite sirène devient écume, la petite fille aux allumettes meurt de froid, l' empereur se promène nu...
J' avais gardé enfouis très loin dans mon esprit la plupart de ces contes et les lire de nouveau m' a fait plaisir...

Mon billet a été refusé sur un forum de lecture;
je recopie une partie du texte reçu: "... En effet, plusieurs membres (dont moi) ont lu votre "chronique" et considère que ce n'est pas une chronique à part entière pour la simple raison que vous racontez la fin des histoire et que vous ne donnez pas vraiment votre avis sur le livre et le texte qui y est contenu. "

Dans un conte, dans une histoire ce n'est pas vraiment la fin qui compte, mais la façon dont on parvient à cette fin.

jeudi 26 septembre 2013

Pourquoi les gentils ne se font plus avoir

J. HESKA



C'est tout simplement l' histoire plutôt bien écrite d'un timide.
De la transparence aux difficultés d' élocution, la peur de traverser la salle de repos et de prendre un café à la machine parce que la pièce de monnaie risque de ne pas passer du premier coup.
L' admiration béate pour ceux qui semblent très entourés.
Tous les timides, tous les anciens timides se reconnaitront dans cette description.
Je n'irai pas jusqu' à dire qu' il fallait créer le "cimondisme" pour aller de l' avant.
Jérome est lui même effrayé par le fichage des gens.
Au bout du compte souvent on s' aperçoit que les gentils et les méchants sont les mêmes: tout dépend des évènements et des moments.
Je parle d' ancien timide, mais un vrai timide le reste et toute sa vie il devra lutter pour aller vers les inconnus...mais il sera toujours plus sincère et plus vrai que les autres.

Quelques heures de lectures sympathiques, des touches d' humour et de tendresse.

mercredi 25 septembre 2013

La femme en vert

Arnaldur INDRIDASON




On découvre de façon tout à fait anecdotique un squelette d'une soixantaine d'années.
Il ne s'agit peut-être pas d' un meurtre, mais en Islande il n'était pas rare qu'autrefois un être humain soit déclaré disparu... Il existe donc une liste des ces disparus corps et biens...et le commissaire Erlendur essaie de rayer les noms de cette liste.

Il nous emmène bien loin l'auteur; dans le froid de l 'Islande, mais aussi au coeur des foyers, au fond de la mémoire des gens, pour découvrir à qui peut bien appartenir ce squelette, découvert de si étonnante façon.
On frémit à l' évocation des violences conjugales dans ce passé.
Les groseilliers semblent être un lien entre hier et aujourd'hui.
Trouver l' histoire d' une maison détruite, puis le noms de ses occupants en période de guerre n'est pas chose aisée.
On passe avec grâce du passé au présent, les histoires se chevauchent, et pourtant tout est clair.
C' est au chevet de sa fille qu' Erlendur nous explique pourquoi il veut savoir...
C'est un beau roman, c'est bien écrit...
Je lirai sûrement d'autres histoires de Indridason.


mardi 24 septembre 2013

L' élégance du hérisson

Muriel BARBERY



" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois."

" Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches."


Elles sont toutes les deux enfermées dans leurs préjugés.

Rester conforme à ce qu' on attend de nous, ne montrer jamais qui on est vraiment, et par là même refuser tout lien avec l'autre.
C'est ce que souhaite Renée, sans doute pour ne pas souffrir.
Pourtant elle a été mariée et son mari, même peu instruit était un malin, il l'a respecté et sans doute se sont -ils aimés à leur façon.
Elle a une amie, Manuella,débordante de vie.

Paloma est, malgré un très jeune âge, déjà désabusée.
Elle regarde les adultes qui l' entourent avec un profond mépris.

On est soulagé quand arrive Kakuro Ozu,
les choses vont enfin bouger,

J'ai vu il y a déjà un moment "Le hérisson" de Mona Achache qui est une adaptation de ce roman.
Balasco est bien sur parfaite dans le rôle de Renée.

Le roman est bien écrit, mais je dois dire que j'attendais avec impatience l'arrivée de Ozu pour que le rythme change...et ma lecture fut alors plus rapide...un réel plaisir.



mardi 17 septembre 2013

Assassinat d' un prêtre

Agnes RUIZ

Quatrième de couverture

La détective Rachel Toury prend des vacances en France. Elle en profite pour rendre visite à Roger Chanteclerc, son homologue français.
Mais son ami est sous le choc. Il vient de perdre son frère la veille.
Rachel pourra-t-elle aider Roger pour résoudre ce meurtre?


