dimanche 21 mai 2017

La marque de Windfield

Ken FOLLETT
Couverture: James Tissot, La demoiselle d'honneur (détail)

Quatrième de couverture

L'auteur du "Code Rebecca" et de l'inoubliable fresque des "Piliers de la Terre" nous emmène ici avec sa prodigieuse science de l'intrigue, au coeur de l'Angleterre victorienne.
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d'un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d'Edward, riche héritier d'une grande banque , de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d'un richissime Sud-Américain. Autour d'eux, des dizaines d'autres figures s'agitent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d'argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité…
Traduit de l'anglais par Jean Rosenthal.

Ken Follett nous entraîne dans l'univers financier londonien de la fin du XIXème siècle.  
C'est au collège de Windfield que nous découvrons un groupe de jeunes garçons. La journée est chaude, ils sont consignés pour un histoire de larcin, ils font le mur pour aller se baigner. Un drame: Peter Middleton se noie! Accident? Crime?
Histoires d'amours, d'ambitions, rivalités, manipulations … L'auteur ne nous épargne pas.
L'époque est, comme toujours avec Follett, très bien décrite. 
Les années passent, nos héros grandissent…
On s'attache aux personnages, les gentils…trop gentils sans doute… et les méchants… très très méchants bien sûr! 
C'est un beau roman, les intrigues sont bien menées, le suspens présent, nous craignons pour nos favoris. Un beau moment de lecture!

lundi 15 mai 2017

La puissance de l'amour — Seul rempart contre nos sociétés.

Guy VERGER

Quatrième de couverture

La puissance de l’amour a joué deux rôles essentiels dans notre vie de couple et de famille recomposée. D’abord, l’amour nous a unis et soudés jusque dans les pires moments. Ensuite, l’amour que notre couple a développé pour les autres afin de les aider comme nous le pouvions. Nous étions convaincus que face à nos sociétés déshumanisantes, seul l’amour pouvait être un rempart pour contrer les idéaux religieux, politiques et financiers qui corrompent tout à partir du pouvoir, du profit et de la partialité, à tel point que notre couple criera « je suis CHARLOT » en lieu et place de « CHARLIE ». La mondialisation de l’amour est pour nous l’enjeu de ce XXIe siècle.

Lorsque l'auteur parle de la femme qu'il aime, avec laquelle il a vécu pendant vingt-trois années, on ressent son émotion. La disparition de cette femme, le vide qu'elle laisse, son absence, Guy Verger raconte avec émotion. On ressent tout son amour, toute la tendresse qu'ils partageaient… 
Nous trouvons cet amour dans le prologue, dans l'introduction. 
C'est peut-être parce qu'ensuite il se perd, entre les souvenirs de leurs engagements, les siens et ceux de sa compagne qu'il ne la nomme qu'à la fin de l'ouvrage…À plusieurs reprises je me suis demandée quel était le prénom de cette femme aimée, vérifiée que je n'avais pas omis ou oublié… Son doux prénom il le dépose comme une fleur à la fin du livre!
Politique, religion, philosophie, engagement syndical, corruption, l'auteur parle à bâton rompu, cherche des définitions dans les dictionnaires, parle de ruptures familiales, d'amour amitié, d'amour platonique (sans le nommer) de sa vision de la sexualité… c'est beaucoup pour 110 pages. Il a tant de choses à dire, à écrire, pour se souvenir de cet amour qu'il semble se perdre.
C'est dommage, parce que son écriture est agréable, les idées qui sont les siennes, même si on ne les partage pas toutes, mériteraient d'être développées.
Et petite parenthèse personnelle, les réseaux sociaux permettent aussi aux personnes âgées et même très âgées de garder le contact avec leurs petits-enfants, de connaître leurs arrière-petits-enfants…Parce que la vie est ainsi faite que parfois les gens qu'on aime sont à l'autre bout du monde! Ils permettent aussi de se couper d'un isolement que la maladie ou l'âge avancé pourraient provoquer. Bien utilisés, ils sont un plus pour notre société!


Je remercie les éditions Baudelaire pour ce partenariat surprise.



samedi 22 avril 2017

La fille dans le brouillard

Donato CARRISI

Quatrième de couverture

Anna Lou est une jeune fille exemplaire. 
Alors pourquoi aurait-elle fugué la veille de Noël ? 
Ou serait-ce un kidnapping ?

Mais qui lui voudrait du mal 
dans son paisible village des Alpes ? 
Le commandant Vogel, star de la police, est envoyé sur place.
Entouré de sa horde de caméras, il piétine. 
Aucune piste, aucun indice ne s'offre à lui. 
Devant ses fans, il ne peut pas perdre la face.

