lundi 22 août 2016

Comme un enfant perdu

Renaud SÉCHAN

Quatrième de couverture

Je parcourais les rues,
Ma guitare sur le dos,
Comme un enfant perdu,
Je traînais des sanglots.
Ma vie n’avait pas de sens,
Et l’amour fuyait mes pas.
Je n’ai jamais eu de chance,
Je n’en aurai jamais, je crois. 
Renaud, Lucile, 1969

 "Quand vous m’offriez des fleurs et que je vous grognais quelques mots inaudibles – d’aller vous faire voir, que plus jamais je ne chanterai, embrumé dans les vapeurs de l’alcool, je vous ai rendus malheureux, comme j’ai rendu malheureux tous les miens. Je le sais, je l’ai lu dans les milliers de lettres que vous m’avez adressées. Eh bien, dans les mois qui viennent, je vais m’efforcer de vous rendre le sourire. Et qui sait ? Peut-être même allons-nous pleurer ensemble du bonheur de nous retrouver vivants, et sous le même ciel. Toujours debout."
Renaud,
L’Isle-sur-la-Sorgue, 11 mai 2016

Ce livre est un événement.
Après le grand retour de Renaud et le succès triomphal de son nouvel album "Toujours debout", le chanteur publie son autobiographie. Dans son livre, Renaud raconte ses amours, ses tourments, sa révolte face aux injustices du monde. Un livre, dit-il, qui permet de comprendre. Sa vie. La vie. Et qui nous bouleverse à chaque page.


J'aime Renaud, je l'ai aimé dès que je l'ai entendu, dès que je l'ai vu. Il disait avec ses mots, des maux de toujours, mais pas seulement… la tendresse, l'enfance aussi, l'amour souvent.
Cette autobiographie, c'est lui tout simplement.
J'ai eu cette impression de l'entendre parler, fredonner parfois.
Il raconte son enfance, son père, son regret de n'avoir pas su lui dire son amour, sa famille, ses origines. Il nous parle de Dominique, beaucoup… Elle semble être un des piliers de sa vie…
Il raconte ses errances, ses descentes aux enfers, ses angoisses…
Merci à Laurence et à sa famille pour ce joli cadeau d'anniversaire.
J'ai le plaisir de posséder



un très bel ouvrage que je feuillette de temps en temps.



samedi 20 août 2016

Et le châtiment sera de vivre

Morgan CAINE

Quatrième de couverture

La suite très attendue de « La Complainte des Filles de Loth ».
Après avoir découvert qui était réellement le Glaive, il semble que les inspecteurs Red et Watson, tout comme Jordan Adams goûtent une pause bien méritée.
Il y aurait même du mariage dans l'air que cela n'étonnerait personne…
Jusqu'à ce que Jordan disparaisse. Aucune demande de rançon, aucun indice.
Alors, tous basculeront dans l'effroi en réalisant que l'horreur n'est pas forcément là où l'imagine.
Car jusqu'où est-on capable d'aller pour sauver ceux qu'on aime?


Quel plaisir pour moi que de retrouver l'écriture si juste, si vraie, si belle de Morgan Caine.
Alors que les sujets choisis sont durs, difficilement soutenables, jamais l'auteur ne fait dans le sensationnel, dans le voyeurisme. Elle avive notre imaginaire, elle nous remue jusqu'au tréfonds de notre être. Et le plus difficile c'est que, comme pour "La complainte des filles de Loth", elle est toujours parfaitement documentée. 
Jusqu'où sommes-nous capables d'aller pour "sauver" les gens qu'on aime,…Elle nous démontre que, même avec de beaux idéaux, on peut se fourvoyer… La théorie du glissement peut remettre en cause tout ce en quoi nous croyons, tout ce que nous essayons de transmettre. 
On retrouve aussi, non sans un certain plaisir quelques personnages de Jordan Leto dont Xander Kelly et son projet "Argos"(Les chevaux de Troie— Le châtiment de Niobé)
Jordan a été, (comme Rachel ou Rita) plutôt malmenée dans cette histoire, elle part se reposer en Ecosse… Morgan Caine promet de moins la faire souffrir dans un prochain roman… J'espère retrouver une Jordan optimiste, la jolie plume de l'auteur, et avoir moins mal au ventre, au coeur!

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture commune de "Juillet- Août 2016" du forum " Partage lecture". Le livre a été offert par "Rokh éditions". Un grand MERCI à tous les intervenants.