C'est une toute petite nouvelle, une vingtaine de pages,
mais c'est superbement écrit.

Des clous dans le coeur

Danielle THIERY

Quatrième de couverture

"Il y a des affaires qui te pourrissent la vie...,elles restent en toi, plantées dans ton coeur comme un clou qu'un mauvais plaisant s'amuserait à manipuler..."
Miné par ses excès et la maladie, le commandant Revel crache le sang et sa haine de l'hypocrisie. Bourru, taiseux et rogue, il enrage devant les affaires non résolues à la PJ de Versailles : morts suspectes, disparitions...
Comment la vérité pourrait-elle sortir de la bouche d'un enfant autiste ?
Son équipe respecte les mystères du "patron" et, au-delà de la simple "vérité due aux familles", la vérité complexe d'un grand flic dont le courage en impose à la mort, celle des autres comme la sienne !


Les clous dans le coeur sont les affaires non résolues qui pourrissent la vie des policiers.
Pour le commandant Revel c'est le double assassinat du couple Porte et le même jour la disparition de son épouse Marieke.
Quelques dix ans plus tard, une ex star est assassinée.

Bien sur l' histoire est rondement menée, les personnages, policiers ou délinquants sont réalistes, on peut accrocher à l'histoire et attendre le dénouement, mais je n'ai toujours pas apprécié le style de Danielle Thiery.



dimanche 15 septembre 2013

Affaire classée

Danielle THIERY


Quatrième de couverture

Une paire de souliers taille 26 ? des souliers rouges de petite fille...

A l'heure où elle veut changer de vie, le commissaire Edwige Marion les trouve posées sur sa boîte aux lettres, comme un vieux souvenir : c'était sa première enquête et, par manque d'indices, elle avait dû conclure à l'accident...
Qui lui envoie aujourd'hui ce message et pourquoi ?

En attendant de le découvrir, Marion va une nouvelle fois faire l'expérience que l'oubli n'existe pas : les blessures mal refermées du passé viennent hanter les vivants.
Avec son courage et ses doutes, elle n'aura d'autre choix que d'aller jusqu'au bout.
Au risque de sa vie.


Première femme commissaire divisionnaire de l'histoire de la police française, Danielle Thiéry connaît bien le milieu policier français.
Nous suivrons donc de l'intérieur ses enquêtes et c'est plutôt réaliste.
L'histoire n'est pas inintéressante, le mélange de sa vie professionnelle et de sa vie privée me parait tout à fait crédible...un peu sans doute grâce à son expérience de commissaire.
En revanche je n' ai pas accroché.
Je n' ai pas aimé l' écriture, le style.
Mais je vais tout de même lire "Des clous dans le coeur".


mardi 10 septembre 2013

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel

Olivier GAY


Quatrième de couverture

Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode. John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au coeur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes. Grande gueule maladroite, incompétent notoire, séducteur au grand coeur, il semble bien mal armé pour affronter les bas-fonds parisiens. Mais tant qu'il y aura de l'alcool, la fête sera plus folle.

Si j'ai choisi ce roman c'est à cause de son titre: 
j' adore les talons hauts et s'ils ne me rapprochent pas du ciel ils me permettent, lorsque je sors de chez moi d'avoir la tête plus haute et le sourire plus amusé. 
"- Mais comment faites-vous pour marcher avec ces talons?
- Rassurez- vous je ne les porte pas quand je marche dans les vignes, je les garde juste pour faire le ménage!"
Et invariablement je me demande à quel degré on prend ma réponse.

Après les derniers policiers que j' ai lu; "L'enfant sans nom", "vertige", "Le cercle"ou "Une mère sous influence", je dois dire que celui-ci m' a reposée.
Un héros sans problème psychologique, qui bien sur vend de le drogue dans les milieux plutôt huppés de la capitale, mais en bon commerçant connaît bien ces clients. Il sort beaucoup et boit autant qu'il fume...mais ne touche pas à la drogue. C'est en plus un bon fils qui va voir régulièrement ses parents et leur glisse discrètement un peu d'argent.
On visite Paris sur l' air des champs-Elysées de Dassin et si les crimes sont odieux la lecture est légère et agréable.



