mardi 24 avril 2018

Caillasses de Laurent GAUDÉ

Quatrième de couverture

LE CHOEUR DES HABITANTS DE LA VILLE (…)
Caillasse, 
Tu vas te battre, 
Tu sais le faire, 
Mais pas comme une bête, 
Pas comme un voleur de ruines. 
Les pierres, tout autour de toi, te parlent de nous, 
De nos combats. 
Tu vas te battre. 
Et si tu te souviens de nous, 
Si tu te souviens de tout. 
Il y aura de la joie, 
Le jour béni où, 
En notre nom, 
Caillasse, 
Tu vaincras.

Mon avis

La dédicace s'adresse au peuple palestinien, et pourtant j'ai trouvé que cette pièce de théâtre parlait de bien des peuples.
Peuples chassés par des dictateurs, peuples chassés par des guerres, peuples chassés par les famines…
Villes encerclées par des barbelés, villes bombardées, villes pillées.
Espoir de départ, espoir de retour!
Au coeur des villes qui ne sont plus que des ruines, comment garder la mémoire des jours heureux?
Les femmes bien sûr, souvent gardiennes du passé, et de l'avenir aussi, toujours exceptionnelles chez Gaudé … Adila détient les clés, Meriem saura refaire vivre ce passé…
C'est beau, c'est pur, c'est Gaudé, tout simplement!

Mon petit plus

J'ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver Gaudé.
Ce n'est que ma deuxième pièce de théâtre de cet auteur.
Je trouve dans son expression théâtrale une force, une vigueur qui donne aux "parias" de la terre une dimension universelle.

lundi 23 avril 2018

Le vase rose de Éric OLIVA


Présentation de l'éditeur

Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?
Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever.
Frédéric Caussois a choisi.
Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.


Mon avis

Vous est-il arrivé parfois de vous réveiller et de vous dire… "Ce n'est pas possible, je vais me réveiller, ce n'est qu'un mauvais rêve, juste un cauchemar…" Et pourtant la douleur est là, inhumaine, sauvage. Et il faudra vivre avec …continuer.
Alors il faut chercher une alternative à la douleur, un exutoire, un coupable. C'est ce que va faire Frédéric Caussois, pour survivre il va enquêter, il va essayer de trouver qui a tué Tao, Il va chercher pourquoi son petit garçon est mort.
Les personnages sont plutôt bien décrits. Le Maréchal des logis, proche de la retraite qui espérait bien finir son temps tranquillement, le jeune gendarme désireux de bien faire son travail, la vieille dame aux chats et le vieil irascible qui n'aime pas les chats! Cindy Morin qui se laisse maltraiter par son compagnon, le pharmacien pas très clair dans sa gestion…et Linda…étrange Linda, préparatrice en pharmacie. J'ai regretté de ne pas en savoir davantage sur elle. Elle ressemble presque à une "bonne" fée, une ombre, juste là pour aider, guider, apaiser et soutenir. 
"Le vase rose du salon" est une histoire du  "Petit Nicolas" de Sempé et Goscinny. C'est histoire que Frédéric lit à son fils pour l'endormir.
Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.


jeudi 19 avril 2018

Les violons du diable de Jules GRASSET


Présentation de l'éditeur 

"Les voûtes de Saint-Louis-en-l'Ile vibrent d'un son ensorcelant... Seule fausse note à cet enchantement, un concert de crimes avec, en ouverture, la dépouille du curé. De drôles de paroissiens fréquentent le quartier. Entre artistes et grand banditisme, le commissaire Mercier, lui, connaît la musique. Sur cette île chargée d'histoire, l'enquête décryptera-t-elle le code intime signé "Cremonensis faciebat…"?

Mon avis

Les rapports entre les membres de la police sont assez surprenants. On a cette impression assez désagréable que chacun tire la couverture à lui, espérant des résultats pour favoriser sa carrière. 
Le commissaire Mercier semble différent. Il sort du lot… Mélomane c'est avec beaucoup de tact qu'il percera les secrets de Julie et de Madame Malgoire. Réussira-t-il à sauver Gisèle des griffes de Dédé?
C'est une histoire assez agréable à lire, et si elle est plutôt bien écrite je n'ai pas été vraiment séduite. Un bon moment de lecture dont je ne garderai pas un souvenir impérissable!