Vogel résistera-t-il à la pression 
de son public qui réclame un coupable ?

Traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Étrange roman… Une jeune ado disparait, fugue, enlèvement, accident? Le commandant Vogel a besoin de redorer son blason, de refaire sa réputation de fin limier, l'affaire du "mutilateur" a fait tâche dans sa carrière. Donner un supposé coupable en pâture aux médias… Non décidément Vogel n'est pas sympathique. Ce loup solitaire ne recule devant rien…Et pourtant, rien n'est vraiment simple… Flore, un vieux psychiatre, Martini, un professeur… et la foule… L'enquète devient un feuilleton, il faut des rebondissements, de l'action, tenir le public en haleine pour préserver l'audimat. Alors que reste-t-il des victimes? 
Un roman où l'auteur jusqu'au bout maitrise le suspens, un dénouement pas si simple. Une suite de rebondissements… Et pourtant, un sentiment étrange de douceur dans l'écriture alors que la révolte, notre révolte de lecteur est présente à chaque page.

L'avis de ma prêteuse: ICI

lundi 17 avril 2017

N'oublier jamais

Michel BUSSI

Quatrième de couverture

À Yport, parti courir sur la plus haute falaise d’Europe, Jamal a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture. Puis la femme, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Jamal lui tend l’écharpe comme on tend une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît le corps inerte de l’inconnue. À son cou, l’écharpe rouge.
Tout le monde pense qu’il l’a poussée. Il voulait simplement la sauver.
C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ?


C'est mon sixième Bussi, il y a ceux que j'ai aimés, et ceux que je n'ai pas aimés!
Celui-là rejoindra ceux que j'ai moins appréciés.
Pourtant je suis bon public, j'aime chercher dans un texte, dans une histoire les points positifs…
Pour essayer de "m'aider" dans la lecture, j'ai lu la dernière page, mon avancement étant encore laborieux, j'ai lu "18 jours plus tard…" et enfin "révision"… Delà à dire que j'ai lu ce roman en reculant, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas!
Je dois quand même ajouter que j'ai trouvé la fin inattendue, et qu'à ce moment là mon intérêt est revenu. 

vendredi 14 avril 2017

Le cercle celtique

Björn LARSSON

Quatrième de couverture

Un voilier vogue au large de l'Écosse. Bravant les rigueurs de la mer du Nord en plein hiver, ses deux passagers se dirigent vers des périls sans nom. Car plus effrayants que la nature déchaînée sont les dangers dont les hommes les menacent. Poursuivis sur les mers par des inconnus, volés, espionnés, ils n'en sont pas moins déterminés à découvrir la clef de la malédiction qui pèse sur MacDuff et Mary, amoureux en fuite. A découvrir surtout le secret du Cercle celtique, avec ses mystérieux rites meurtriers. 
Du Danemark aux îles Hébrides, de tempête en bourrasque, de surprise en révélation, les deux aventuriers de la mer vont accomplir un étonnant voyage et mettre au jour quelques sinistres vérités…
Traduit du suédois par Christine Hammarstrand.

C'est un voyage très particulier que j'ai fait à bord du Rustica. Avec moi, pour lutter contre les éléments déchainés, Ulf marin chevronné et son ami de toujours Torben. Torben, s'il ne connait pas la navigation a de grandes connaissances sûr les coutumes celtes, et il apprend vite!
Comment faire autrement quand les éléments se déchainent?
Parce que c'est au mois de janvier que Ulf décide de suivre le carnet de bord que Pekka lui a remis. C'est comme une promesse… Partir du Danemark pour aller en Ecosse en respectant les escales mentionnées par Pekka pour comprendre, se protéger des poursuivants, craindre les déferlantes, se méfier des humains mais aussi des ouragans de l'hiver…
Je n'aurai pas qualifié ce roman de policier, mais plutôt d'aventure.  Aventure, amour, trahison…
C'est un roman très bien écrit, agréable à lire, mais qui sans doute intéressera davantage les amateurs de voile, tant la navigation est détaillée!

"À terre, disait MacDuff, on s’imagine toujours être plus important que ce que l’on est en réalité. On essaie de laisser des marques, aussi bien dans l’esprit des autres que devant l’éternité. Sur mer, on sait que cela ne sert à rien. Une fois que la traîne derrière le bateau a disparu, c’est comme si rien ne s’était jamais produit." 

