mercredi 15 mars 2017

La capeline écarlate

Manuelle Ackermann-Repond

Quatrième de couverture

Un chapeau peut-il changer le cours d’une vie ?
Mila, jeune adulte en délicatesse avec son passé, nous raconte sa quête d’identité dans le monde des modistes et du cinéma durant la deuxième moitié du XXe siècle. Cet univers, où le paraître règne et dans lequel les apparences sont parfois trompeuses, nous emmène de rencontres ensorcelantes en événements tragiques, de découvertes enrichissantes en surprises bluffantes.
Histoires d’amitié, d’amour, de deuils, de passion pour un métier s’entremêlent. Jusqu’au rebondissement final.

C'est tout d'abord son titre qui m'a interpelée. J'aime les chapeaux, tous les couvre-chefs sans exception, du bibi à la capeline, de la casquette au borsalino, du béret au panama, je les aime, et je les porte, été comme hiver, aujourd'hui plus qu'hier!
J'aime aussi la couverture du livre. Très épurée, et tellement parlante. Tour Eiffel coiffée, le raffinement, et ce chemin de rail…chemin vers la vie…vers les choix de sa vie.
C'est ce que va faire Mila, contre son gré, devenir modiste. Aimer comme un père son maître d'apprentissage Aloys, puis partir à la conquête d'un autre monde, celui des adultes, du cinéma, de la capitale. Entre les secrets de son passé, et ses espoirs de futur, Mila va lutter, se chercher et peut-être se trouver.
Fruit d'une éducation rigide et sans tendresse, j'ai eu parfois eu du mal avec son apparente  indifférence des autres, sa brutalité et son égoïsme. Et pourtant l'auteur sait aussi la rendre attachante. De jolies descriptions des personnages, des lieux. C'est simple, c'est frais…J'ai senti l'odeur du café, partagé une table au "Beau Bosphore" café turc de Paris…
J'ai aimé l'écriture de Manuela Ackermann-Repond. Elle nous mène tout doucement vers un dénouement plus qu'inattendu. Une lecture agréable.

Je remercie Partage Lecture et les éditions Slatkine pour ce partenariat




dimanche 12 mars 2017

L'hôtel hanté

Wilkie COLLINS

Quatrième de couverture

Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse Narona ? Une intrigante prête à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? 
Entre Londres et Venise, Collins campe des personnages aux facettes multiples et complexes qui seront, consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à se révéler suspecte.
Traduit par Henri Dallemagne.

Je n'ai pas particulièrement apprécié ce roman. 
Alors que nous sommes en Angleterre, époque victorienne, l'auteur dépeint des femmes que je ne sais pas apprécier. 
Trop de clichés! Une jeune femme blonde, fragile, qu'il faut protéger de la méchante, l'intrigante  brune, évidement! J'aurais tellement aimé que la fiancée humiliée soit à l'origine de la manipulation…juste pour lui trouver enfin du caractère!
J'ai d'abord cru lire une histoire fantastique, puis j'ai glissé vers le policier… et lorsque enfin le dénouement est là… le mâle dominant décide "quoi" faire des preuves afin de laisser l'héroïne dormir dans son ignorance.
J'ai quand même eu envie de lire ce roman jusqu'au bout, parce que j'avais envie de savoir, je voulais un rebondissement… 

Un avis différent du mien sur le blog

dimanche 5 mars 2017

Nouvelles à contresens

Jean-Pierre DEUMIÉ

Présentation de l'éditeur

Des récits pour remonter le cours de l'Histoire.
Ce recueil de contes est composé à rebours du temps : l’auteur remonte les ans depuis 2018 — un futur proche, au moment de la parution du livre — jusqu’en 1918.
Il y raconte de brèves histoires pour illustrer chacune des décennies calendaires du siècle qui vient de s’écouler. Il évoque ainsi des personnages pittoresques ou attachants rencontrés, des moments cocasses vécus, des souvenirs intimes, voire des commérages. Simples faits divers, ces historiettes sont cependant, le plus souvent, en rapport avec un événement marquant de l’année où elles se situent.
Les récits nous amènent de bourgades du Sud jusque dans le « bon » seizième parisien, dans plusieurs grandes villes de France, ainsi qu’à Benghazi et à Ankara.