Lecture commune juillet-août 2016

lundi 15 août 2016

D'après une histoire vraie

Delphine de VIGAN



Quatrième de couverture 

" Tu sais parfois, je me demande s'il n y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. "

Le roman est ainsi découpé: "Séduction", "Dépression", "Trahison".
J'ai eu c'est vrai un peu de mal à entrer dans le roman…"Séduction" me laissait un goût étrange, un sentiment de révolte, je ne comprenais pas pourquoi Delphine se laissait envahir par "L"… Puis, le déclic. La narratrice arrive à un tournant clé de sa vie, elle vient d'achever un roman autobiographique, le succès est au rendez-vous, elle est épuisée. Mais une autre page se tourne, ses enfants vont quitter le nid, s'envoler vers leur propre destinée…
L'émotion est alors venue, j'ai pu suivre Delphine à travers les différentes étapes de sa relation avec "L"…L'auteur sait faire monter la tension, elle joue "vrai" avec la peur, la manipulation, la perte de personnalité et jusqu'à l'usurpation d'identité.
Vigan sait avec justesse nous parler de sa peur de l'écriture, son angoisse de la page blanche, son absence d'inspiration. Je suis moins en phase lorsqu'elle parle du vrai, du faux, quelque soit le choix, autobiographie, roman, l'auteur se livre, donne une part de lui. 
J'ai aimé le clin d'oeil de la fin* .

dimanche 7 août 2016

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables.

Annie BARROWS

Quatrième de couverture

Ce n'était pas le projet estival dont Layla avait rêvé.
Rédiger l'histoire d'une petite ville de Virginie-Occidentale 
et de sa manufacture de chaussettes, 
Les Inusables Américaines.
Et pourtant...
Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville.
L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a... La fille Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l'enfance... La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu'elle aimait… Et le père, le troublant Felix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville.
De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Claire Allain et Dominique Haas.

Ce livre commence par une série de lettres, écrites ou reçues par Layla, une de nos narratrices. Jeune femme venant de milieu nanti, peu au courant de le vie réelle, des préjugés à la pelle. C'est une punition que de se retrouver dans ce coin d'Amérique, mais elle est pleine de bonne volonté…
Willa, (je dois dire que c'est ma préférée), encore une enfant, et pourtant déjà si femme, qui décide de devenir une espionne, de découvrir ce qu'on lui cache, et de protéger Félix, son père. Comme j'ai aimé la voir se cacher, écouter et découvrir les secrets…Comme parfois j'aurai aimé la protéger de ses découvertes.
Jottie, (ou parfois Josie!?!), l'âme du foyer, la gardienne au trop grand coeur…au passé si douloureux, au frère si étrange. Une femme sacrifiée à la sacro sainte famille…
Trois femmes, trois générations, trois visions différentes d'une famille, d'une ville.

Nous sommes à la fin des années trente, le pays est en pleine récession, la misère est là, avec son lot de chômeurs. Nous allons à la rencontre du passé de Macédonia, nous découvrons les hommes qui ont crée la ville et leurs descendants…Des personnages atypiques et bien décrits.
Un agréable moment de lecture.

mardi 2 août 2016

Demain est un autre jour

Lori Nelson SPIELMAN

Quatrième de couverture

Qu'avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ? 
Brett Bohlinger, elle, a un an pour le découvrir. Pensant hériter de l'empire cosmétique familial à la mort de sa mère, elle apprend que cette dernière, qui avait pour elle de tout autres projets, ne lui a légué qu'un vieux bout de papier : la liste de tout ce que Brett voulait vivre quand elle avait 14 ans.
Si elle veut toucher sa part, la jeune femme doit réaliser chaque objectif de cette "life List".
Enseigner ? Aucune envie. Un bébé ? Andrew, son petit ami, n'en veut pas. Tomber amoureuse ? C'est déjà fait, grâce à Andrew. À moins que…
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski.

C'est un livre léger, agréable à lire, parfait en cette saison de vacances.
L'héroïne est attachante, sympathique. 
Quelle idée a donc derrière la tête cette maman, qui avant de mourir, décide que sa fille n'héritera que lorsqu'elle aura réalisé ses rêves d'enfants?
J'ai aimé l'idée en tout cas, je trouve le titre joli et plein d'espoir…

samedi 30 juillet 2016

À chacun sa croix

Philippe GITTON

Quatrième de couverture



À travers différentes nouvelles, Philippe Gitton conte avec tendresse et humour les histoires de Parisiens résidant dans un quartier populaire du 18ème arrondissement, à proximité du marché de La Chapelle. Il relate l’évolution des personnages dans leur quotidien familial ou professionnel, à travers leurs joies et leurs peines, leurs petits soucis ou leurs drames.