J'ai lu ce roman dans le cadre de la lecture commune Mars-avril 2017 du forum "Partage Lecture".

samedi 8 avril 2017

L'esquinte (roman meurtrier)

Edwige DECOUX-LEFOUL

Présentation de l'éditeur

À l’esquinte de trop, chacun peut chavirer…

Et tout chavirement entraîne les autres dans une tornade dévastatrice…

De Louise qui part-court le monde pour se reconstruire. De l’obsession de Sacha Malowsky pour elle, qui le conduira à passer un point de non-retour. Il emportera dans une spirale infernale Joy, la sensuelle cambodgienne, Beth Vian-Zerger, le sosie de Louise et tous ceux qui l’approchent. Son pouvoir de séduction, allié à celui de la manipulation va se conjuguer pour alimenter une machination diabolique : manipuler les gens pour arriver au crime parfait. Sonia Conti, la bombe sexuelle qui vit de ses charmes, Arno Bruchini le mafieux, Pauline Lagarde la jeune attachée de clientèle de la banque et Mady Lebolzec, vieille dame riche et élégante, lui serviront de pions pour arriver à ses fins. Et quelles fins !

Trahison et vengeance, amour et humour, rebondissements et retournements, sexe ; la nature humaine dans tous ses états, bons et mauvais.


Elle est à la recherche de l'amour de sa maman, Louise, la petite Lilou, mais Katia, déracinée et malheureuse est incapable de donner de l'affection. Cette affection, cet amour Louise va le trouver auprès de "Mamm-Gozh" sa grand-mère paternelle et de Monguy. Grâce à ces deux piliers elle deviendra une adulte, une artiste et pourra se réaliser.
Alors pourquoi, cette femme artiste libre, aimant le naturel, les bonheurs simples accepte-t-elle de vivre dix ans avec ce bellâtre, ce Sacha, imbu de lui même… Les mystères de l'amour…ou plutôt du sexe. Il la trahit, elle le quitte! 
N'ayant rien compris à Louise, Sacha va se servir de son pouvoir de séduction pour essayer de la reconquérir. D'une femme à l'autre, mais toujours cherchant sa Louise…

J'ai trouvé le personnage de Sacha bien construit. Jeune homme sûr de lui, séducteur il n'aime pas qu'on lui résiste. C'est pour cette raison qu'il s'attache à Louise. On sent l'évolution de son caractère. De séducteur il devient profiteur puis manipulateur. Parce qu'elle le quitte, elle devient son obsession. Pour la reconquérir, il est prêt à tout.
L'auteur fait de superbes descriptions. Les tableaux de sa Bretagne natale, l'exposition de Calder et les réactions de Diwan, les meubles de Mady Lebolzec… jusqu'au "Kighafarz", pot au feu breton qu'elle m'a donné envie de découvrir.
J'ai moins apprécié la fin, mais Edwige Decoux-Lefoul a du être bercé dans les contes et légendes bretonnes… 

Je remercie Partage Lecture et Anaelle, des éditions Publishroom pour ce partenariat.


L'esquinte (Roman meurtrier) de
Edwige Decoux-Lefoul



lundi 3 avril 2017

Les larmes noires sur la terre

Sandrine COLLETTE

Quatrième de couverture

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse». 
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir. 
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser. 
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix?

Sandrine Collette ne fait pas dans le mièvre, elle écrit sûr des sujets difficiles, souvent insoutenables. Elle nous remue jusqu'au plus profond de notre être. Nos tripes, nos boyaux, notre coeur, mais aussi notre cerveau…Tout se bouscule, tout nous bouscule, elle piétine allègrement nos bons sentiments. Elle nous horrifie par son réalisme noir…et j'adore!
Pour ce quatrième roman que j'ai le plaisir de lire, l'auteur nous entraîne à la suite de Moe, dans un sordide lieu de vie, dans un coin sûrement tranquille de notre douce France…
Partie de son Papeete natal pour découvrir les charmes de Paris, elle se retrouve délaissée et maltraitée par son mari dans une banlieue sinistre. 
Alors, elle finit par fuir…et par se retrouver "hébergée" dans un centre de sans-abris.
(Je ne dirai rien de ce centre, sinon que l'imaginant dans mon pays, j'ai été ulcérée, horrifiée…je vous laisse découvrir!)
On va découvrir ses cinq compagnes. Ada qui vécut une enfance heureuse en Afghanistan, qui devait faire des études de médecine à Kaboul…mais dut fuir. Jaja, enfant battue par une mère ignoble. Poule, survivante des attentats de Paris, qui ne guérit jamais de ses traumatismes. Marie-Thé, la petite haïtienne adoptée pour de mauvaises raisons. De Nini Peau-de-chien, nous ne saurons rien, sinon son désir de trop vivre.
Cinq portraits de femmes, cinq femmes "ramassées" par les services sociaux, cinq femmes que la vie a endurci, mais cinq femmes qui vont s'unir, s'entraider.