Enfant de la samba

Miriam COHEN

Note de l' éditeur sur Miriam COHEN

Alors que Miriam Cohen assistait à une table ronde sur les problèmes des enfants des quartiers les plus pauvres, elle a été frappée par la remarque d' un intervenant : "On parle sans cesse de tout ce qui manque à ces enfants, et c' est indéniable, mais il ne faudrait pas oublier de parler de tout ce qu' ils ont, et qui est merveilleux: leur force d' expression, leurs dons étonnants pour la danse et le jeu scénique. Elle a écrit "Enfant de la samba" comme une sorte de témoignage de la vérité spirituelle de ces enfants.

C'est dans le quartier pauvre de l' Arbre à Cajou que vit Maria Antonia, une dizaine d' années.
Elle a la samba dans la peau, c'est ce qu' on lui répète sans arrêt,
alors elle danse, dans cette favella de Rio, elle danse au détriment de l' école souvent... 
et elle rêve d'être choisie "reine des enfants" le soir du défilé sur l'avenue.

Toute la vie du quartier semble rythmée autour du carnaval.
Des adultes aux enfants, pendant onze mois, ils répètent, perfectionnent leurs costumes.
Maria Antonia à une famille qui s' occupe d' elle, c'est une enfant aimée comme ces frères et soeurs.
"Et Papa, comme presque tous les soirs, a cru bon de nous rappeler:
- Hmmm, il n' y a vraiment que votre mère pour faire d'aussi bons haricots.
Et, comme presque tous les soirs, la tablée a gémi:
- Papa! tu nous dis ça à chaque repas, on commence à le savoir!
- Ma foi, a dit Papa, c' est que votre mère a la touche d' une artiste.
Mama a eu un tout petit sourire."
C'est bien un univers de tendresse que celui qui entoure la petite fille.

Bien sur la pauvreté est présente, par petites touches...
"- Qu' est-ce qui fait qu' il y a des gens qui déraillent comme ça?
- C'est quand on leur a cogné sur la tête quand ils étaient petits, par exemple, a expliqué Louisa.
Mais Nilton avait une autre explication:
- Moi je dirai plutôt que c' est quand trop de misères leur sont tombées dessus. Ils ne savent plus que faire. Alors ils font n' importe quoi.
De tous ces enfants, Nilton est le seul à savoir bien lire.

J'ai aussi appris des choses intéressantes sur le carnaval, mais ce roman est d' abord écrit pour des enfants.



jeudi 5 septembre 2013

Vertige

Franck THILLIEZ


J' ai eu le souffle coupé en lisant ce roman.
Jonathan Touvier, le narrateur se réveille, avec son chien, enchaîné dans ce qui semble être une grotte dans un glacier.
En examinant la grotte il découvre Michel, sans chaîne mais portant un masque de fer, et Farid, un jeune arabe, attaché par la cheville.
"Voleur" "Menteur" "Tueur"
Ces trois mots sont collés sur leur dos.
Mais qu'ont pu faire ces trois hommes pour se trouver ainsi enfermés au fond d'une grotte?
On songe inévitablement à Sartre.
Tout s'enchaîne (si je peux dire!) relativement vite...Il faut survivre, mais aussi tenter de s' échapper.
Qu' ont ses trois hommes en commun pour être ensevelis ensembles?
Qui peut-avoir suffisamment souffert par leur faute pour leur infliger un tel supplice?
Quel esprit perturbé peut agir de la sorte?
Mais surtout qu' ont-ils en commun?

Certains remords peuvent parfois pousser des esprits trop fragiles à "s' inventer des réalités".
L' essentiel n'est pas la vérité mais SA vérité.
Le titre est bien trouvé, de la première page à la dernière on est pris par ce "Vertige"