Il s'agit d'un tout petit recueil d'une vingtaine de nouvelles. 
Je ne suis pas parisienne, je ne connais pas le 18ème arrondissement, ni le marché de la Chapelle, et pourtant, en suivant l'auteur, en déambulant dans les rues de ce quartier, en voyant au loin le métro aérien, les quais de Seine, j'ai eu l'impression de lieux familiers.
J'ai ri en lisant la première nouvelle, la dernière aussi…Les croix sont plus ou moins lourdes. Parfois de la tendresse, parfois juste une promenade en attendant l'heure d'une séance de cinéma…Un jeune homme doit garder ses neveux pas aussi sages qu'il l'espérait, un facteur crée de solides liens avec les habitants d'un immeuble, des conversations de bistros…L'auteur, avec beaucoup de tendresse nous raconte les peurs, les espoirs et les drames de gens ordinaires que la vie rend parfois extraordinaire.
J'ai vraiment passé un agréable moment en lisant ce livre, ressenti les drames et les joies…j'ai eu cette impression de connaitre les habitants de l'immeuble, d'entendre les échanges (populistes) des consommateurs d'un café…et jubilé devant la vengeance d'un employé exploité…J'ai eu la chair de poule devant certains actes innommables, et pourtant racontés avec pudeur.
Pas de leçons de morale pas de prises de positions, mais le choix des thèmes laissent entrevoir beaucoup d'humanisme.

Je remercie Anaelle, des éditions Publishroom pour ce partenariat.


À chacun sa croix de Philippe GITTON

ICI


vendredi 22 juillet 2016

Haig — Les guerriers perdus

Thierry PONCET

Quatrième de couverture

Haig, cette fois, se retrouve embringué dans une sale histoire de serment, une histoire de vengeance qui va déraper aux quatre coins de la planète... La vengeance est un plat qui se mange froid, mais encore faut-il apprécier ce qu'il y a au menu 
"La belle Vanda nous l'avait mis profond. Elle avait fait exploser la mine d'or, mis le feu à notre campement et s'était enfuie avec l'argent. Le grand Carlo nous a fait promettre de la retrouver et de nous venger. Tous les sept, on a juré. Et je vais vous dire un truc : on n'aurait pas dû. Parce que des États-Unis à l'Afrique, des Balkans au Mexique, il nous a coûté salement cher, le serment !"

Retrouver la plume de Thierry Poncet, son univers, ses descriptions, et de nouveau partager une aventure avec Haig. Partir avec cet aventurier, parcourir la planète à la recherche des sept survivants pour enfin se venger de Vanda! Je n'ai pas boudé mon plaisir.
C'est une aventure de jeunesse, c'est presque un gamin lorsque lui et ses compagnons d'infortune se font piéger par la trop belle, trop sensuelle et trop envoutante Vanda.
"Cliché!"- me direz-vous, mais dans toutes les histoires d'aventure, on la retrouve, cette femme sublime, qui ne transpire jamais, et de son seul regard impose respect et admiration…amour aussi pour mieux trahir!
Nous allons avec notre héros traverser bien des contrées pour former de nouveau cette équipe et enfin pouvoir se venger de notre trop belle aventurière.
Je dois bien avouer que je suis subjuguée par les descriptions de l'auteur. Chaque personnage est décrit avec minutie et peut sans problème être dessiné. Chaque paysage, envoutant et réaliste. Mais pour moi, encore un plus avec l'Albanie, l'Albanie du vingtième siècle, sa misère, son repli imposé par la dictature. Encore une fois, c'est l'écriture qui fait ressortir la vraie misère, le désespoir…
C'est cru parfois, mais tellement vibrant aussi.
Un roman d'aventure, mais aussi et surtout un regard acéré et réaliste sûr le monde traversé.

Et puis, il y a l'Irlande, et cette vieille tante qui laisse un héritage…Bizarre! J'ai vraiment envie d'en savoir plus sûr elle, elle a peut-être laissé une malle cachée,  dans une pièce dissimulée…

Merci aux éditions Taurnada et à Joël Maïssa pour ce partenariat.