Mon petit plus

Le prix du Quai des orfèvres a été fondé en 1946 par Jacques Catineau. 
Il récompense un manuscrit inédit de roman policier écrit par un auteur de langue française.

dimanche 15 avril 2018

La couverture du soldat de Lidia JORGE


Présentation de l'éditeur 

Lidia JORGE
Traduit du portugais par Geneviève Leibrich.

« J’étais la fille d’un hasard, d’une bêtise de jeunesse, de l’exubérance du corps… Alors j’étais responsable de ce que cette barque noire soit venue couler à notre porte. » Emma découvre qu’elle est la fille du jeune frère de son père, chassé par la famille et dont elle ne connaît que les dessins d’oiseaux qui jalonnent ses voyages à travers le monde. Elle va aimer passionnément ce père étrange qui lui a donné sa couverture de soldat et son revolver. Puis, adolescente, elle assiste à la lente destruction par la famille de l’image de l’absent. Lídia Jorge écrit ici un roman poignant, direct, limpide, d’une force incroyable, qui vous tient prisonnier bien au-delà de sa lecture. Un livre exceptionnel.

Mon avis

Ce n'est pas un roman très facile à lire. J'ai parfois eu du mal à me situer dans le temps…et parfois dans l'espace.
La narratrice Emma nous parle de cet homme, cet oncle-père, ce Walter si présent et tellement absent!
"Pour que Walter sache", "Pour que Walter se souvienne".
Ce Walter, baroudeur, indifférent à la fratrie, se conduisant par instinct, sans se soucier des autres. Un artiste, qui dessine des oiseaux… 
J'ai été séduite par l'écriture de Lidia Jorge,  par la poésie qui ressort de ce texte.

Pourquoi ce roman:

Dans le cadre de la lecture commune de mars-avril 2018, le Portugal a été mis à l'honneur.
Je ne connaissais guère que Saramago , j'ai donc choisi un peu au hasard sur 
le catalogue de ma Kobo dans la section "littérature portugaise" un auteur, 
de préférence contemporain.
Romancière portugaise, Lídia Jorge est née 1946 en Algarve. 
Elle a reçu pour ce roman le Prix Jean-Monnet de littérature européenne du département de Charente en 2000 .

samedi 14 avril 2018

Maktub de Paulo COELHO


Quatrième de couverture

"Le voyageur songe à sa propre vie. Comme toute existence, elle est faite des fragments de tout ce qui lui est arrivé : les situations qu’il a vécues, des extraits de livres qu’il n’a pas oubliés, les enseignements de son maître, des histoires que lui ont contées un jour ses amis, des réflexions sur son époque et sur les rêves de sa génération… Et il s’efforce de comprendre sa propre construction spirituelle."
Recueil de paraboles inspirées à l'auteur par les sources et les folklores les plus divers, Maktub représente un trésor coloré de sagesse. Ces textes courts sont nés d'une contribution de Paulo Coelho au quotidien brésilien Folha de São Paulo.
Traduit du Portugais (Brésil) par Françoise Marchand-Sauvagnargues.

Mon avis 

Je me suis profondément ennuyée en lisant ce livre. Cette suite de paraboles, d'anecdotes a parfois déclenché chez moi des crises de bâillements… 
Je ne vais pas jeter le bébé avec l'eau du bain, j'ai quelquefois (rarement) souri! 
C'est sans doute pour cette raison que j'ai poursuivi ma lecture! L'espoir de quelque chose de neuf, sinon d'amusant au moins original!  
Maktub (ou mektub) signifie "C'est écrit", c'est exactement ce que j'ai ressenti, une suite de textes très communs!
Ce n'est pas mon premier Coelho

Un tout petit plus

Je ne suis pas anarchiste, pas tout à fait mécréant(e) mais en lisant "Maktub, j'ai malgré moi pensé "Ni Dieu ni maître"!

Léo Ferré (extrait)

Le fardeau blême qu'on emballe
Comme un paquet vers les étoiles
Qui tombent froides sur la dalle
Et cette rose sans pétales
Cet avocat à la serviette
Cette aube qui met la voilette
Pour des larmes qui n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

Ces bois que l'on dit de justice
Et qui poussent dans les supplices
Et pour meubler le sacrifice
Avec le sapin de service
Cette procédure qui guette
Ceux que la société rejette
Sous prétexte qu'ils n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

jeudi 12 avril 2018

La liberté de ma mère de Jean-Michel APHATIE

Mai 68 au Pays Basque.