mardi 3 septembre 2013

Gatsby le Magnifique

Francis Scott FITZGERALD

L' histoire se déroule à New-York, dans les années vingt.
Le narrateur, Nick Carraway, va se lier d' amitié avec son voisin et peu à peu découvrir qui se cache derrière Gatsby le Magnifique.
Personne ne sait qui est vraiment Gatsby, d' où il vient et surtout comment il a amassé sa fortune.
Alors on invente des histoires à son sujet, tout le monde a une version...
Gatsby donne des fêtes grandioses et attire à lui la "haute société" .
Lorsqu'il invite Nick à une de ses fêtes, c'est uniquement pour être mis en relation avec Daisy Buchanam, qu'il a aimé cinq ans auparavant.
C' est un monde surfait auquel Carraway n' appartient pas, c'est sans doute pour cette raison qu'entre-eux une amitié va naître.
C'est une histoire d' amour. La toute simple histoire d'amour d'un homme qui n'aime pas la bonne personne.
"Et, assis en cet endroit, réfléchissant au vieux monde inconnu, je songeais à l' émerveillement que dut éprouver Gatsby quand il identifia pour la première fois la lumière verte au bout de la jetée. Il était venu de bien loin sur cette pelouse bleue, et son rêve devait lui paraître si proche qu' il ne pourrait manquer de la saisir avec sa main."

"Je vois bien maintenant que ce récit a été, tout compte fait, une histoire du Middle-West. Tom, Gatsby, Daisy, Jordan et moi, étions tous originaires du Middle-West"




La gifle

Christos TSIOLKAS

Lors d' un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n' est pas le sien.

Nous allons découvrir quelques-uns des invités.
Ils sont australiens d' origines diverses, quadragénaires.
Nous aurons aussi le portrait de deux ados.

Au-delà de la gifle, qui va les diviser, davantage d'ailleurs parce que l'enfant giflé n' est pas le "sien" que par rapport à la mal-traitance des enfants, ce sont leurs vraies relations qui sont évoquées.

Des adultes qui ne pensent qu' au sexe, se droguent et boivent plus que de raison, des quadras égoïstes et imbus d' eux même.
Parfois, c'est vrai certains portraits sont attachants, celui des adolescents  Connie, orpheline élevée avec amour par sa tante, ou de Richie qui a du mal à assumer son homosexualité.

Je ne sais pas trop ce que ce roman m' a apporté.


jeudi 29 août 2013

Les disparues de la St-Jean

Laurent CABROL

Quatrième de couverture

Elles s' appelaient Isabelle, Clémence et Adeline. Elles n' avaient que quinze ans. Elles ont disparues, les unes après les autres, la nuit de la Saint-Jean.

Des fugues, ont conclu les autorités en charge de ces dossiers. Des fugues, vraiment?

Justin Gilles, journaliste à "La montagne noire", n'en est pas persuadé. Pour lui, Isabelle, Clémence et Adeline ont toutes trois été assassinées. Ses articles débouchent sur l' arrestation d' un suspect.

Âgé de vingt-trois ans, le fils de l' "étrangère" vit dans une bâtisse baptisée le Chant des Vignes. Il ne se sent  bien qu' au milieu des champs, ou en compagnie de ses bêtes. Mais ce jeune homme est-il vraiment coupable des meurtres dont on l' accuse?

Laurent Cabrol décrit l' univers de la fin des années cinquante avec justesse.
Les transports, encore laborieux à cette époque, les routes jamais vraiment droites et mal signalisées...
Chaque personnage de ce roman est décrit au moment de sa naissance, avec les joies ou les peines qu' entrainent ces heures là... 
Et on suit avec attention l' enquête de Justin Gilles. Les investigations de la police, puis de la justice.
L'univers carcéral est sordide à souhait. Le procès, les avocats et témoins...et la peur des gens devant des juges.


mercredi 28 août 2013

Les labours d' hiver

Didier Cornaille

Elle venait d' avoir son certificat d' étude et le maitre était venu à la ferme de l' Huis Maugrit;
Marie Laniaud avait un bel avenir...si elle continuait à aller à l'école, et à être toujours aussi assidue elle pourrait passer le concours des bourses pour devenir institutrice.
Mais en ce début du mois d' août 1914 le tocsin résonne dans toute la campagne française, c'est la guerre qui débute.
L' instituteur, son père et son frère aîné sont mobilisés comme tous les hommes du village.
Le cadet, trop jeune ira travailler en forêt, sa mère ira travailler à la mine et Marie va prendre en charge le travail de la ferme.
En 1917, de Cormot, propriétaire de la mine fait venir des prisonniers allemands pour travailler dans la mine. Viendront se joindre à eux des insoumis français.
Parmi eux Roland Courbet, dont l' histoire peu banale va émouvoir.