L'idée est assez originale, puisque la première histoire, un conte, se passe dans un futur très proche, et le recueil se termine 100 ans plus tôt. Vingt et une petites nouvelles, parfois de jolis contes pour remonter le temps.
"En guise d'au revoir" la toute première histoire, dans ce monde moderne, ce monde de demain où les monts recouverts d'éoliennes peuvent effrayer, et remonter le temps, aller à la rencontre de "Jules et Ernest" précurseurs en vinification "moderne" des cépages de leur région en 1918. 
Au pays du vent, dans ces Corbières où l'auteur vit le jour en 1935, mais aussi dans quelques villes françaises ou étrangères. Au fil des nouvelles nous découvrons un instituteur pas très net, un chauffeur de taxi, et Édith aussi, une "vieille" d'au moins vingt-deux ans!, une mécanographe (métier moderne aujourd'hui disparu!), l'élu du terroir… Parfois un vieux râleur, ou une épouse ambitieuse, des commérages, des rencontres improbables, des joies et des déceptions … Des histoires peut-être vraies, sûrement arrangées, toute une panoplie de portraits plus ou moins attachants, des souvenirs sans doute aussi… 
L'auteur ne se veut ni historien, ni biographe, il se souvient, raconte des anecdotes, voyage au fil des ans, au fil de sa mémoire, de ses souvenirs, vécus ou pas. 

Je remercie Anaelle, des éditions Publishroom pour ce partenariat.


Nouvelles à contresens de Jean-Pierre Deumié

samedi 4 mars 2017

Des nœuds d'acier

Sandrine COLLETTE

Quatrième de couverture

Avril 2001. Dans la cave d’une ferme miteuse, au creux d’une vallée isolée couverte d’une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s’appelle Théo, il a quarante ans, il a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave.
Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n’a pourtant rien d’une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l’ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d’autres. Alors allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d’eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d’échapper à ses geôliers.
Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d’où toute humanité a disparu ?

Il sort de prison Théo, il part se reposer avant de rejoindre la femme qu'il aime, celle pour qui il s'est battu contre son frère. Son frère restera paralysé à vie… Il ne regrette pas… Il n'est pas très sympathique avec cette haine qu'il garde contre son ainé…
Qui a-t-il de pire que d'être privé de liberté? Existe-t-il plus humiliant?
N'être plus rien, moins qu'un animal domestique, moins qu'un cheval de trait, moins qu'un chien.
Sandrine Collette nous projette en enfer, au delà même de l'enfer… 
Impossible de laisser cette lecture sans savoir ce que Théo allait devenir…
Frissons, nausées et révoltes garantis!!!

samedi 25 février 2017

Le clandestin

Franck THILLIEZ


Quatrième de couverture 

Médée ? Une jeune femme en apparence sans histoire, bonne mère de famille et bonne épouse. Toujours là pour la sortie des classes, pour surveiller les devoirs, pour raconter l'histoire du soir. Et d'autant plus soucieuse de s'occuper de ses deux enfants qu'elle s'est elle-même sentie délaissée par sa mère, débordée par sa trop nombreuse progéniture… 
Mais quand tout le monde dort, Médée descend dans la cave, soulève une paroi de laine de verre et dévoile alors une autre facette de sa personnalité. Qui n'a rien à envier à la sombre héroïne de la mythologie grecque dont elle porte le nom…

Note de l'auteur:
Histoire très librement inspirée du drame qui s'est déroulé à Séoul en 2006 et de cette affaire communément appelée "L'affaire des bébés congelés".

Juste une petite nouvelle, moins de vingt pages, pour nous parler d'une maman. Pas une mauvaise mère, non, une maman attentionnée et protectrice. Mais aussi d'une femme, une femme plutôt taciturne, qui ne se confie pas, qui ne sait pas se confier. 
Cette impression de solitude, avec pourtant un mari aimant, cette sensation de malheur, malgré deux enfants aimés… cette double personnalité, ce refus de la vie.
Thilliez ne juge pas, il analyse simplement, avec beaucoup de talent, pourquoi peut-être un jour, une femme qui n'a rien d'un monstre peut commettre un acte monstrueux.