Quatrième de couverture

Mai 68 a cinquante ans et continue d'effrayer les nostalgiques des temps anciens. Catherine et Jean-Pierre ont vécu Mai 68 dans la campagne basque. Sans bruit et sans esbroufe, ils ont été des combattants décidés de leur liberté. Ils ont fait de Mai 68 une belle chose. Catherine était ma maman. Jean-Pierre était mon papa.

Mon avis

Parfois ça arrive; on a l'impression de se trouver face à l'auteur. Jean-Michel Aphatie nous raconte avec sa verve, son accent et son talent une histoire. Pas n'importe quelle histoire, sinon la sienne, au moins celle de ses parents, dans ce petit coin paumé du Pays Basque (au moins à l'époque!) "la Soule".
C'est court! C'est bien écrit! Une enfance heureuse! Une maman, Catherine, qui s'émancipe, sans slogan, sans manifestation, juste en agissant sûr son quotidien… L'histoire telle qu'on devrait nous la raconter, l'histoire du peuple qui avance! C'est un air de liberté!
Une bien jolie façon de rendre hommage à ses parents!

Ma petite anecdote 

J'évite en principe de lire les romans des "stars" du petit ou grand écran, de la radio ou de la presse écrite. ( j'ai surement tort, mais bon… C'est mon droit!)
Mais j'ai été séduite par la façon dont l'auteur a parlé de sa maman dans "Quotidien", en plus une auto édition! Surprenant pour ce journaliste politique! 

mercredi 11 avril 2018

Une amitié d'autrefois de Jacques Rivière & Alain-Fournier


Quatrième de couverture

Ce sont deux jeunes gens qui viennent de leur province. L'un est du Berry, c'est Henri Fournier qui signera en 1913, du pseudonyme d'Alain-Fournier, son premier roman Le Grand Meaulnes, un livre aujourd'hui devenu un mythe. L'autre est Jacques Rivière. Il vient de la Gironde et deviendra le directeur de la prestigieuse Nouvelle Revue française, fondée par André Gide, à laquelle il sacrifiera son œuvre personnelle. 
Ils ont dix-sept ans en 1903. 
Leur amitié est née d'une lecture du poète Henri de Régnier qui a porté au comble un commun amour de la littérature et de l'art. Ils délaisseront vite leurs études pour courir les librairies, les musées, les salles de concerts et les rues de Paris, «cœur du monde». 
Leur correspondance est un tableau vivant de leur histoire personnelle et de celle du monde qui les entoure de richesses foisonnantes dont leur époque déborde. 
Les lettres sont groupées par thèmes qui évoquent les grands moments de leur amitié : les livres, l'Angleterre, Gide, les vacances, la guerre… où Alain-Fournier trouva la mort le 22 septembre 1914 à l'âge de vingt-huit ans.

Mon avis

Ils sont très jeunes lorsqu'ils se rencontrent, ils ont l'âge de Rimbaud, la vie devant eux, des rêves plein la tête, le coeur rempli des amours futures et surtout beaucoup de talent!
Ils sont très différents, et c'est sans doute ce qui apporte un plus à leurs échanges. Ils discutent par écrit de leur point de vue, ils se complètent et surtout ils se respectent!
De Lakanal, le lycée parisien où ces deux provinciaux se rencontrent, à Simone le dernier amour de Henri, dix ans se passent… Dix ans d'une amitié solide, c'est l'amitié telle que je la conçois, telle que je l'aime… Elle doit, il faut  qu'elle existe encore aujourd'hui…
Les lettres sont classées par thème. C'est certainement bien pour faire une étude des sujets traités par nos jeunes gens, en revanche cela nuit à l'évolution dans le temps. (Les années à Lakanal, les voyages, leur service militaire, les artistes et écrivains, la religion…etc).
Alain-Fournier signe Henri, son prénom!
La dernière lettre date du 11 septembre 1914, c'est une carte que Alain-Fournier envoie à Isabelle, sa soeur, et épouse de Jacques Rivière. Il signe "Ton frère, Henri."

Ma petite anecdote

J'ai offert ce livre à mon fils, avec l'intégrale de "Alain-Fournier" que j'avais trouvé un peu trop légère. Il était depuis l'adolescence passionné par la Grand Meaulnes, (je n'ai jamais compris pourquoi!) Il m'a fait remarquer que Alain-Fournier était mort à 28 ans… et cette année là Yann fêtait ces 28ans (**!!?!!**).