Après la guerre, d' où son père ne reviendra pas,  c'est l'exode rural...
Mais Marie résiste et s' accroche à cette terre. Elle s'adapte au monde moderne, et continue avec courage et pugnacité.
Roland Courbet et Marie Laniaud se marient...Ils savent qu'il y a peu de chance que leurs enfants reprennent la ferme et pourtant l'ouvrage se termine sur ces mots de Marie: "Ils auront beau faire, la vie renaît toujours, tôt ou tard des labours de l' hiver."
J'ai aimé la lecture de ce roman,  au delà des difficultés rencontrées par Marie, on vit la fin d'un époque...J'ai été sidérée par la construction de deux monuments aux morts... celui de l' église et celui des ouvriers et l'animosité de camps qui auraient du être solidaire. Les luttes syndicales et les combats politiques à travers les yeux de ces ruraux qui n' appartiennent ni aux classes aisées, ni au prolétariat.


lundi 26 août 2013

Une mère sous influence

Patricia Macdonald



Claire est en prison, elle a avoué le meurtre de son mari Guy et de leur bébé.
Claire appelle son amie Morgan.
Bien sur Morgan ne peut pas croire, malgré les aveux, que son amie soit à l' origine d' un crime aussi odieux.
Elle va donc mener son enquête et finalement démasquer au péril de sa vie le véritable coupable.

C'est rythmé, facile à lire, les chapitres s'enchainent très vite.
J' ai passé un bon moment.





dimanche 25 août 2013

Les méchantes dames

Noëlle LORIOT

Quatrième de couverture

Qui sont ces "méchantes dames", ainsi baptisées par une grande star américaine? Des femmes apparemment ordinaires qui ont l' insolence de s' aimer entre elles. Ce qui n'implique pas qu' elles soient toute célibataires comme Michèle Forestin, la belle antiquaire, ou Dominique Noblet, l' amoureuse ambitieuse.
Quand elle sont mariées, les méchantes dames ont parfois de mauvaises surprises avec leurs époux. Maître Antoine Freson est l' un des maris bafoués par sa femme Jane, avocate également et mère de trois enfants. Mais est-ce le vrai motif de leur conflit? La démarche tortueuse de l' avocat auprès d' un jeune médecin, ses étonnantes confidences vont déclencher une cascade d' évènements tragiques. Personne ne sera épargné, ni le jeune médecin ni les méchantes dames qui gravitent autour de lui et de maître Freson.
Ironique, pudique, "Les Méchantes Dames" nous révèle les blessures que peut causer une rupture passionnelle, et le drame d'une solitude non choisie.

L'intrigue est habilement menée, l'évolution des personnages dans leurs vies est facile à suivre et la chute presque inattendue...ce n'est pas à proprement parlé un roman policier, il n'y a pas de meurtre à résoudre, mais une intrigue digne d'un policier.
Édité en 1995, longtemps avant les polémiques qui ont il y a peu agité et divisé la France, Noëlle Loriot, par touches successives et sans militantisme, expose les difficultés rencontrées par ces femmes.
Le rejet de leur famille... et pourquoi le plus souvent elles se cachent... Elle parle aussi de leurs enfants et des difficultés rencontrées.
Mais tout est si discrètement décrit et ce roman reste avant tout une jolie lecture.

lundi 19 août 2013

La nuit des proscrits

Olivier JOZAN

Quatrième de couverture
  1813. Alors que l' Europe est mise à feu et à sang par les guerres napoléoniennes, l' Angleterre mène une vie paisible à l' abri de la barrière infranchissable de la Manche.
  Ces conflits bouleverseront pourtant l' existence d' Amélia Conygham, lorsque Mick Barry, bouillant révolutionnaire irlandais et Thomas Clairvaux, mélancolique major français, feront irruption dans le   manoir de Brook Hall où ils la retiendront prisonnière avec son père. Après l'enfer d' un long emprisonnement sur les pontons anglais,  comment ces geôliers d'occasion ne tomberaient-ils pas amoureux d' Amélia? De son côté, la jeune fille ne saurait rester indifférente à ces aventuriers, tellement plus intéressant que les fades aristocrates de son entourage habituel.
  Mais les dramatiques circonstances qui ont amené à Brook Hall les deux proscrits débouchent sur une véritable tragédie qui va se jouer dans les bas-fonds de Londres.
  Enlèvement, poursuite et coups de coeur se succèdent au grand galop où la sensibilité et l'humour d' Olivier Jozan se conjuguent pour renouveler le genre.