Cette nouvelle est extraite du recueil "Brèves de noir"

La mémoire fantôme

Franck THILLIEZ

Quatrième de couverture

Une femme à bout de souffle court dans l'orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres de sang : " Pr de retour ". Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s'est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique... Quatre minutes. C'est pour elle la durée approximative d'un souvenir. Après, sans le secours de son précieux organiseur électronique, les mots, les sons, les visages... tout disparaît. Pourquoi ces traces de corde sur ses poignets ? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans sa chair ? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre années plus tôt ? Pour Lucie Henebelle, lieutenant de police de la brigade criminelle de Lille, la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars... Une lutte s'engage, qui fera ressurgir ses plus profonds démons.

Les Thilliez se succèdent et ont chez moi des couleurs différentes. J'avais beaucoup aimé "Vertige" j'ai été séduite par "Puzzle", mais pas aimé du tout "Pandémia".
Avec "La mémoire fantôme", j'ai retrouvé ce bonheur de lire, cette envie de continuer ma lecture, pestant contre la vie qui parfois nous oblige à poser le livre.
Lucie Henebelle aide Manon, une jeune femme égarée dans la nuit. À la suite d'une agression, cette jeune et brillante mathématicienne a perdu l'usage de sa mémoire immédiate. Depuis trois ans déjà, elle n'a fixé aucun souvenir, sinon ce qu'elle note dans son "organiseur électronique".
Il ne sera pas facile pour Lucie de s'associer à Manon pour découvrir les identités de deux tueurs en série… Le professeur et ses énigmes liées aux mathématiques, et le chasseur, prédateur sexuel amateur de jeunes femmes rousses.
Thilliez nous fait pénétrer dans l'univers de la mémoire, des différentes mémoires que notre cerveau possède. Intéressant!

mercredi 22 février 2017

Irezumi

TAKAGI Akimitsu

Quatrième de couverture

Tokyo, été 1947. Dans une salle de bains fermée à clef, on retrouve les membres d’une femme assassinée. Son buste – lequel était recouvert d’un magnifique irezumi, ce célèbre tatouage intégral pratiqué par les yakuzas qui transforme tout corps en œuvre d’art vivante – a disparu. Le cadavre est découvert par deux admirateurs de la victime : un professeur collectionneur de peaux tatouées et le naïf et amoureux Kenzô Matsushita. La police a deux autres meurtres sur les bras : le frère de la première victime, dont le corps était lui aussi recouvert d’un irezumi, retrouvé mort et écorché, et l’amant jaloux de la jeune femme, tué d’une balle dans la tête. Frustré par leur incapacité à résoudre ces affaires, Matsushita appelle à la rescousse Kyôsuke Kamisu, dit «le Génie». Seul ce surdoué charismatique et élégant peut démasquer le psychopathe arracheur de tatouages.
Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon.


J'ai découvert avec ce roman, paru en 1948 au Japon, les tatouages traditionnels nippons, "Irezumi".
Ils recouvraient souvent tout le corps, et ont été interdits jusqu'en 1945. Par la suite, ils ont longtemps gardé une image de liée à la criminalité.
L'auteur explique si bien, tout en nous faisant découvrir les personnages, l'intrigue et les lieux, l'art du tatouage que j'ai eu l'impression d'un documentaire. Et si certains amateurs collectionnent les tatouages, je n'ai pas été surprise…La cupidité n'a pas d'époque. Certains maîtres tatoueurs étant de véritables artistes.
Dans un Tokyo dévasté par la guerre, après Hiroshima, nous retrouvons toute une époque, tout un peuple, des hommes et des femmes qui essaient de survivre dans un monde en ruine…Regardez un vieux film en noir et blanc, où la fumée des cigarettes fait d'étranges volutes au plafond des cafés, et nous suivons le jeune Kenzo, personnage principal de cette histoire, candide à souhait… ni sot, ni surdoué…Juste un jeune homme qui découvre le monde des "Irezumi".
Une lecture enrichissante, une intrigue bien menée, du suspens et des rebondissements.