C'est un roman très agréable à lire.
Les descriptions de l' Angleterre de l' époque, la campagne anglaise , ses lords et "gentlemen-farmer", la misère des bas-fonds de Londres, la révolte irlandaise, et la haine des français ou plutôt des bonapartistes donnent à ce roman un vrai charme.

samedi 17 août 2013

C' est encore mieux à cinquante ans !

Françoise LABORDE

Je suis toujours très méfiante quand les auteurs de romans travaillent dans les médias...
Mais il faut leur donner une chance.
Ce n'est qu'un suite plutôt insipide de souvenirs sans intérêt.

Ce roman, sans intérêt, sans talent d'écriture a le mérite d' ajouter un livre au challenge de nombres de Piplo.

vendredi 16 août 2013

Venez donc passer quelques jours chez nous...

Ghislaine OTTENHEIMER


J'ai d' abord été amusée par les amis venus passer quelques jours dans cette maison secondaire.
On fait visiter, on n'est pas peu fier, on explique le pourquoi des aménagements, le comment aussi...
On subit les critiques, ceux qui auraient fait autrement, ailleurs, ceux qui trouvent tout parfait...
Il y a les voisins, les locaux qu'il faut ménager, s'en faire des amis pour s'intégrer au village, et ceux qu' on a invités...les amis, les collègues qui viennent de Paris.
J'ai retrouvé à peu près toute le panoplie des visiteurs...Ceux qui ne donnent pas de dates de départ...au cas où on ne se plairait pas...on part plus tôt, ou sinon on reste plus longtemps...Ceux qui ne savent rien faire sans vous...les  "on fait quoi aujourd'hui" qu'il faut prendre par la main, qui attendent de vous des visites et sorties quotidiennes .
Maison principale ou secondaire...ce sont les mêmes... généreux ou pique-assiettes, sans-gène ou coincés... Séjours agréables ou fastidieux pour la maîtresse de maison.
Après quelques chapitres plutôt drôles et parfois cocasses, j'ai eu l'impression de lire une revue féminine où on m'expliquai comment recevoir, comment éviter certains malotrus, et j'ai été vite lassée.
Puis l'auteur nous explique enfin ce qui a motivé son acquisition, ce désir de maison familiale et c'est sur une note de tendresse que se termine ce récit.


mercredi 14 août 2013

La reine soleil

Christian JACQ

Ce n'est pas le premier roman que je lis de Christian Jacq.
J'ai grâce à lui découvert l' Egypte des grands pharaons et je me suis passionnée pour ce monde mystérieux.
J'ai bien sur retrouvé la magie de l' Egypte, 
apprécié l'écriture et le style de l'auteur,
mais je n'ai pas cru à l'histoire d'amour entre Akhésa et Toutankhamon,
Je n'ai pas cru qu'un peuple aussi évolué puisse aller à sa perte en laissant deux adolescents immatures gouverner...les intrigues alors ne sont pas davantage crédibles.

J'ai découvert, grâce à Christian Jacq, 
les grandes reines d' Egypte, 
les femmes qui jouent un rôle actif dans une société antique,
J'ai découvert un peuple sans esclave, un peuple fier, loin des descriptions de la bible.
Ce roman n' est donc qu'une toute petite déception pour moi 
et je conseillerais quand même sa lecture (enfin si quelqu' un vient lire ce que j' écris!)

jeudi 8 août 2013

Du domaine des Murmures

Carole MARTINEZ




Nous voilà avec ce roman plongés au coeur du moyen-âge et de son obscurantisme.
Qui n'a pas songé, devant certains sites aux vies passées, aux drames et aux joies, aux malheurs et aux bonheurs de ceux qui ont foulés et touchés avant nous ces vieilles pierres.

Elle n'était pas vieille cette chapelle dédiée à Sainte Agnès; il n' y avait que deux ans qu' Esclarmonde avait demandé sa construction pour y accoler une cellule et y passer le reste de sa vie.
Elle était si jeune Esclarmonde, quinze ans seulement, lorsque plutôt de prendre Lothaire pour mari elle choisit la vie de recluse.
Elle avait dix-sept ans lorsqu' elle a assisté à ses propres funérailles et qu' on a muré sa geôle.
Elle a mis au monde cet enfant, né d'un viol,
et à travers les mains percés de son fils elle a suivi la dernière croisade de son père et de deux de ses frères.
Et personne jamais pour se poser cette question...mais comment a-t-elle eu cet enfant. Le connaît-elle le nom du père?
Non, la recluse devient une sainte.
On lui confit ses pêchers, lui demande des grâces, des prières, elle accomplit des miracles,
plus personne ne meurt, plus personne n'est malade au domaine des murmures...
Nous devons donc la garder...même morte...
Elle n'avait que vingt et un ans Esclarmonde quand tout son être est devenu "murmure" pour nous raconter son histoire à travers les siècles.

Merci à Carole Martinez d'avoir écrit ce roman avec tant de pudeur et merci à ma fille de me l'avoir offert.

mercredi 7 août 2013

Le confident

Hélène GREMILLON

Quatrième de couverture

Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d' abord à une erreur mais les lettres continuent d' arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu' elle n' est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Il est surprenant ce Louis qui écrit ces lettres à une parfaite inconnue.
Il raconte son histoire d'amour avec Annie.
Elle disparaît de sa vie pour réapparaître quelques années plus tard et lui demander son aide...puis de nouveau elle s'enfuit...
Mais Camille est étrangère à cette histoire...
Pourtant Louis continue.
Et Camille va se retrouver au coeur d' une passion... cette passion qui ne peut connaître que l'amour ou la haine.
"Pierre mon frère, tu continueras de dire que j' étais la préférée de maman, si tu savais comme j'aurai préféré être sa fille."

C'est la triste histoire des parents stériles, des mères porteuses et des enfants volés vendus ou achetés.
C'est la triste histoire des femmes trahies en amour comme en amitié qui alors sont capables du pire.
C'est un roman qui prend aux tripes.

mardi 6 août 2013

La mort du roi Tsongor

Laurent GAUDE


J'ai avec ce roman découvert et apprécié l'écriture de Laurent Gaudé.

Le roi Tsongor roi de Massaba doit marier sa fille Samilia.
La veille de la noce un deuxième prétendant surgit.
Le roi doit choisir, il préfère, aidé de son fidèle Katabolonga  la mort.
Il demande au cadet de ses fils Souba de partir et d'ériger à travers l'empire sept tombeaux.


Le roi meurt...et le chaos nait dans sa ville...
Les deux prétendants de sa fille vont lever chacun une armée.
Ses fils vont s'entredéchirer... choisissant des camps différents.

Et pendant cette guerre, Souba va à la recherche de son père.
Il le découvrira bâtisseur, unificateur, mais aussi guerrier sanguinaire, sans pitié pour les peuples refusant de se soumettre.
Les tombeaux seront chacun un peu de ce père, qui avant d' être juste et bon était un tortionnaire.

Samilia trahie par son amour d'enfance, puis par son amour de femme, comprend que si la guerre à commencé à cause d'elle, elle n'est en rien responsable de cet enfer.



lundi 5 août 2013

Il n'y a pas d' âge pour séduire

Jean-Michel COHEN

Mathieu Sorin, nutritionniste réputé décide de quitter une clinique chic afin de retrouver non plus des "clients" mais des "patients".
Avec lui nous allons suivre cinq de ses patients, tous plus attachants les uns que les autres.

Ralph Farrell, grand couturier pour lequel seul un traitement radical semble convenir.
Liliane Bensimon, épouse modèle qui lutte contre un surpoids.
Sarah Fillot, jeune fille anorexique qui va se lancer en politique pour s'opposer à son ministre de père.
Pierre-André, le CRS qui veut devenir ostéopathe.
Et la fabuleuse Betty Dansler, octogénaire qui nous livre les secrets de sa vie.

Je dois avouer que si je fais attention à ce que je mange, je n'ai de ma vie jamais fait un régime.
Je ne pensais donc pas apprécier autant ce roman.
J'ai aimé tous les personnages ainsi que Mathieu Sorin.
Un autre regard sur les raisons de nos surpoids et bourrelets.


A nous de jouer !

Stéphane HESSEL

"L'homme n'a pas seulement un cerveau, il a aussi un coeur et c'est lui qui doit être renforcé...Faites preuve de responsabilité en vous engageant. Changez ce monde!"

Un entretien avec Stéphane Hessel mené par Roland Merk.

C'est philosophique, politique et humain.

dimanche 30 juin 2013

Les Visages.

Jesse Kellerman

Quatrième de couverture.

La plus grande oeuvre d'art jamais crée dort dans les cartons d'un appartement miteux. Ethan Muller, un galeriste new-yorkais, décide aussitôt d'exposer ces étranges tableaux, qui mêlent à un décor torturé d' innocents portraits d'enfants. Le succès est immédiat, le monde crie au génie. Mais un policier croit reconnaître certains visages: ceux d'enfants victimes de meurtres irrésolus...


L'enquête que mènent  Ethan Muller et le policier retraité Lee McGrath  est jalonnée d'interludes. 
Le premier date de 1918 et nous fait connaître l'arrivée du premier Muller ( Solomon) sur le territoire américain.
Tout en découvrant l'assassin des enfants, nous découvrirons les secrets d'une des plus riche famille américaine.
Une lecture intéressante.

vendredi 28 juin 2013

Les soleils de l'hiver.

René Barral
 

Quatrième de couverture

Joseph Biron a 82 ans quand sa femme meurt, le laissant seul et désemparé dans sa ferme du Campet, au coeur des Cévennes. Cependant, dès le lendemain de l'enterrement, un drôle de petit bonhomme, Tintin, lui amène un paquet de victuailles de la part de sa voisine. D'abord décontenancé, le vieil homme découvre peu à peu cette femme étonnante que tout le monde fuit. Il se sent revivre. Un jour, un jeune homme débarque au Campet et dans sa vie ...

Pendant quelques heures Joseph Biron est devenu mon ami...comme souvent quand je lis, je vis les peurs, les joies ou les peines du narrateur...
Dans ce village désert, je l'ai regardé restaurer, en compagnie de l'innocent Tintin, le four à pain.
Il apprend à connaître la "Bousconne" et les raisons de son isolement... sa générosité aussi, puisqu'elle a pris sous son aile le trop fragile et naïf Tintin. 
"Qu'est-ce qui nous empêche de voir les gens comme ils sont vraiment ? pensait-il. On se construit des certitudes comme autant de prisons où l'on s'enferme avec des images. Un tel est brave, celle là est mauvaise."
Joseph est fâché avec son fils Patrick...qui a mal tourné, qui a fait de la prison...qui, le pire...lui a volé de l'argent...qui vit à Pigalle où il a un bar...qui a épousé une pute...qui a une fille qu'il n'a jamais vu, qui n'est pas venu au chevet de sa mère malade....
Dans sa colère...il fait refaire le toit d'une bergerie qui ne lui appartient pas ...tout simplement pour déshériter son fils...
Toute cette colère contre son fils,
et pourtant un si brave homme...
Mais un jour va changer sa vie...ou plutôt sa fin de vie...sa bru lui écrit une lettre où elle lui explique qui elle est...qui est son fils...
Une note optimiste sur cette fin de vie et fin de roman...


mercredi 26 juin 2013

Au coeur des forêts

Christian SIGNOL

"Regarde bien les arbres. Ils savent, comme nous, qu'ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu'à une chose:grandir, monter le plus haut possible."

Comme je l'ai aimé, Bastien, le narrateur.
Sa plus grande qualité, c'est de comprendre que le monde change, mais à aucun moment il ne pense le fameux " c'était mieux avant".
Du passé il a la nostalgie des êtres aimés et qui ne sont plus,
mais il sait s'adapter au monde moderne.
Il comprend que ni sa fille ni sa petite fille ne souhaitent la même vie que lui et n'en éprouve aucun ressentiment.

Il nait dans les années trente, au coeur des forêts.
Il n'a quitté sa forêt que deux fois, pour faire son service militaire, puis pour essayer de retrouver Justine sa soeur aînée disparue sans laisser le moindre indice.
Voilà douze ans déjà qu' il n'a revu ni sa fille, Jeanne, ni sa petite-fille Charlotte venues pour les obsèques de son épouse Louise.
Il reçoit une lettre de sa petite fille:
"Bastien, je viens de vivre une terrible épreuve. J'ai besoin de me reposer. Peux-tu m'accueillir quelques temps?"Charlotte
"Viens quand tu veux!" est le message qu'il laisse sur le répondeur.

"Replanter pour qui Bastien?"
...pour qui, je ne sais pas... parce que c'est comme ça... pour mon père... pour ceux que j'ai aimé et qui sont toujours là...pour les anciens...
pour le futur...

Encore un bon moment de lecture.